Vu les derniers articles de Luminophore, on pourrait penser qu’il y a pléthore d’adaptations de romans et diverses légendes en série tv. Ce n’est sûrement pas tout à fait faux d’ailleurs. Dans tous les cas, ce n’est pas Robin Hood, la série anglaise de la BBC qui viendra dire le contraire. Composée actuellement de deux saisons comportant chacune treize épisodes de 45 minutes, une troisième saison a d’ores et déjà été commandée. N’ayant vu que la première saison pour le moment, datant de 2006, seule celle-ci sera traitée aujourd’hui sur le blog. A noter qu’elle a été diffusée sur Canal+ en décembre et la chaîne la rediffuse toujours. Aucun spoiler.
Lorsque l’on pense à Robin des Bois, deux adaptations reviennent souvent en tête de liste : le dessin animé de Disney et le film avec Kevin Costner. Personnellement, j’ai vu le premier il y a de très très longues années et je n’ai jamais eu l’occasion (à tort ?) de visionner le second. De Robin la Capuche je ne connaissais pas grand chose avant la série mis à part que le héros, amoureux de Marianne, vole aux riches pour donner aux pauvres et qu’il est secondé par Frère Tuck. Une série tv sur cette légende me semblait donc une excellente idée afin d’approfondir le sujet. En plus c’est anglais. Que demander de plus ?

Le synopsis de Robin Hood n’est pas étranger puisqu’il reprend l’histoire que l’on connaît tous. Robin revient de Terre Sainte, avec son ami Much, après avoir passé plusieurs années à se battre du côté de Richard Coeur de Lion. Sauf qu’en rentrant dans son comté de Huttington, il se rend compte que le Shérif de Nottingham, secondé par Guy de Gisborne, oppresse le peuple. Robin décide alors de devenir un hors-la-loi afin d’aider les plus pauvres.
Bien qu’il s’agisse là d’une histoire connue, Robin Hood parvient à s’affranchir de la légende et proposer ainsi des épisodes dignes d’intérêt et cohérents tout en y ajoutant une sacré dose de surprises. Qui dit adaptation, dit souvent ajout d’une once de modernité. La série n’échappe pas à la règle et dépoussière totalement le mythe. Par exemple, Robin a un aspect très juvénile et use d’ironie et d’arrogance. Marianne n’a rien à voir avec la jeune femme en détresse, bien au contraire. Elle s’affirme au fur et à mesure des épisodes, n’hésitant pas à tenir tête à quiconque allant à l’encontre de ses principes. Les relations maître / serviteur sont elles aussi assez rapidement balayées pour ne retenir que le principal, c’est-à-dire les aventures de Robin et ses comparses. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, Robin Hood n’est pas une série historique. Il ne faut pas y chercher un respect sans faille de l’époque. Il suffit de voir les vêtements des personnages par exemple. Marianne n’est pas supposée porter de pantalon ou bien le Shérif ne se baladait certainement pas à moitié en pyjama dans son château. Robin Hood est une série d’aventures. Cela dit, elle est un petit peu plus que ça tout de même. Si l’humour est omniprésent, notamment grâce à la présence de Much, les épisodes sont souvent teintés de drame ce qui transcende la série. Effectivement, il y a là un savant mélange entre les scènes comiques et les plus graves, voire même parfois assez noires.

La série ne serait pas ce qu’elle est sans la présence du Shérif interprété par un Keith Allen en très grande forme. Il est diabolique mais c’est pour cela qu’on l’aime. Que dire de lui sans minimiser sa façon d’être ? Il est cynique, ironique, cruel, moqueur, charismatique, fêlé sur les bords, etc. Le duo qu’il forme avec Robin est très ambigu par moment. Du côté des méchants on trouve un Guy de Gisborne (Richard Armitage) sexy à souhait mais qui a de sérieuses lacunes dans certains domaines. Ténébreux et torturé, son aversion pour Robin du fait de nombreuses raisons telle Marianne, est délicieuse à voir. Personnellement, je dois dire que je trouve qu’il y a beaucoup plus d’alchimie entre Marianne et Guy qu’entre Marianne et Robin mais bon… j’aime sûrement trop les histoires d’amours contrariées et les personnages torturés à souhait ^^;
Quant aux gentils, la petite troupe de Robin des Bois qui se promène dans la forêt de Sherwood offre un panel divers et varié. Ce qui est un petit peu dommage c’est que certains sont un peu plus oubliés que d’autres alors qu’ils montrent une histoire et une personnalité qui valent le coup d’oeil. Cela dit, la saison une ne comporte que treize épisodes. La saison deux devrait probablement régler ce problème. A noter que les fans de Hex seront agréablement surpris de retrouver le pas très sympathique Remiel-Jez dans le rôle du très sympathique Much.

Quand bien même certains décors sont plutôt réussis, Robin Hood souffre quelque peu du manque de budget. Tourner dans une forêt n’est pas bien difficile mais réaliser des scènes dans le château de Nottingham demande, entre autre, un certain nombre de figurants. Sauf que là on a plutôt l’impression qu’il y a une dizaine d’habitants et encore.
Le pilote est un peu surprenant lorsque l’on voit la façon de combattre de Robin. Il y a des ralentis et des actions dignes d’un ninja qui font très étranges dans la forêt de Sherwood. Ca s’arrête dès le second épisode ce qui n’est pas plus mal. A trop vouloir donner un coup de jeune ça peut vite devenir ridicule. Donc pas de souci de ce point de vue là.

Robin Hood est une série divertissante et rafraîchissante. Elle dépasse le cadre familial grâce au traitement de certains sujets et la mise en place de complots, trahisons, pendaisons sur la place publique ou encore de meurtres. Robin n’a rien du héros blanc comme neige qui veut seulement aider les plus démunis. Loin de là même, son côté fougueux et impétueux n’hésitant pas à faire passer ses intérêts est amplement mis en avant. Il en est de même pour Guy de Gisborne qui, sous sa carapace apparemment inébranlable, montre des fêlures synonymes de blessures et de tristesse. Par ailleurs, la série met en avant une bande de compagnons qui deviennent peu à peu une famille avec des liens très forts. Chacun apporte sa pierre à l’édifice et devient vite attachant. On ne peut pas s’empêcher de faire un parallèle entre la Guerre Sainte et la situation en Irak, est-ce voulu ? Probablement. Ce qui n’est pas plus mal.
Une jolie découverte pour ma part. Rien d’extraordinairement recherché d’un point de vue historique ou analytique mais correctement mis en scène et interprété. Des dialogues enlevés, un humour piquant, un dépoussiérage en bonne et due forme d’une légende donnent une série dynamique et plus qu’agréable. Une série comme les anglais savent si bien le faire. Vivement la saison 2 :D