Vous souvenez-vous de cette série néerlandaise au nom imprononçable copiant Desperate Housewives ? Vous aurez normalement reconnu Gooische Vrouwen, plus connue en France sous le titre Jardins Secrets. TF1 avait commencé la diffusion de sa deuxième saison immédiatement après la première, mais encore une fois, la chaîne a su respecter la fidélité de ses téléspectateurs. Effectivement, du fait d’audiences en berne, elle a décidé de ne pas proposer le tout dernier épisode et, visiblement, n’envisage pas une seule seconde de nous délivrer la suite de cette fiction. Merci. Après d’importantes difficultés, j’ai réussi à trouver le chaînon manquant donc, maintenant, discutons de cette saison composée de huit épisodes passés aux Pays-Bas sur Talpa entre septembre et novembre 2006. Aucun spoiler.

Précédemment, Claire était laissée pour morte dans la piscine, après avoir reçu un coup de batte de baseball sur la tête. Sans surprise, ces nouvelles aventures démarrent presque aussitôt au moment où nous avions quitté les héroïnes. La froide avocate est plongée dans le coma et toutes ses amies se précipitent à son chevet pour la veiller et espérer qu’elle finisse par se réveiller. D’ailleurs, qui a commis cet acte terrible ? Au lieu de jouer la carte du suspense, la fiction donne la réponse assez rapidement et si l’identité du coupable pouvait justement apporter un minimum de tension dramatique, tout avance tellement vite et brutalement que l’impact émotionnel s’annule. Dommage. Il s’agit de toute manière d’un des défauts principaux de Gooische Vrouwen. À force de souhaiter multiplier les rebondissements et autres confessions saugrenues, il est compliqué de se sentir concerné. Les personnages s’avèrent effectivement toujours aussi peu attachants. Heureusement, le rythme soutenu, l’humour cocasse et le format très raccourci de la saison empêchent de s’appesantir de trop sur les nombreux écueils de cette série au demeurant peu originale. Avouons également qu’entendre les musiques composées par Craig Armstrong pour le film Romeo + Juliet se révèle très curieux ; un peu plus et l’on se croirait dans une émission de télé choyant le sensationnalisme !

Ces huit épisodes suivent la route déjà amorcée. Chez les Moreno, Cheryl est enceinte, doute d’elle-même, de son poids et de son mari volage. Bien sûr, Martin continue de batifoler et de mentir, ce qui devrait finir par lui jouer de mauvais tours. Ce couple n’est pas déplaisant, mais il serait bon de changer un peu de registre les concernant. En ce qui concerne Anouk, le constat est encore plus caricatural que jadis, bien que cela paraisse hautement impossible. Elle choisit de ranger ses envies charnelles au placard, mais chassez le naturel et il revient toujours au galop. Willemijn et Claire s’en sortent mieux que leurs comparses. La première souffre de son divorce avec Evert, sans pour autant le montrer aux autres. Véritable moteur et boute-en-train de la production, elle est systématiquement partante pour aider ses proches. Quant à Claire, ce qui lui arrive la pousse à progressivement s’attendrir et s’humaniser, ce qui n’est pas un mal. Au bout du compte, les protagonistes cheminent à leur propre rythme malgré une certaine redondance scénaristique. Tout tourne constamment autour des mêmes thématiques, celles dignes d’un vrai soap opera ne lésinant jamais sur les paillettes, le kitsch et les situations régulièrement ridicules. Seule l’ambiguë Tippi Wan avec ses manigances paraît pouvoir rompre quelque peu le quotidien très embourgeoisé de ces femmes.

Pour conclure, cette deuxième saison de Gooische Vrouwen s’inscrit dans un registre similaire à la précédente en veillant à imposer à ses héroïnes moult bouleversements fantasques. Si la série n’est pas foncièrement mauvaise, son absence de véritable identité, l’interprétation par moments peu inspirée et l’écriture mécaniquement répétitive ne donnent clairement pas envie de la conseiller à qui que ce soit. Pour autant, le visionnage reste supportable grâce à un sens permanent de l’autodérision et des scènes comiques parfois légèrement impertinentes. TF1 risque de ne jamais diffuser la suite, ce qui ne me fera pas hurler de désespoir, mais si je tombe dessus, ma manie maladive d’aller jusqu’au bout des choses me forcera à persévérer.