Life As We Know It | La vie comme elle est (série complète)

Par , le 16 mai 2008

Bien que je ne sois plus une adolescente depuis plusieurs années, j’admets encore avoir un petit faible pour les séries à leur destination. Sans surprise, il convient souvent de faire le tri parmi l’importante offre, mais parfois la persévération se voit récompensée. La production étasunienne Life As We Know It m’intéressait depuis un certain temps et grâce à la récente diffusion française sur NRJ 12 sous le titre La vie comme elle est, j’ai pu m’y frotter. Il s’agit d’une adaptation vraisemblablement assez libre du roman Doing It de Melvin Burgess, disponible dans nos vertes contrées en tant qu’Une idée fixe. Elle a rapidement été annulée par ABC en raison de ses audiences ; et d’ailleurs sur les treize épisodes tournés, seuls onze sont passés aux États-Unis entre octobre 2004 et janvier 2005. Par chance, nous, nous profitons de l’intégralité de cette courte fiction. Les créateurs, Jeff Judah et Gabe Sachs, ont également travaillé sur la sympathique Freaks and Geeks. Aucun spoiler.

Dino, Ben et Jonathan fréquentent le lycée Woodrow Wilson à Seattle et comme tous les garçons de leur âge, ils veillent plus à répondre aux attentes de leurs hormones en ébullition qu’à étudier sérieusement.

Le postulat de base ne laisse guère de doutes sur le contenu de cette série. Effectivement, elle s’attarde encore une fois sur les atermoiements des adolescents. Des récits de cet acabit pullulent et Life As We Know It ne paraît pas pouvoir apporter quoi que ce soit de novateur. Au risque d’en décevoir certains, elle ne le cherche de toute manière pas. Son approche semble plutôt être celle du naturel désarmant, ce qui injecte simultanément un grand souffle de fraîcheur. Ses épisodes ne révolutionnent pas le genre, ne provoquent pas un franc enthousiasme et l’écriture n’est pas dénuée de stéréotypes et autres archétypes habituels. Pour autant, sous couvert d’une atmosphère souvent légère et bon enfant, elle se permet d’explorer avec une certaine finesse et sans sentimentalisme exacerbé quelques thématiques graves comme l’alcoolisme, l’abandon parental, la drogue, l’adultère, etc. Le ton demeure toujours subtil, crédible et ne verse pas dans la morale bon marché ou les évènements extraordinaires, ce qui s’avère plus qu’appréciable. Certes, le scénario ne déplace pas des montagnes en se dotant de rebondissements classiques et parfois légèrement préfabriqués, mais ceux-ci servent généralement à approfondir les principales figures. Car Life As We Know It choie ses héros et a pour originalité de se focaliser sur trois amis. Les filles et les adultes ne sont pas oubliés, mais ils restent en retrait. Cette mise en avant très masculine change d’ailleurs la donne avec ce qui se voit habituellement et délivre ainsi peut-être un registre plus cru et direct. En effet, le sexe alimente continuellement les intrigues, sans pour autant créer des situations lourdes à l’humour graveleux. Au contraire, la comédie s’avère légère, amusante et pétillante. La réalisation apporte beaucoup de dynamisme avec l’emploi du quatrième mur, procédé où un personnage s’adresse ouvertement au public. Et puis il faut dire que les protagonistes se révèlent attachants malgré leurs nombreux défauts. Les amateurs de séries y reconnaîtront sinon un grand nombre de visages familiers dans des rôles secondaires comme Peter Dinklage (Game of Thrones) en psychologue sympathique, Donnelly Rhodes (Battlestar Galactica) en proviseur, Connie Britton (Friday Night Lights), en belle-mère, Busy Philipps (Dawson’s Creek) en journaliste musicale, Jeffrey Nordling (Once and Again) en vendeur de la voiture convoitée par les ados, Amanda Crew (Whistler) en lycéenne sexuellement très active, Meghan Ory (Higher Ground) en collègue, etc.

Depuis leur enfance, Dino, Ben et Jonathan sont inséparables. Ils se connaissent comme les doigts de la main et à l’école comme à la maison, ils passent toutes leurs journées fourrés ensemble à faire les quatre cents coups. Leurs occupations ont toutefois progressivement changé et depuis quelque temps, ils ne pensent plus qu’au sexe. Tous sont vierges et espèrent concrétiser le plus vite possible. Cependant, malgré ce qu’ils se disent, ils se montrent sensibles et veulent le faire selon leurs propres conditions. À première vue, Dino est le garçon populaire de l’établissement. Physiquement attirant, hockeyeur de haut niveau et charmeur, il semble avoir tout pour plaire. Pour l’anecdote, son interprète, Sean Faris, ressemble comme deux gouttes d’eau à Tom Cruise jeune. Si Dino donne l’impression de ne pas manquer d’assurance, il cherche surtout à préserver son image et son statut, ce qui le place dans des situations très délicates, dont la première victime est son couple branlant avec la jolie Jackie (Missy Peregrym – Reaper). Quand il découvre que son père et sa mère ne sont pas aussi amoureux que ce qu’il pensait jusque-là, il perd pied et se voit envahir par la colère. Ben (Jon Foster), le bon élève, tente de contenter ses parents exigeants et quelque peu coincés. Sarcastique et plus mature que les autres, il est attiré par la professeure Monica Young (Marguerite Moreau) qu’il ne laisse visiblement pas tout à fait indifférente. Quant au dernier trublion de la bande, Jonathan (Chris Lowell – Veronica Mars), il marque par sa gentillesse et sa candeur, lui qui est souvent moqué par ses deux camarades. Il forme avec sa meilleure amie, la réaliste et réfléchie Deb (Kelly Osbourne), un duo indissociable et rudement attachant. Les épisodes mettent donc en avant ces personnages plutôt hauts en couleur, bien caractérisés et évolutifs. Plus tardivement s’y ajoute Sue (Jessica Lucas), obsédée par les activités scolaires. Malgré sa courte durée d’existence, Life As We Know It avance rapidement et fait cheminer ses protagonistes. Les doutes, troubles et maints tourments de ces individus en quête identitaire sont correctement retranscrits à l’écran et avec beaucoup de malice, ce qui permet en prime aux téléspectateurs adultes de replonger dans leur propre expérience. Qui plus est, les parents des héros disposent de leurs intrigues et se révèlent tout autant agréables. Leur vie impacte forcément celle de leur progéniture avec qui la communication fonctionne par à-coups à diverses reprises. C’est aussi l’occasion d’y retrouver d’autres têtes connues comme Sarah Strange (ReGenesis), D.B. Sweeney (Jericho), Lisa Darr (Popular), Megan Gallagher (MillenniuM), James McDaniel (NYPD Blue) et Dylan Baker (Drive).

Au final, Life As We Know It dépeint les aventures d’une bande de lycéens attachants tentant, à l’instar de millions de leurs congénères, de traverser au mieux les affres de l’adolescence. Bien que la série ne figure pas parmi les pépites indispensables, elle propose là un divertissement plein d’esprit non dénué d’humour et de drames, à condition d’apprécier ce genre souvent raillé. Grâce à la fraîcheur naturelle et la facétie de leur ton, les épisodes s’avèrent amusants et parfois touchants, car le récit n’hésite jamais à aborder des sujets plus sérieux et généralement universels. La simplicité du quotidien est préférée à la surenchère de rebondissements et à moult excès phagocytant de trop les productions à destination de ce jeune public, ce qui la démarque légèrement de la masse et lui offre un charme authentique bienvenu, presque candide. Quant à son absence de fin en bonne et due forme, elle ne fruste pas réellement et lui permet justement de partir la tête haute. Les amateurs se situant dans la tranche d’âge cible comme les adultes devraient probablement y trouver leur compte.


7 Comments

  1. Caroline
    Nakayomi• 17 mai 2008 at 14:17

    C’est un peu le genre de série où il me faut un truc supplémentaire pour que je m’y arrête… Je n’y suis pas réfractaire mais bon, avec tout ce qu’il y a, tout ce que je dois voir, je passe plus facilement outre (Dawson, je n’y serais jamais revenu sans Jack, d’autant plus que je n’avais pas accroché aux premiers épisodes)… La critique est bonne, mais ce que je crois en avoir vu (j’espère que je confonds pas !), ne m’avait pas franchement emballé non plus (et puis, je me suis méfié de la diffusion made in Nrj12 qui est parfois un vrai calvaire à suivre… Un jour, faudra que je vois la fin de la saison 1 de Whistler ! -__- ). Enfin, tu donnerais presque envie de s’y mettre quand même… :P

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  2. Caroline
    Caroline• 17 mai 2008 at 21:58

    Je comprends tout à fait, on ne peut pas tout regarder. Comme j’apprécie beaucoup Piz de Veronica Mars, j’ai voulu tenter l’aventure. Et puis treize épisodes, ça va. En tout cas, NRJ 12 n’a commis aucun couac cette fois ; ouf. Bref, j’ai donc bien aimé, mais si tu as d’autres bonnes séries sur le feu – comme… hmmm, je ne sais pas… Battlestar Galactica ? :D –, eh bien il vaut mieux plutôt s’attarder sur celles-là ^^.

    Whistler, je me suis arrêtée, comme toi j’imagine, vers le milieu de la première saison à cause de NRJ 12, mais je pense reprendre puisque je l’ai trouvée ailleurs. Même si je n’ai pas été captivée par ce début, il faut tout le temps que j’aille au bout !

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  3. Caroline
    Gaetan• 11 juillet 2008 at 15:19

    Je viens tout juste de commencer la série (j’ai vu les 3 premiers épisodes) et je suis d’accord avec ta critique. Ce n’est pas une série exceptionnelle mais elle est agréable à regarder. Je la trouve plutôt réaliste car elle ne fait pas les erreurs de Dawson qui fait parler ses ados comme des adultes ou de The O.C. qui a tendance à créer des situations trop dramatiques (ce qui ne m’empêche pas d’aimer également ces 2 séries aussi).

    A découvrir si on a envie de voir une série pour ados de meilleure facture que One Tree Hill. En plus, Missy Peregrym est bien plus sexy que Sophia Bush et Sean Faris bien plus mignon que Chad Michael Murray. :P

    Merci pour cette review sur cette série finalement peu connue et qui aurait mérité plus de succès. Je ne connaissais pas ton blog, j’essaierai de jeter un oeil au reste.

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  4. Caroline
    Caroline• 12 juillet 2008 at 12:02

    Je ne connais pas suffisamment Dawson ce qui fait que je ne peux pas trop comparer. Par contre, pour The O.C., c’est sûr que c’est plus réaliste, d’autant plus que là au moins, les parents ne sont pas richissimes, donc plus comme nous – enfin, comme moi en tout cas (xD).

    A découvrir si on a envie de voir une série pour ados de meilleure facture que One Tree Hill. En plus, Missy Peregrym est bien plus sexy que Sophia Bush et Sean Faris bien plus mignon que Chad Michael Murray. :P
    Je n’aurais pas dit mieux ;D.

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  5. Caroline
    Diane• 27 décembre 2008 at 21:41

    Je viens de finir la série… j’ai vraiment adoré ! dommage qu’ils l’aient arrêté :( je trouve que ce n’est pas une série lassante, elle est agréable, on aime s’y plonger.

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  6. Caroline
    Aude• 3 janvier 2009 at 18:26

    I LOVE THIS SERIE, je la regarde tout le temps SEAN FARIS ressemble beaucoup je trouve a TOM CRUISE non vous trouvez pas tanpis :angel: Je le kiff grave @+

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  7. Caroline
    Caroline• 6 janvier 2009 at 22:13

    Si, si, je suis d’accord. Je l’ai même écrit dans le billet. Sean Faris ressemble carrément à Tom Cruise jeune.

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