La télé américaine profite parfois de l’été pour proposer et tester de nouvelles séries. Certaines peuvent être renouvelées, d’autres ne le seront pas parce qu’elles ne vont jamais trouver leur public ou, plus trivialement, elles ne sont prévues dès le départ que comme un divertissement estival à durée de vie limitée. Je ne compte pas parler aujourd’hui de Psych, une excellente production qui voit sa seconde saison commencer dans quelques semaines (ouaaaais), mais de la dernière création en date de The CW, à savoir Hidden Palms (Les Secrets de Palm Springs en France), lancée par Kevin Williamson (Dawson’s Creek). Manifestement, la chaîne n’a pas du tout apprécié son démarrage puisqu’elle l’a annulée après son deuxième épisode et passé tout le reste en accéléré. La série se contente de huit épisodes diffusés entre mai et juillet 2007. Aucun spoiler.

Johnny Miller était jadis un brillant lycéen promis à un tout aussi beau futur. Pas de chance, le suicide de son père le plonge dans l’alcool et la drogue. Après un séjour en cure de désintoxication, il déménage avec sa mère et son tout nouveau beau-père dans une villa à Palm Springs. Alors qu’il s’attend à se retrouver confronté à des retraités, il découvre que sous ce soleil éclatant se cachent de bien sordides secrets…

Sur le papier, Hidden Palms donne l’impression d’être un mélange entre The O.C. et Desperate Housewives. Elle essaye tant bien que mal d’associer des intrigues dédiées aux adolescents et aux adultes tout en y ajoutant un soupçon énigmatique, voire criminel. Malheureusement, le résultat n’est jamais à la hauteur et si les laborieux débuts peuvent encore laisser le bénéfice du doute, la suite ne fait que confirmer la médiocrité ambiante. Tout n’y est en fait que poncifs, stéréotypes et idioties. Et comme la série a été annulée à l’issue de sa première saison, elle ne profite d’aucun épilogue à proprement parler et se termine sur un cliffhanger. Ceux ne supportant pas de rester sur leur fin passeront donc allègrement leur tour même si le fil rouge principal est résolu, à savoir la vérité se cachant derrière la mort d’Eddie (J. D. Pardo), l’ancien occupant de la nouvelle chambre de Johnny. Côté mise en scène, elle s’avère à l’image du reste, autrement dit : artificielle.

À l’instar de maintes fictions destinées aux adolescents, celle-ci multiplie les tubes de l’époque avec plus ou moins de subtilité et insère diverses romances, n’oubliant pas au passage de nous infliger des triangles amoureux. En arrivant à Palm Springs, Johnny s’amourache immédiatement de la belle des environs, Greta (Amber Heard), si insondable et imprévisible. Ces deux protagonistes n’ont aucune alchimie ensemble comme séparément. Il est difficile d’adhérer à leur relation tant elle ne repose sur presque rien et les montre se lancer des répliques creuses, avec des interprètes peu inspirés. Taylor Handley (The O.C.) semble d’ailleurs passer son temps à transpirer pendant tout le tournage et n’apporte pas au héros une quelconque once d’intérêt. Johnny souffre apparemment du suicide de son père, se bat tout aussi supposément contre ses démons, râle contre sa mère (Gail O’Grady – American Dreams) et prend des photos. Tout un programme. Le scénario ne tente guère d’approfondir ses personnages bien que, pour sa défense, il n’ait pas non plus toute l’éternité pour s’y atteler.

Johnny est ainsi intrigué par la mort d’Eddie et vite persuadé qu’il ne s’agit pas d’un banal décès. Il mène sa petite enquête, soupçonne tout le monde et le téléspectateur, lui, comprend assez rapidement de quoi il en retourne. Les rebondissements essayent de se la jouer thriller et d’instaurer une ambiance anxiogène. En vain. Cliff (Michael Cassidy – The O.C.) et Nikki (Tessa Thompson – Veronica Mars) se montrent davantage intéressants avec les fêlures qu’ils cherchent à dissimuler derrière de l’esbroufe ou une bonne humeur permanente. Cela étant, à eux seuls ils ne peuvent pas sortir la série du marasme dans lequel elle s’enfonce. Le constat se veut encore plus critique en ce qui concerne les parents des jeunes, avec des histoires se limitant à des divorces, des tromperies et les clichés habituels. La teneur dramatique n’est jamais exploitée et tout y reste superficiel et sans profondeur.

Au final, Hidden Palms a rapidement été annulée et cela se comprend. Au-delà de son insipide héros, elle se prend bien trop au sérieux et aurait dû injecter plus de rythme et d’humour à ses épisodes. Au lieu de ça, elle préfère se borner à une succession de mystères indigents et d’éléments caricaturaux, quitte à en devenir ridicule et improbable.