Alors que des rumeurs, comme quoi la fin de la grève pointerait peut-être le bout de son nez, font espérer des sériephiles en manque, certaines séries sont parvenues au bout de leurs épisodes en stock. C’est le cas de Criminal Minds (Esprits Criminels en VF, diffusée sur TF1) et de sa saison 3. Il s’agit là d’une n-ième série policière mais elle tire son épingle du jeu par le fait qu’elle a pour héros des agents du FBI se servant de la psychologie. Protagonistes qui traquent les pires psychotiques et/ou psychopathes que l’on peut espérer ne jamais rencontrer au cours de sa vie.
Personnellement, je ne suis pas très friande des séries policières. Pour que je m’y intéresse il faut que la série en question propose quelque chose de novateur. Etant étudiante en psychologie, Criminal Minds ne pouvait que m’intéresser (bien qu’en réalité je ne suis pas du tout dans cette spécialité de la psycho mais là n’est pas la question ^^;;). Aucun spoiler.

La saison 2 a permis le développement tout en douceur des personnages principaux, malgré le départ d’un d’entre eux suivi de son remplacement. Ce qui fait qu’à la fin de la saison précédente, le téléspectateur pouvait sentir une vraie cohésion entre les divers protagonistes et avoir le sentiment de voir une réelle équipe composée d’individus aux passés différents. Le problème des séries policières est que le postulat de base est toujours sensiblement le même : il y a un meurtre, une disparition ou toute autre chose du genre et la police / FBI ou n’importe quel représentant de l’ordre vont tenter de résoudre et/ou réparer ce qui ne va pas. Il est nécessaire, voire vital pour la série, de savoir se renouveler et d’innover afin de garder l’intérêt du spectateur toujours à son top niveau. Lors de la saison 2, Criminal Minds passa ce cap avec succès notamment grâce au développement de ses personnages, mais aussi par la présence d’un arc plus ou moins long lié à la relation malsaine entre Gideon et un serial killer plus que prolifique. La saison 3, raccourcie d’au moins 9 épisodes, y parvient moins bien malgré d’excellents épisodes.

Quelques semaines avant le début du tournage de la saison 3, gros coup de tonnerre parmi le casting de la série. L’acteur principal interprétant Jason Gideon, Mandy Patinkin (Dead Like Me) décide de tout quitter sans crier gare. Décision pas très sympa pour l’équipe et les fans de la série. Son personnage était le moteur de la série et quand bien même il n’était pas celui que je préférais, j’étais déçue… Comme il fallait bien créer « une fin » à son personnage, il a accepté de tourner quelques scènes mais aucun autre acteur de la série n’a voulu apparaître. Ca se comprend. Son poste vacant il était nécessaire de trouver un autre personnage. Il n’apparaît pas tout de suite après le « départ » de Gideon, ce qui est un bien. Pour être tout à fait franche, je le trouve assez antipathique mais la glace a un petit peu fondu lors des derniers épisodes. Néanmoins, bien qu’il ne ressemble en rien à Gideon et qu’il ne soit pas très agréable est un énorme plus. A quoi bon vouloir un clone de l’ancien personnage ? Il peut apporter des interactions intéressantes avec les autres personnages. Mais ça ne se verra vraiment que dans la saison 4, à moins que la grève ne s’arrête et que le tournage reprenne ?!

Du côté des épisodes, certains sortent du lot comme d’habitude. Gros coup de coeur pour le 3.10, True Night qui raconte l’histoire d’un jeune auteur de comics interprété par Frankie Muniz (Malcolm in the Middle). N’ayant jamais vu cet acteur dans autre chose que la série comique, je me demandais comment il serait dans Criminal Minds. En un mot : époustouflant. L’épisode jouant pas mal sur la subtilité et les rebondissements je ne vais pas en dire grand chose si ce n’est qu’il est triste et émouvant.
Le double épisode dédié au personne haut en couleurs qu’est Penelope Garcia est plus que bon et permet de se plonger dans son univers si acidulé bien qu’elle joue grandement sur les apparences. Cela permet aussi de revoir avec grand plaisir Nicholas Brendon que l’on n’a pas beaucoup vu depuis Buffy. Toujours dans les guest stars on peut noter la présence non négligeable d’Eddie Cibrian (que l’on voit actuellement dans Invasion sur France 4) dans le rôle d’un père de famille qui dérape totalement.
Par contre, l’épisode qui sert ici malgré lui de season finale est plus que moyen et ne sort pas franchement des sentiers battus, bien qu’il lance quelques pistes intéressantes sur le nouvel arrivé de l’équipe.

Une saison 3 raccourcie ce qui fait que de nombreuses choses restent un petit peu en suspens et donnent une impression de « non fini » même si le genre permet de ne pas être trop frustré. Certains personnages ont eu leur instant de gloire alors que d’autres non. D’un point de vue strictement personnel, j’aurais bien aimé voir un petit peu plus Spencer Reid mais c’est mon côté midinette qui s’exprime :D
Difficile de réellement juger sachant que la saison est plus que diminuée. En bref, ces 13 premiers épisodes étaient globalement agréables à suivre pour peu que l’on apprécie Criminal Minds. Ceux qui n’accrochent pas à la base ne changeront a priori pas d’avis. Les qualités restent les mêmes, c’est-à-dire un suspense et des émotions parfaitement mis en adéquation, des personnages intéressants et qui se complètent bien, toujours de très belles citations appropriées en début et fin d’épisode… Les défauts restent aussi les mêmes, par exemple le côté psychologique est parfois trop embelli dans le sens où non, on ne fait pas toujours un profil psychologique en quelques secondes même si on peut parfois y venir rapidement. Mais ces défauts sont nettement inférieurs aux qualités et permettent à Criminal Minds d’offrir une belle dynamique et des épisodes efficaces.