Après le teen show Gossip Girl, parlons donc d’un autre teen show mais nettement plus réussi : Popular. Je vais d’abord raconter un petit peu ma vie parce qu’après tout c’est mon blog :D En 1999 j’achetais un magazine nommé Séries Mag (je me sens vieille d’un coup ;__;). Je l’aimais bien parce qu’il y avait des spoilers (chose qui me fait fuir maintenant mais là n’est pas la question) et surtout, des articles consacrés à des séries. Chaque numéro comportait un article d’une page dédié à une série qui venait juste de naître aux Etats-Unis. Lorsque j’ai lu celui consacré à Popular, je me suis dit qu’il fallait que je la vois un de ces jours. Sauf qu’aucune chaîne française hertzienne ne voulait la diffuser et il fallait encore moins compter sur la sortie en DVD. Alors que j’avais complètement oublié l’existence même de cette série, France 4 l’a sortie de ses placards il y a plusieurs mois. J’ai sauté sur l’occasion.

Popular est une série qui fut diffusée entre 1999 et 2001 sur feue The WB. Seules deux saisons ont été produites (22 + 21 épisodes) et elle est fut annulée pour cause de mauvaise audience. Du coup, le series finale n’en est absolument pas un et se termine sur un cliffhanger assez édifiant. Aucun spoiler.

Popular raconte l’histoire de Brooke, la blonde et de Sam, la brune. Personnages totalement opposées, elle se détestent et ont une vision des choses bien différente chacune de l’autre. Tandis que Sam veut être journaliste, Brooke, elle, est la capitaine de l’équipe des glamazones. Brooke est très populaire alors que Sam ne veut pas être populaire. Brooke et Sam vont pourtant devoir apprendre à se connaître et à s’apprécier car le père de Brooke va se marier avec la mère de Sam.
Ils devront être une famille.
Source : Popular Hommage (très chouette site d’ailleurs)

Le synopsis peut paraître quelque peu léger et cliché. D’un côté on a la blonde populaire, cheerleader et qui a pour petit ami le quaterback de l’équipe de foot. De l’autre on a la brune, impopulaire et sans aucun prétendant. Et comme par hasard elles vont devoir vivre ensemble et évidemment il y aura des coups d’éclat. Néanmoins, il faut voir au delà des apparences car Popular n’est en rien une série sur une gué-guerre entre les populaires et les impopulaires. Loin de là. Je dirais même plus : très loin de là. Ce n’est pas un teen show parmi les autres, il sort son épingle du jeu avec brio malgré le sort qui lui a été réservé aux Etats-Unis.

Popular n’est en aucun cas une série sérieuse qui se prend la tête sur n’importe quoi. Cela dit, elle aborde dans chaque épisode un thème très important et qui touche forcément les adolescents voire même les adultes (homosexualité, problèmes nutritionnels -anorexie, boulimie, obésité-, problèmes concernant l’image que l’on renvoie de soi-même aux autres, contraception, sexualité, maladie telle la leucémie…). Des sujets qui prônent en fait toujours la tolérance et le respect de soi et des autres. Effectivement, le thème n’est jamais amené avec subtilité, on voit le tout arriver avec ses gros sabots. Néanmoins, ce n’est pas lourd et rempli de morale comme peut l’être 7 à la maison par exemple ^^;; Popular est un excellent condensé de ce que l’adolescent peut ressentir au cours de cette période souvent vécue difficilement. Par ailleurs, la série intéresse aussi les non-adolescents donc il ne faut pas hésiter à franchir le pas si jamais on se sent trop vieux pour elle.
Les sujets liés à l’homosexualité et la transexualité sont assez fréquents. Le fait qu’un des créateurs soit Ryan Murphy (à l’origine de Nip/Tuck) n’y est pas du tout pour rien. Un des personnages d’ailleurs a une sexualité assez ambiguë. C’est une femme mais elle est appelée régulièrement « Monsieur ».
Le traitement accordé à ces thèmes se fait avec douceur et une énorme dose d’humour. La série est toujours délirante voire même totalement hallucinante par moment mais ce n’est presque jamais ridicule. Si la forme est surréaliste, le fond ne l’est aucunement. C’est ce mélange qui rend Popular si irrésistible et très novatrice.

Les personnages sont un atout considérable. On se reconnait forcément dans l’un d’eux. Les acteurs ne sont pas franchement magnifiques et sonnent du coup « plus vrai ». Sugar Daddy par exemple est obèse, Carmen est aussi très ronde, April ne ressemble à rien (soyons franc xD). J’ai une préférence particulière pour Nicole et Mary Cherry. La première, meilleure amie de Brooke, est une vraie peste. Le genre de fille que l’on préfère avoir dans ses amies plutôt que dans ses ennemies. Le genre de filles qui n’hésite pas à vous poignarder dans le dos à chaque occasion. Elle a toujours la réplique cinglante qui laisse pantois. Mais une telle agressivité cache toujours quelque chose. Nicole ne va en rien s’adoucir au cours des deux saisons mais on commence à la comprendre peu à peu.
Quant à Mary Cherry, il s’agit là du personnage le plus décalé de la série. Véritable bout-en-train, limite débile, elle a toujours l’idée la plus originale pour sortir d’un mauvais pas ou pour tomber dans les ennuis. S’il y a bien un personnage moteur dans Popular, c’est elle.

Si je veux être quelque peu objective je ne peux pas passer sous silence les *kof kof* quelques défauts de la série. Effectivement, le fait qu’un personnage sorte avec presque toutes les filles de son entourage est un petit peu abusé. Surtout l’histoire purement charnelle qu’il aura avec une. Toujours en rapport avec certains personnages, celui de Carmen est devenu quelque peu inutile au fil des épisodes. Je l’appréciais au début mais vers la fin de la saison deux elle m’énervait au plus haut point. Heureusement, les scénaristes lui donnaient le minimum de scènes. Il faut aussi dire que l’actrice, Sara Rue, n’est pas extraordinaire.
Si le côté surenchère est la marque de fabrique de la série, certaines scènes sont parfois too much. A trop vouloir en faire, ça peut devenir légèrement ridicule. Il s’agit d’ailleurs là d’un problème de Ryan Murphy vu le caca nerveux de Nip/Tuck dès la saison trois.

Le casting rassemble des acteurs qui depuis ont été vu ailleurs. Commençons par certainement le plus connu, Christopher Gorham qui n’est autre qu’Henry d’Ugly Betty ou encore Jake de Jake 2.0. Mais on retrouve aussi Carly Pope (Dirt), Leslie Grossman (What I Like About You)… On y voit le temps d’un épisode Wentworth Miller dans un rôle complètement barré et à des années lumières de Michael Scofield de Prison Break. Clea Duvall (Carnivàle, Heroes) fait elle aussi une apparition durant deux épisodes. La liste ne s’arrête pas là…

Popular fut certainement une de mes révélations de l’année. Voilà un teen show qui sort de l’ordinaire sans en faire des tonnes côté drama et histoires d’amour sirupeuses. Les clichés sont utilisés à outrance et la série ne s’en cache pas. Elle joue avec, sans même les détourner, mais c’est tellement gros et caricatural que ça en est drôle. L’ambiance est pratiquement tout le temps déjantée, les dialogues sont incisifs et les personnages diablement attachants. De plus, la série est capable de passer de la pure comédie à des moments plus dramatiques et réciproquement sans pour autant faire couler des larmes dans les chaumières. Tout ceci est mis en scène avec des thèmes fédérateurs. Le résultat n’en est que plus explosif. Une série extrêmement efficace, tellement fraîche que ça fait du bien de regarder un épisode. Un vrai cocktail de bonne humeur et de vitamines. Popular est si réussie que les épisodes peuvent être visionnés à outrance sans être écœuré ou ennuyé. Typiquement le genre de série sur laquelle on a d’énormes préjugés mais qui au bout du compte nous prouve qu’on s’est totalement trompé. Une œuvre intelligente qui a tout compris et qui a su utiliser à bon escient des éléments qui dans beaucoup de séries tournent au ridicule. J’espère maintenant qu’on aura le droit à une sortie en DVD un de ces jours…