Jour 6, semaine spéciale Noël. Aujourd’hui, l’article sera dédié à Buffy, saison 7 selon les souhaits de Shermane.
Buffy The Vampire Slayer… ah là là. C’est une très grande histoire entre cette série et moi ^.^ En fait il s’agit de ma série préférée, celle qui restera à tout jamais dans mon cœur. Bien sûr j’aime d’autres séries mais celle-ci a une place toute particulière. Je ne me lasse pas de la regarder encore et encore. Néanmoins, je n’ai vu la saison sept que deux fois (lors de la diffusion sur M6 puis lors de mon visionnage de l’intégrale Buffy / Angel que je me suis faite l’année dernière). Lorsque Shermane m’a proposé de parler de cette ultime saison j’ai failli la regarder entièrement mais je n’ai malheureusement pas du tout eu le temps ;__; Bref. Des spoilers partout !

In every generation, there is a Chosen One. She alone will stand against the vampires, the demons, and the forces of darkness. She is the Slayer.
La saison six laissa tout le Scooby Gang totalement dévasté. Buffy était dépressive suite à sa résurrection, Alex venait de plaquer Anya devant l’autel, Willow tua Warren l’assassin de son grand amour Tara et se transforma en Dark Willow… Quant aux autres personnages, Spike décida de partir à la recherche de son âme après avoir tenté de violer Buffy et Giles se sentait comme un bon à rien, inutile à sa protégée. Ce n’est évidemment qu’un rapide aperçu. Du coup, en début de saison sept, les personnages tentent de se reconstruire. Certains avec plus de succès que d’autres. Buffy s’en sort relativement bien avec Dawn et trouve même un travail, conseillère dans le nouveau lycée de Sunnydale (ben voyons :D). Willow, aidée de Giles, tente de canaliser sa force ultra puissante et travaille énormément sur elle. Par contre, Anya retourne du côté du mal puisqu’elle reprend ses activités de démon vengeur. Spike ayant retrouvé son âme devient totalement frapadingue et entend des voix. Globalement ce n’est donc pas la joie. La première partie de la saison sept est entièrement dédiée aux personnages et à leur lente et parfois difficile reconstruction. Si cela était nécessaire à la série, ce fut assez surprenant pour une dernière saison. Effectivement, le but paraissait être de terminer entièrement BTVS, de clôturer tout ce qu’il y avait à clôturer. Réaliser des épisodes indépendants, sans lien logique apparent, et surtout sans l’ombre d’une menace extraordinaire, ne semblait pas être de très bon augure pour l’ultime saison. Personnellement, j’ai réellement apprécié la saison sept lors de mon second visionnage. Effectivement, si la première partie donne une impression de flottement, ce n’est absolument pas le cas. Elle était nécessaire aux personnages, il fallait les remettre sur leurs rails de manière à ce qu’ils combattent efficacement le grand méchant de la saison. Par ailleurs, il y a énormément d’éléments annonciateurs de l’intrigue à venir et de quelques éléments intéressants à relever dans ces épisodes. On peut citer les meurtres des filles (que l’on saura potentielles par la suite) par les affreux sans yeux (les Bringers) par exemple. Les paroles de Cassie dans Help (7.04) sont très révélatrices. Elle prédit l’avenir et dit à Buffy qu’elle réussira (comprendre, son ultime mission). En tant que fan du couple Buffy / Spike ♥, je ne peux pas m’empêcher de noter qu’elle glissera à Spike un « Elle te le dira, elle te le dira un jour ». Si sur le moment on ne sait pas du de quoi elle parle, le series finale (Chosen) nous le fera comprendre. Et puis cette phrase « Venu d’en dessous, ça dévore tout » est assenée tout au long de cette première partie et résume parfaitement le mal qui ronge peu à peu le monde et qui sera source de tant de douleurs à Buffy et son gang. Il s’agit donc là d’une phase de transition nécessaire à l’intrigue et aux personnages.

Justement, venons en aux protagonistes de BTVS. Le moins que l’on puisse dire c’est que les personnages auront tous évolué au cours de ces sept années, à tel point que certains ne ressemblent plus vraiment à ce qu’ils étaient lors de la saison une. Prenons le cas de Willow par exemple. Où est passée la jeune adolescente mal habillée et n’ayant aucune confiance en elle ? Certes, elle a toujours ce côté ‘Willow’ mais elle a profondément changé. Qui aurait pu dire qu’elle deviendrait le personnage le plus puissant de la série, bien plus fort que Buffy elle-même ? Néanmoins, elle est toujours quelque peu fragile du côté psychologique et la saison six l’a plus que prouvé. La saison sept lui permet ainsi de se sauver et d’avancer. La magnifique Willow que l’on voit, tout de blanc, dans Chosen (7.22) est resplendissante de plénitude. Elle a enfin fait par la paix avec elle.
Ce n’est pas le seul personnage à chercher la rédemption. Spike en fait partie. Maintenant qu’il a récupéré son âme, il n’a pas vraiment changé si ce n’est qu’il est fou. Ceci dit, contrairement à ce que l’on croit au début, ce n’est pas son âme qui le fait divaguer mais le grand méchant de la saison. Ayant compris cela, il réussit à s’en affranchir et à avancer. Lies My Parents Told Me (7.17) nous permet de comprendre un autre pan de sa vie et qu’en réalité, sa mère le détestait alors que lui la vénérait. Spike prouve dans Chosen (7.22) qu’il a profondément évolué et ce, positivement. Effectivement, il se sacrifie pour le bien-être de la Terre. Il agit en ‘Champion’ digne de ce nom.
Il serait aussi possible de parler d’Anya et de Selfless (7.05), merveilleux épisode consacré à ce cher démon vengeur qui montre que non, Anya n’est pas qu’une rigolote qui ne comprend rien aux humains. Elle aussi est complexe et a un passé extrêmement lourd, bien qu’elle ne le montre pas. Si dans les saisons précédentes son traitement n’était pas suffisamment important, ce n’est pas le cas dans celle-ci.
Le personnage qui m’aura personnellement le plus déçue est Giles. Devenu extrêmement amer, il ne fait confiance à Buffy que lorsque ça l’arrange et n’hésite pas à la trahir (dans le 7.17 toujours). Figure paternelle pour la tueuse, il descendra très rapidement de son piédestal et à juste titre. Il paraissait nécessaire pour Buffy de couper le cordon mais j’ai trouvé la scission trop brutale. Il ne prendra même pas du tout sa défense lorsqu’on la fiche à la porte dans le 7.19, Empty Places.

Place au grand méchant de la saison, à savoir la Force. Qu’est-ce donc ? La source suprême du mal, rien que ça. Plus ancienne que tout, c’est elle qui est à l’origine des monstres en tous genres. Difficile de faire pire pour la dernière saison. Bien qu’elle ne puisse pas se matérialiser, elle peut utiliser l’apparence de n’importe qui et s’amusera tout au long des épisodes histoire de bien manipuler. Car c’est ce qu’elle fait parfaitement, diminuer le moral des troupes, critiquer, rendre paranoïaque toute personne normalement constituée, etc. Elle est aidée par les Bringers, ces moines sans yeux qui poignardent tout ce qui bouge, ainsi que par les méta-vampires et finalement par Caleb (Nathan Fillion, plus tard le super Captain TighPants dans Firefly ♥). Tout ceci en font une très lourde menace et Buffy croit au départ même ne pas être à la hauteur. Toutefois, elle décide pour la première fois de ne pas attendre et d’attaquer la première. Ses discours sont toujours aussi puissants et vibrants.
Ce qui est intéressant c’est que l’on nous avait déjà parlé de ce mal suprême, à savoir dans Amends, le 3.10. Episode où Angel commençait à devenir fou à force de voir les humains qu’il avait tués dans le passé. Comme quoi BTVS suit une logique implacable et repose sur une mythologie extrêmement fouillée et maîtrisée.

La deuxième partie de la saison sept est du coup dédiée à l’éradication de ce mal. Pour cela, Buffy et ses amis ne seront pas seuls puisqu’ils auront une armée. Rien que ça. Sauf que ce sera une armée d’ados qui préfèreront passer leur temps à rechigner et pleurer plutôt qu’à apprendre à se battre. Pas étonnant si Buffy pète un câble et se transforme en Tueuse sans cœur. L’élue était tellement froide et vindicative par moment que l’on se demandait forcément si la Force ne se cachait pas derrière ses actes ou paroles. Mais non, c’était bien Buffy. Elle devient tellement totalitaire que tout le monde la met à la porte de chez elle, préférant suivre Faith qui est bien plus cool. Bien évidemment, seul Spike la suit envers et contre tout. Bon, forcément Buffy a vraiment déraillé mais son attitude était plus que compréhensible. Comment transformer une bande de petites écervelées, potentielles tueuses certes, en machines à tuer des monstres ? Il faut bien derrière un sacré entraînement mais Buffy n’a pas le temps de les former. Comme elle le dit à Alex dans Selfless (7.05), elle est toujours seule, c’est à elle que revient la responsabilité de sauver le monde. Et à elle seule. Bien sûr qu’elle peut compter sur ses précieux amis mais elle, elle est nécessaire, vitale. Buffy a toujours été très antithétique, elle manque énormément de confiance en elle mais se sent meilleure que les autres. Conversations With Dead People, le 7.07, est extraordinaire dans le sens où il permet à Buffy de s’épancher sur ses problèmes grâce à l’aide d’un vampire, ex-étudiant en psycho et qui était autrefois au lycée avec elle. Il donne la possibilité à l’élue de faire le point sur sa vie, ses relations avec les autres, son statut de tueuse… Buffy porte le poids du monde sur ses épaules et cette ultime saison sera très difficile pour elle mais elle parviendra aux bouts de ses efforts. Chosen lui offre la plus belle victoire qu’elle pouvait espérer : vivre pleinement sa vie de femme.

La saison sept est aussi marquée par le grand retour de Faith, la tueuse issue de la mauvaise graine, la tueuse-tueuse xD Je ne cache absolument pas qu’il s’agit de mon personnage préférée de BTVS avec Spike donc je ne suis pas vraiment objective. Le début de cette rédemption que Faith effectue avait déjà été amorcé dans Angel mais elle se termine à Sunnydale. Bien que Buffy soit réticente à l’idée de retrouver sa comparse, elle finit par changer d’opinion et s’instaure entre elles une relation mêlée de respect et d’une certaine admiration. L’une enviant ce que l’autre n’a pas et vice-versa. Faith et Buffy ont toujours incarné deux côtés, l’une étant le ying et l’autre le yang. Réunies, elles sont tout simplement inarrêtables.
Bien que j’adore Buffy, j’ai une petite once de regret quant à la raclée que se prend Faith avec les potentielles dans Touched (7.20). C’était un petit peu trop rapide et prévisible. Certes il ne restait plus beaucoup d’épisodes (trois) donc il fallait mettre le turbo mais la déroute de Faith faisait mal au cœur. Cela permet néanmoins à Buffy de revenir sur la scène et de casser la baraque avec sa super faux et son idée de génie.

Super faux car il s’agit là de l’arme la tueuse. Celle construite pour cette lignée si particulière. A ce propos, si dans les saisons précédentes on en apprenait toujours un peu plus sur ce qui fait que les tueuses sont ce qu’elles sont, c’est Get It Done (7.15) qui lève le voile. Comme l’avait dit Buffy dans je ne sais plus quel épisode de je ne sais plus quelle saison, ce ne sont pas les tueuses qui ont besoin des observateurs mais les observateurs qui ont besoin des tueuses. Phrase qui prend tout son sens dans cet épisode où l’on apprend que la première tueuse est issue est de la fusion entre une femme pure et innocente et un démon. Fusion décidée et ordonnée par les premiers observateurs. La tueuse n’a donc été durant des générations et des générations qu’un pion ne servant qu’à obéir et appliquer la loi de ceux qui ne se sont jamais mouillés. Alors que Buffy dans cette ultime saison bouleverse toutes les règles en offrant le pouvoir à toutes les potentielles, la Force fait sauter par ses sbires le conseil, anéantissant ainsi tous les observateurs.

Eh oui, l’idée de génie de Buffy n’est autre que de transmettre son pouvoir de tueuse à toutes les potentielles tueuses qui restent dans le monde. Quelle fin la série pouvait-elle espérer de meilleure que celle-ci ? L’unique tueuse n’est plus seule, elle peut compter sur une relève digne de ce nom. Le sourire que Buffy arbore lors du dernier plan du series finale est plus qu’évocateur. Elle va enfin vivre sa vie telle qu’elle le souhaite, et le mérite.

Bon, ce fut peut-être un peu long, pas très cohérent mais l’essentiel de ce que je voulais dire est là je pense. Evidemment il manque plein de choses. Je pourrais parler en long en large et en travers de la relation entre Spike et Buffy, du series finale, de la musique envoûtante et souvent lyrique de Christophe Beck et Robert Duncan. Il serait aussi normal d’évoquer le passage éclair d’Angel et la géniale métaphore de la pâte à gâteau, du proviseur Woods, de l’énervement que Kennedy pouvait me provoquer, d’Alex dont j’ai à peine parlé et c’est une honte alors qu’il est justement le liant du Scooby, d’Andrew qui est tout simplement extra…

Buffy The Vampire Slayer offre une septième et ultime saison pleine de rebondissements, de passages forts en émotions, d’exercices de style, de moments très drôles et tant d’autres choses difficiles à coucher par écrit. Elle rend hommage aux fans en les faisant vibrer tout au long de ces 22 derniers épisodes. Personnellement, lorsque j’ai lancé la première fois le series finale j’étais limite hystérique, limite « après c’est la fin du monde, c’est juste pas possible » mais finalement, il en est resté un sentiment d’accomplissement et de plénitude, à l’image du dernier plan. Tout cela accompagné de l’impression que Joss Whedon et tous les autres (Jane Espenson, Drew Goddard, Marti Noxon…) ne se sont pas moqués de nous en disant que cette saison marquerait un retour aux sources et terminerait vraiment la série sur un coup d’éclat. Une saison et surtout une série que l’on ne se lasse pas de regarder tant l’univers est riche, multipliant les références à la pop culture, avec des dialogues enlevés et des acteurs fabuleux, avec des personnages forts et surtout un girl power très présent. Une série donnant la possibilité de rire à s’en décrocher la mâchoire ou de pleurer toutes les larmes de son corps. Une série qui a marqué toute une génération. Une série culte. Ma série culte.