Si je vous dis : vampire qui boit du sang de son frigo et non pas directement du cou d’un humain, qui est amoureux d’une blonde, qui habite Los Angeles, qui est un détective privé. Vous me répondez quoi ? Angel de Joss Whedon ? Mauvaise réponse ! Moi je vous parle de Moonlight. Comment ça ? On dirait la copie conforme d’Angel ? Ah mais c’est tout à fait le cas si vous voulez mon avis. Tout du moins au premier abord. La série est composée d’une seule saison de seize épisodes diffusés sur CBS cette année. Je ne suis pas persuadée que ça change quoique ce soit à mon ressenti de la saison mais je précise que je ne l’ai pas regardée « en direct ». J’ai enchaîné les seize épisodes ces dernières semaines. Les fans se mobilisent pour qu’une saison deux voit le jour mais ça risque d’être difficile, pourtant la série avait des audiences honorables (8 millions et des poussières de téléspectateurs en moyenne). Aucun spoiler.

Mick St. John est détective privé mais aussi vampire, une nature qu’il déteste. Il doit son état grâce à son ex-femme qu’il a tué pour protéger une petite fille. Cette petite fille est devenue grande et journaliste et leurs chemins se croisent.
Source : AnnuSeries

Dès que ça parle de vampire moi je fonce. Je n’y peux rien, j’adore ça ^.^ Il était donc évident que je n’allais pas passer à côté de Moonlight. Et pourtant en étant ultra fan d’Angel, j’avais des doutes. On ne peut pas nier que la ressemblance est plus que troublante. Cela peut sûrement s’expliquer en partie car David Greenwalt (co-créateur d’Angel justement) a été un certain temps producteur exécutif de la série et showrunner. Bref, tout ça pour dire que je partais avec de gros a priori surtout qu’on me disait que c’était archi nul. Si en plus on ajoute le fait que Jason Dohring (Veronica Mars) est un membre important du casting, j’étais encore plus refroidie. Pas que l’acteur me dérange vraiment en tant que tel, j’ai juste fait une allergie à Logan dans la saison trois de Veronica Mars, cela m’a dégoûtée de Jason Dohring. Ceci dit, mes soucis se sont vite envolés à son égard même si lors du premier épisode je ne pouvais pas m’empêcher de rigoler en le voyant jouer les grands vampires de presque 400 ans. Crédible ? Hmm pas vraiment. Mais la magie opère et son personnage, Josef, devient sympathique comme tout et Jason Dohring se débrouille pas trop mal à partir d’un moment. Il faut aussi avouer que l’alchimie passe bien avec son copain de vampire, Mick, le héros de Moonlight. Interprété par Alex O’Loughlin, (jugé par TV Guide comme étant le Sci-Fi guy le plus sexy d’ailleurs :D Vous voulez mon avis ? Eh bien j’étais assez sceptique sans l’avoir vu mais après les seize épisodes j’ai changé d’avis ! Désolée pour cette parenthèse beaucoup trop longue…) le jeune vampire de 90 ans est assez torturé mais n’en demeure pas moins amateur de blagues à l’humour un peu trop facile. Ceci dit ça donne un côté un petit peu décalé aux situations et c’est sympa. Il est amoureux d’une jeune et jolie reportrice, Beth, incarnée par Sophia Myles que les fans de Doctor Who reconnaîtront car elle n’est autre que Madame de Pompadour. Elle a d’ailleurs déjà joué dans le film Underworld qui parle lui aussi de vampires. Il ne faut pas non plus oublier la femme / vampire de Mick, Coraline, jouée par la superbe Shannyn Sossamon. Pour le reste je n’en dis pas plus car c’est spoiler.

Les premières minutes du pilote mettent tout de suite dans l’ambiance. Mick nous apprend ainsi que l’on peut ranger au placard tout ce que l’on sait des vampires. Ils peuvent se balader le jour mais en faisant quand même un minimum attention au soleil, ils n’ont pas de problème avec l’ail ni les pieux dans le cœur puisque ces derniers ne font que les paralyser. A vrai dire, pour venir à bout des vampires il faut les décapiter ou les brûler. De plus, ils dorment dans un congélateur car ils aiment le froid. Par ailleurs, Mick n’a rien à voir avec l’idée que l’on se fait du vampire (mystérieux, fascinant, un brin libertin, etc.). Cette différence avec tout ce qui est « connu » des suceurs de sang peut choquer au premier abord mais est en fait une excellente idée. Après tout, autant se différencier sans pour autant dénaturer le mythe. Si les vampires de Moonlight sont convenables et ne tuent pas les humains, il reste encore des thèmes propres qui seront abordés au fur et à mesure des épisodes. Le personnage de Mick est intéressant car il est malheureux en tant que vampire, il cherche un moyen d’enrayer ce qu’il considère comme une monstruosité.
Etant sur CBS, la chaîne des séries policières à gogo, Moonlight n’échappe à la règle. Effectivement, ce n’est pas une série sur les vampires mais une série policière avec des vampires. La différence est là, si si.
Une mythologie se dégage peu à peu des épisodes et amorce des idées très intéressantes. Malheureusement, vu que la série est annulée, il y a peu de chance que l’on en sache davantage. C’est vraiment dommage car Moonlight a du potentiel.

Avec un thème qui dit quelque chose à n’importe quel fan de Joss Whedon, Moonlight a su tirer son épingle du jeu et propose seize épisodes très agréables et bien rythmés. Ce n’est pas du grand art mais les quarante minutes passent à chaque fois en un éclair. Le héros, Mick, est attachant et sa relation avec les autres est souvent passionnante. Et ce qui est vraiment bien c’est qu’il n’y a pas de tension dramatique exagérée. Ok Beth et Mick vont avoir de gros problèmes s’ils veulent être ensemble mais on n’en fait pas des tonnes et des tonnes. Au contraire. Les enquêtes policières permettent de faire une incursion dans la vie du vampire, tout en suivant une certaine logique. La bande-son est bien choisie (d’ailleurs on retrouve aussi Lucky des Bif Naked comme dans Buffy… je dis ça je dis rien ^^;) et on reconnaît la patte de Trevor MorrisThe Tudors– sur quelques pistes musicales. Honnêtement, j’ai vraiment aimé. Elle a plein de défauts comme un manque de cohérence par moment, des scènes très kitsch et des dialogues limites risibles, mais cela n’empêche absolument pas de pouvoir l’adorer. Même si comme moi on aime Angel et Buffy jusqu’à la moelle. Et pour ne rien gâcher, on retrouve Claudia Black –Farscape– (et quelques autres guest stars d’ailleurs) dans des vêtements SM !