La sixième saison de CSI (Les Experts chez nous) s’avérait plutôt réussie et m’avait laissé un agréable souvenir. Est-ce que la septième, passée aux États-Unis en 2006/2007 et venant de se terminer il y a quelques semaines dans nos vertes contrées, est dans la même veine ? Avant toute chose, il convient de râler encore une fois sur le traitement offert par TF1. Dire que la chaîne se perd dans du gros n’importe quoi serait un euphémisme. La première partie fut diffusée début 2008 et la seconde, fin août. Pourquoi une pause aussi importante ? Évidemment, les aventures arrivaient de manière totalement anarchique et qu’on ne réplique pas que c’est parce qu’une enquête était trop éprouvante pour le 20 h 50. Car dans ce cas, pourquoi montrer, par exemple, le 7×02, puis le 7×09. Entre les deux, n’y a-t-il pas un seul épisode adéquat dans le lot ? Bref, c’est du TF1, quoi. Personnellement, j’enregistre tout et je regarde après dans l’ordre. Cette attitude se révèle d’autant plus exécrable que cette année possède un aspect feuilletonnant, ce qui n’était pas le cas précédemment. Aucun spoiler.

La saison sept est celle du tueur aux maquettes. CSI n’avait jamais fait durer une intrigue sur la totalité de l’année et innove donc ici. Néanmoins, ce ne sont pas des détails qui se veulent distillés dans chaque affaire histoire de pousser le téléspectateur à réfléchir. Non, uniquement quelques enquêtes traitent du nouvel assassin en puissance et même si l’on en a raté une, il est toujours aisé de saisir la suite. Là est le but de la fiction de toute manière : qu’elle puisse être visionnée par-ci par-là, comme un grand nombre de ses congénères choyant le monde de la police. Ce fil conducteur est très sympa, suffisamment complexe pour se laisser plus ou moins balader, mais pas trop quand même puisque comprendre ce qu’il se déroule ne pose aucun souci. Par ailleurs, difficile de cacher à quel point les maquettes et le mode opératoire du psychopathe se révèlent assez fascinants. Le season finale, Living Doll, haletant comme toujours, se termine par un cliffhanger très réussi. Pour ma part, j’ai préféré patienter avant de regarder directement le eighth season premiere que TF1 a stupidement diffusé juste après. La tension létale est ainsi tuée dans l’œuf et passe alors totalement à la trappe, ce que je trouve dommage. Oui, c’est bon, j’arrête de taper sur cette médiocre chaîne pour aujourd’hui.

En dehors de l’énigme au long cours, la fiction emploie les mêmes ingrédients que les années précédentes. Au programme : des morts suspectes, des moyens d’investigations performants, du suspense et des intrigues ficelées. Grissom part pendant quelques épisodes, le temps de refaire pousser sa barbe, et est remplacé par Keppler (Liev Schreiber). Le personnage ne reste pas durablement et il n’apporte pas grand-chose, il convient de l’avouer. En souhaitant lui donner une certaine épaisseur, il a fallu qu’on lui ajoute un côté plus ou moins sombre. Ce n’est pas que le résultat soit mauvais, il paraît surtout trop prévisible. Cela étant, cette arrivée permet à Catherine de changer un peu de registre.

Là où la saison est un peu moins convaincante, c’est du côté des héros. Encore une fois, ils sont trop peu développés. Il est vrai que CSI n’a jamais été la championne dans cette catégorie sauf qu’en l’occurrence, il n’y a presque rien à se mettre sous la dent. À vrai dire, à part Greg – et encore –, le matériel s’avère quasiment inexistant. Nick et Warrick sont aux abonnés absents, tout comme Jim. Cependant, les laborantins, souvent excentriques, détiennent l’opportunité de rayonner plus que d’habitude dans un épisode très drôle leur étant dédié, le 7×20, Lab Rats. À ce propos, Hodges est bien plus visible lors de cette année et c’est une bonne idée, car il apporte régulièrement un petit plus aux dynamiques entre les différents collègues. La saison six se terminait avec la révélation de la romance Sara/Grissom et durant ces nouveaux scénarios, leur relation passe extrêmement bien. Les autres personnages ne sont pas au courant et, par conséquent, l’écriture ne s’appuie avec lourdeur sur ce couple qui demeure tout du long discret. Quelques répliques ou attitudes laissent comprendre qu’ils sont toujours ensemble, et ça s’arrête là. Bref, cette subtilité se veut agréable.

Au final, cette septième année est à l’image des précédentes. En se montrant ultra maîtrisée et réalisée d’une main de maître, la recette fonctionne encore une fois. Ceux n’aimant pas ne changeront clairement pas d’avis, mais les téléspectateurs appréciant cette formule pourtant quelque peu éprouvée devraient trouver chaussure à leur pied. À noter que de très nombreux invités passent par la série : Meredith Monroe (Criminal Minds), Sean Patrick Flanery (The Dead Zone), Alan Tudyk (Firefly), John Hensley (Nip/Tuck), Amber Stevens et Tiffany Dupont (Greek), Melinda Clarke, Marshall Allman (Prison Break), Enrico Colantoni (Veronica Mars)…