J’ai un tas d’articles en retard pour Luminophore et je devrais me dépêcher avant d’oublier ce que j’ai à dire sur les saisons à traiter mais comme c’est la semaine d’Halloween, j’essaye de marquer le coup avec une série qui colle un peu à la fête. Un peu je dis car le sujet principal de cette série pourrait faire peur mais en fait vu qu’il s’agit d’une comédie, eh bien ce n’est pas trop le cas. Parlons donc aujourd’hui de Reaper, et de sa première saison que j’ai d’ailleurs terminée il y a quelques semaines. Cependant, le season finale fut diffusé en mai aux Etats-Unis donc elle date de la saison dernière.
Cette première saison contient dix-huit épisodes, elle fut raccourcie à cause de la grève comme vous pouvez vous en douter. Cela dit, les audiences n’étaient pas géniales non plus. Enfin c’est pas comme si sur The CW, les séries crevaient le plafond de ce côté-là. Après quelques doutes, il a été annoncé qu’une seconde saison verrait le jour mais il n’y aura que treize épisodes diffusées à la mi-saison, probablement vers janvier – février 2009 donc. Kevin Smith a travaillé un petit peu sur la série, sur le pilote uniquement je crois. A noter que Reaper est passé sur Canal+ Family à partir de mai sous le titre Le Diable et moi. Aucun spoiler.

L’histoire est très simple. Effectivement, la série raconte les (més)aventures de Sam Oliver, un jeune homme légèrement glandeur, qui découvre lors de son 21ème anniversaire que ses parents ont vendu son âme au Diable avant sa naissance. Du coup, celui-ci vient chercher son dû et le fait travailler en tant que collecteur d’âmes échappées de l’Enfer. Sam travaille autrement au Work Bench, un magasin plus ou moins de bricolage avec ses deux meilleurs amis, pas forcément très futés, ainsi qu’avec la fille dont il est amoureux depuis des années. Bref, à première vue il s’agit donc d’un scénario assez banal. Mais le fait que dès qu’il est question de Diable, de damnation ou de je ne sais quoi de ne pas naturel je deviens très faible, j’ai tenté l’aventure. A raison ou pas alors ?
Côté casting, on retrouve des têtes connues. Commençons par le génial et très sympathique Bret Harisson, découvert pour ma part dans The Loop, et que j’aime beaucoup. C’est lui qui incarne Sam, le fameux reaper. Un de ses acolytes n’est autre que Tyler Labine, déjà vu dans Invasion. Encore un acteur qui a mes faveurs. Toujours du côté des personnages principaux, on retrouve la très jolie Missy Peregrym (Life As We Know It). Sinon on peut noter la participation de Andrew Airlie (The 4400 entre autres), Valarie Rae Miller (Dark Angel), Ken Marino (Veronica Mars), Christine Willes (Dead Like Me), Jessica Stroup (90210), Kandyse McClure (Battlestar Galactica), Mercedes McNab (Buffy the Vampire Slayer)… bref, pas forcément des acteurs ultra connus mais que le sériephile connaît au moins de tête. De plus, le Diable n’est autre que Ray Wise. Je ne le connaissais pas du tout mais il a une filmographie extrêmement impressionnante.

Un des gros points forts de la série se trouve justement dans son casting et plus précisément dans les personnages. Ces derniers sont souvent stupides et totalement à côté de la plaque. Par exemple, comment peut-on prendre Sock au sérieux tellement il a un humour super lourdingue, est totalement sans-gêne et en plus, n’en a absolument rien à faire ? Cependant, cela n’empêche pas du tout de les apprécier. Bien au contraire. D’autant plus qu’ils ont toujours un petit côté qui fait fondre. Difficile de ne pas avoir l’impression de faire partie de cette bande de potes. Personnellement, je suis très difficile du côté des comédies, alors lorsque c’est gras je fuis mais ici, même si Sock n’est pas du tout subtil, ça passe à merveille. Ceci étant dit, Sock n’est pas le seul personnage qui fasse rire. Tous les autres y mettent leur grain de sel. A commencer par Sam qui n’a vraiment pas de bol mais qui le prend assez avec le sourire. Les dialogues sont souvent vifs et parfois assez incisifs. Mention spéciale au Diable qui sous ses airs de monsieur tout le monde super bronzé et classe est un vrai carnassier. Il sait être tour à tour cajoleur, amical, effrayant, menaçant, etc. Ce qui m’a beaucoup plu dans cette saison c’est le décalage de ton qu’il peut y avoir en quelques secondes. La série est résolument comique mais le Diable sort parfois une petite réplique bien placée qui vous glace le sang en un rien de temps. A tel point qu’on est limite terrifié par ce qu’il vient de faire ou ne pas faire. Sous ses airs se cache le seigneur des Enfers après tout…
La relation entre Sam et le Diable est super ambiguë et est un autre point fort de Reaper. Comme Sam, on ne sait jamais sur quel pied danser et peu à peu on découvre le Diable et on se prend à l’aimer voire voir en lui un être humain. Enfin plus ou moins… Si le Diable existe, Dieu aussi alors ? Tous comme les anges et les démons ? Oui oui. On ne voit pas Dieu même si le Diable en parle de temps en temps. Si vous avez peur d’y voir une dimension religieuse, pas de souci, ce n’est pas du tout le cas.

Si les premiers épisodes sont assez schématiques, autrement dit le Diable dit à Sam de récupérer une âme, il s’exécute avec ses deux copains tout en essayant de ne pas se faire tuer, dès le milieu de la saison on sent qu’une mythologie s’installe. Et… c’est correctement mis en place. Je parais peut-être étonnée et c’est le cas. Disons qu’avec une série de ce genre, on n’attend pas forcément grand chose et les idées développées, les retournements de situation sont très bien fichus et ménagent correctement le suspens. A ce propos, le season finale se termine sur un sacré cliffhanger qui donne plus qu’envie de voir le début de la saison deux. Le Diable fait évidemment parti de cette mythologie, ainsi que Sam et tout ce qui entoure son âme. Mais chuuut, je n’en dis pas plus.

La première saison de Reaper est chouette. Pas révolutionnaire ni exceptionnelle mais elle a plusieurs qualités qui font passer un sympathique moment. C’est drôle, frais, rythmé et attachant. De plus, elle offre une galerie de personnages plus truculents les uns que les autres et chacun apporte sa pierre à l’édifice. Si la fin est plus dramatique, l’humour reste quand même le maître mot. Par ailleurs, le fait qu’une mythologie s’installe est une excellente idée car cela permettra de dépasser le cadre du schéma « âme à récupérer du jour » qui pourrait finir par ennuyer voire agacer sérieusement. Bref, une série pas prise de tête, assez agréable et qui donne la pêche.