Torchwood (saison 2)

Par , le 15 avril 2008

Si une nouvelle saison de Doctor Who commence en Angleterre, cela signifie donc que celle de Torchwood vient de se terminer. C’est par conséquent le bon moment pour revenir sur cette seconde saison, composée de treize épisodes et diffusée entre janvier et avril 2008 sur BBC Two. Pour beaucoup de personnes, la première saison fut probablement regardée au départ parce qu’il s’agissait d’une série dérivée de l’excellente Doctor Who. Néanmoins, elle a notamment su se distinguer de sa grande sœur par des histoires plus sombres, bien qu’elle montrait des problèmes d’homogénéité en ne parvenant effectivement pas toujours à découvrir le genre et le style qui feraient son identité propre. La saison deux a-t-elle réglé ce problème ? L’article contient quelques spoilers mais rien de bien méchant.

Le season premiere démarre très fort, pas forcément parce que l’invité n’est autre que James Marsters (Buffy the Vampire Slayer, Angel) même s’il est juste formidable, mais surtout parce que la disparition soudaine de Jack à la fin de la première saison a transformé l’équipe. Gwen, Ianto, Owen et Tosh ont trouvé une dynamique et un fonctionnement qui les font interagir et s’entraider dans ce contre quoi ils combattent. Évidemment ça ne marche pas toujours mais on sent une véritable cohésion entre les collègues. Cette entente va continuer et s’intensifier durant toute la saison et il s’agit là d’un point fort non négligeable. Ils forment désormais tous une petite famille et chacun a su obtenir sa place. Avant tout, la saison deux s’illustre par son envie de développer ses personnages. L’épisode 2×12, Fragments, ne pourra d’ailleurs pas réfuter cette idée. Alors que l’on n’osait même pas l’espérer, les scénaristes nous proposent d’effectuer un petit voyage à la source, c’est-à-dire de voir comment les personnages – sauf Gwen, évidemment – ont intégré Torchwood. On apprend un certain nombre de choses, plusieurs sont même étonnantes, mais elles sont avant tout révélatrices de ce qui fait que les protagonistes sont ce qu’ils sont.

Puisque l’on parle de protagonistes, difficile de ne pas avoir envie de s’attarder sur presque chacun d’entre eux. Seulement presque parce tous aussi ne sont pas aussi intéressants les uns que les autres. J’ai une très grande préférence pour Gwen qui, en plus d’être un formidable leader, parvient à gérer plutôt bien sa vie personnelle. À ce propos, l’épisode 2×09, Something Borrowed, est diaboliquement et génialement drôle. Dès la saison une on sentait qu’elle avait un potentiel fou et il explose durant cette saison ; il reste à parier que c’est loin d’être terminé ! Quant à Ianto, je ne comprenais pas cet engouement des fans pour lui lors de la première saison mais maintenant, si. Il est cool, classe et sans en avoir l’air, il veille sur tout le monde et agit toujours selon ce en quoi il croit. La relation qu’il développe avec Jack est mignonne comme tout et ne semble pas hors de propos. Sinon, le personnage qui se révèle le plus durant cette saison n’est autre qu’Owen. Beaucoup plus posé sans pour autant perdre de son caractère, il devient plus intéressant, surtout lorsqu’il lui arrive quelque chose de difficile. Il reste Tosh et Jack qui, sans être insipides, sont largement inférieurs aux précédents. Malgré les derniers épisodes qui rendent l’informaticienne plus passionnante, elle n’est pas le point fort de Torchwood – un défaut n’étant toutefois pas censé apparaître avec Jack compte tenu de son statut. Le souci pour ce dernier vient du fait qu’il ne change pas vraiment ; il garde ses secrets, ne se confie à personne et semble juger ça presque normal. Cette caractérisation peut en devenir assez énervante, autant pour les personnages que pour nous, derrière notre télévision. Par ailleurs, je ne pense pas être la seule à préférer Jack dans Doctor Who que dans Torchwood.

En d’autres termes, ce paragraphe assez conséquent sur les personnages retranscrit parfaitement leur importance capitale au cours de la saison et, naturellement, de la série. L’équipe des cinq marche très bien ainsi mais puisque l’on est dans Torchwood, ce n’est évidemment pas parti pour durer. Il suffit de regarder le season finale pour en avoir le cœur net. Ce dernier épisode aurait rendu fous bon nombre de fans du Whoniverse – à raison sur certains points. Cependant, si la série est dramatique, il faut faire attention à ne pas tomber dans la surenchère, voire le grotesque. Or c’est presque ce qui s’est passé avec cette ultime aventure. Il n’y a pas de vrai lien logique, ni d’explication digne de ce nom et les émotions se font trop discrètes. Et ça manque ! Torchwood a de plus toujours eu des soucis de continuité, sauf que dans ce cas précis, certains rebondissements sont trop exagérés. Je ne parle pas forcément des pertes physiques, quoi qu’on pourrait aussi en dire long. Si ces phrases paraissent confuses à certains, elles devraient devenir compréhensibles après visionnage.

Au final, cette saison est bien meilleure que la première sans s’avérer pour autant excellente. Le season premiere est bon bien qu’il existe une légère perte de rythme par la suite. Malgré cela, la série redémarre sur les chapeaux de roues dès le 2×04, Meat. L’ensemble se révèle donc globalement sympathique et divertissant. Malheureusement, bien que Torchwood n’hésite pas à sacrifier des personnages et tirer sur la corde sensible, l’émotion n’a pas vraiment réussi à se frayer un chemin vers moi ; et pourtant, je me transforme d’habitude rapidement en fontaine. Qui doit-on blâmer ? Jack, peut-être, tant je le supporte de moins en moins – cela étant, aussi bien c’est plutôt John Barrowman mon problème ! Dans tous les cas, le plus important est que la série a su trouver ses marques et s’est forgée une identité propre.


5 Commentaires

  1. SéRiAl BlOgGeR• 8 juin 2008 à 23:45

    Une vraie perle cette série, moi j’ai adoré cette saison ;-)

    Répondre

  2. Caroline• 9 juin 2008 à 13:39

    J’ai préféré cette saison à la première mais je serais loin de dire que la série est une perle ^^;;

    Répondre

  3. Nakayomi• 21 octobre 2008 à 11:38

    Haaaaaan… Tu vas mériter le coup de fouet pour dire du mal de John Barrowman !!
    Certes, son personnage est plus plaisant dans Doctor Who que dans Torchwood, mais il a aussi ses bons côtés ici… Et justement, dans le 2×04 il nous offre une très bonne prestation, poignante…
    J’ai beaucoup aimé le retour aux sources à travers les différents épisodes…
    Pour le Season Final, effectivement, y’a un p’tit manque de quelque chose, mais l’émotion est si intense qu’on en oublie ce désagrément… Personnellement, ça a parfaitement fonctionné (cela dit, je suis d’accord, la série devrait zyeuter du côté du Docteur pour la continuité, ça lui ferait pas de mal).

    Pour Iantooooo ! Enfin, tu ouvres les yeux ! Le problème de Toshiko, c’est qu’elle est sous-exploitée, mais c’est un personnage sympathique. Pour Owen, dommage qu’au final, ce qui lui arrive ne serve pas à grand chose (si ce n’est le rendre plus sympathique).

    Répondre

  4. Caroline• 24 octobre 2008 à 21:50

    Oups. Nan mais avant j’adorais Jack – et John Barrowman – mais depuis plusieurs mois, il m’énerve. Je trouve que l’acteur en fait vraiment beaucoup trop. Je ne dis pas qu’il est mauvais, mais je ne sais pas, y a un truc qui cloche entre lui et moi maintenant.

    Tiens, sinon, peut-être que tu as déjà vu ça mais sinon ça risque probablement de te plaire. C’était lors d’une convention, on peut dire qu’ils s’amusent bien, hein ;).

    Pour Ianto, oui, je craque enfin ^^. Bon, mes souvenirs de la saison deux sont assez vagues maintenant mais je me rappelle qu’elle m’avait davantage plu que la première.

    Répondre

  5. Nakayomi• 25 octobre 2008 à 11:42

    Pauvre John… Bon, ben j’ai plus qu’à le consoler, tant pis…
    Sinon, merci pour le lien… Je crois que j’avais pas vu (ou alors seulement une ou deux photos), mais j’adore… C’est total délire (ils avaient fumés quoi avant ?). C’est le genre de truc qui devrait être offert en bonus vidéo dans la saison 2… Je veux les voir en action, pour de vrai, avec du sous-titrage ! (En tout cas, sont mignons John Barrowman et Gareth David Lloyd…)

    Répondre

Laisser un commentaire