Voici le premier jour de la semaine de Noël. En ce 24 décembre, place à Gossip Girl selon les souhaits de Miyuse.

Si vous vous souvenez, le pilote de Gossip Girl ne m’avait pas vraiment enchantée ; c’est le moins que l’on puisse dire, d’ailleurs. Depuis, la série suit son bonhomme de chemin et a déjà vu ses onze premiers épisodes diffusés sur The CW entre septembre et décembre 2007. Onze que j’ai regardés. Puisque j’avais écrit que j’arrêterais tout si, au bout de cinq semaines, le niveau ne grimpait pas, cela veut-il signifier que la barre a été relevée ? À mon sens, oui. Est-ce que cela témoigne d’une qualité exceptionnelle ? Pas forcément ! Aucun spoiler.

Si l’on connaît au préalable l’univers huppé de cette histoire, il demeure impératif de ne pas s’attendre à une réelle adaptation des romans à succès de Cecily Von Ziegesar, au risque de finir échaudé. Effectivement, bien que l’inspiration de certains personnages ou situations se veuille incontestable, le résultat final s’avère à des années-lumière de la version papier. Dans le billet dédié au pilote, j’avais déjà pu relever plusieurs différences et, pour être honnête, il serait tout à fait possible de continuer d’abonder dans ce sens et d’en produire un autre explicitant les prises de liberté. Évidemment, je n’ai pas du tout l’ambition de le faire puisque ce serait profondément ridicule. Dès le deuxième épisode, j’ai personnellement pu oublier les romans parce que, justement, ces deux mondes s’opposent tellement qu’ils finissent par se détacher rapidement. Arrivée en milieu de saison, la série n’a plus rien à voir avec l’œuvre littéraire, à l’exception de son titre et de quelques caractéristiques de ses protagonistes. En d’autres termes, quand bien même on a lu tous les livres sortis à l’heure actuelle en France, visionner cette production télé se fait sans trop de difficultés, à condition de partir du principe qu’il ne s’agit pas d’une adaptation, mais plus d’une réécriture. Par ailleurs, dans les quelques ajouts qui ont réalisés, je ne peux m’empêcher de beaucoup apprécier la relation – ou, plutôt, l’apparente absence de relation – entre le père de Dan et la mère de Serena.

Ayant dépassé le stade « diable, qu’ont-ils fait de ces chouettes romans ? », la série se suit sans déplaisir. Ne cachons pas qu’elle n’est en rien révolutionnaire et Gossip Girl n’a pas la portée d’un The O.C.. De toute manière, est-ce le souhait des créateurs ? Je ne pense pas. Gossip Girl est plutôt une fiction pour adolescents ayant pour unique prétention d’amuser, et l’objectif est réussi pour ma part. Néanmoins, de discrètes thématiques sont esquissées avec finesse comme la boulimie de Blair. Celles-ci auraient pu accumuler rapidement les clichés si ce n’est que l’écriture parvient à les éviter avec une certaine habileté et elles ne plombent donc pas littéralement la série. Malheureusement, pour l’instant le traitement accordé à certains personnages est assez superficiel et ne sort pas forcément des sentiers battus. Les histoires ne sont en rien révolutionnaires, mais je n’irai pas jusqu’à dire que c’est prévisible en raison de rebondissements parfois ridicules, même s’ils se révèlent généralement comiques et à même de bouleverser le cœur des plus émotifs.

Pour conclure, cette première saison n’est aucunement originale et multiplie les poncifs du genre, ce qui ne l’empêche nullement de correctement remplir son contrat de pur divertissement calibré. L’ambiance est très décontractée, il y a pas mal d’humour grâce à des dialogues assez piquants, de nombreux personnages sont vraiment attachants et les adultes disposent d’une place plus ou moins équivalente à celle des plus jeunes. Contre toute attente, derrière son masque de futilité, Gossip Girl cache parfois une intelligence assez étonnante via des sujets abordés avec justesse. Dans tous les cas, pour peu que l’on soit féru de mode, cette production possède de solides arguments plus que convaincants tant ses vêtements de grands couturiers défilent dans les épisodes. Espérons que la suite saura tout de même se montrer davantage consistante, car pour l’instant, elle ne mérite pas forcément un quelconque investissement…

Je vous souhaite à toutes et à tous de passer un excellent réveillon de Noël ^___^.