Première série de la saison 2008/2009 à se terminer – du moins, première série que je regarde – Merlin vient de voir son treizième épisode diffusé samedi dernier en Angleterre. Je le reprécise, lorsque je fais allusion à Merlin (BBC), il s’agit donc de la nouvelle série avec Anthony Head et non pas de la mini-série étasunienne déjà traitée sur Luminophore. Aucun spoiler.

Comme j’ai déjà pu l’écrire, je suis une très grande amatrice des légendes arthuriennes. En plus, je suis bretonne ce qui fait que j’ai toujours un peu baigné là-dedans. Je n’irai pas dire que je suis incollable mais je connais tout de même les bases, voire un peu plus. Par conséquent, dès qu’une fiction décide de mettre en avant Merlin ou Arthur, je cours. C’est d’autant plus vrai que les séries de fantasy sont très rares sur le petit écran, même si une nouvelle vient aussi de débuter (Legend of the Seeker) dernièrement. Ceci pour placer le contexte, à savoir que j’ai commencé la série avec très grande joie.

Merlin est une série de BBC One comportant actuellement une seule saison de treize épisodes passés en Angleterre entre septembre et décembre 2008. Elle sera diffusée sous peu sur Canal+. Une seconde saison est déjà prévue donc il n’y a pas d’inquiétude à avoir à ce sujet. Du côté de la distribution, les fans de Buffy the Vampire Slayer reconnaîtront avec plaisir Anthony Head dans le rôle d’Uther Pendragon. De plus, ce n’est autre que John Hurt qui donne sa voix au dragon. Les autres acteurs principaux ne sont pas spécialement connus. Parmi les – très – secondaires, il est possible de toutefois noter la présence d’Eva Myles (Torchwood), Michelle Ryan (Bionic Woman), Santiago Cabrera (Heroes) ou encore de Joe Dempsie (Skins).

L’histoire est tout ce qu’il y a de plus simple. Merlin arrive à Camelot qui, visiblement existe déjà, se fait embaucher comme serviteur d’Arthur et apprend que sa destinée est de l’aider. Tout cela se déroule bien avant que les deux jeunes hommes ne soient les légendes que l’on connaît. Rien qu’à ce niveau, on réalise avec stupeur à quel point le mythe est dénaturé. Merlin qui sert Arthur, on aura tout vu. À vrai dire, les modifications sont très loin de s’arrêter là. Par exemple, Gwen (Angel Coulby), la fameuse Guenièvre, est elle aussi une servante aux ordres de Morgana (Katie McGrath), Nimueh représente au départ une sorcière cruelle, Arthur et Merlin ont le même âge, etc. Il y a de quoi s’arracher tous les cheveux en hurlant de désespoir et en criant à l’infamie. Pire, cette liste pourrait encore continuer sur des pages mais cela ne servirait à rien d’énumérer toutes les libertés prises avec le canon. Ce qu’il faut retenir est qu’il convient d’oublier tout ce qui s’apparente de près ou de loin à ces légendes de façon à ne pas être déçu. Aussi étrange que cela puisse paraître, je ne peux pas dire avoir été extrêmement énervée en débutant Merlin. Cette fiction se sauve par son absence de prétention et le fait qu’elle ne se prenne pas réellement au sérieux. Il s’agit d’une réécriture très libre cherchant juste à attendrir la famille. Cependant, même si s’écarter du mythe original est parfois une nécessité, à force de trop le faire on finit parfois par se perdre… Sinon, certaines personnes comparent cette nouvelle production à Smallville. L’analogie n’est pas innocente puisqu’il est également question de deux jeunes garçons avant qu’ils ne deviennent des héros. En plus, à l’instar de Clark Kent, Merlin arbore toujours du rouge et du bleu. Ceci étant, le ton fait surtout penser à celui de Robin Hood, un autre produit de la BBC. En d’autres termes, les épisodes cherchent à être drôlement sympathiques et sont truffés d’anachronismes et de fautes en tous genres.

Au risque de me faire lapider par les fans qui sont apparemment très nombreux, la première saison de Merlin est moyenne. Cela ne veut pas dire que je ne me suis pas amusée devant, nuance. C’est juste que les défauts sont assez nombreux. Le scénario est ultra-prévisible, les incohérences sont parfois tellement grosses qu’elles font plus rire que consterner, les personnages n’évitent absolument pas les stéréotypes et, comme noté plus haut, le respect des légendes arthuriennes n’est pas franchement présent. Quid de l’interprétation ? Elle est assez fluctuante selon les acteurs bien qu’elle s’avère dans l’ensemble relativement correcte. Colin Morgan paraît posséder un jeu suffisamment solide et nuancé pour offrir à Merlin toutes les chances de rayonner. Il en va de même pour Bradley James en Arthur, d’ailleurs. Pour l’instant, la série semble vouloir explorer la relation unissant ces deux personnages. Les embûches s’annoncent délicates pour le pauvre Merlin qui se fait constamment houspiller par son futur roi ! Autrement, sur la forme, les effets spéciaux sont assez risibles bien que là, à la rigueur, on puisse laisser couler dans le sens où le budget n’est pas si élevé que cela. En revanche, les gros points forts sont la musique composée par Rob Lane ainsi que le joli château, qui n’est autre que celui de Pierrefonds, dans l’Oise. Eh oui, Merlin est tourné en France. Du reste, le choix de cette construction symbolise parfaitement l’absence de véracité historique puisqu’elle n’a absolument rien de médiéval !

Pour conclure, Merlin propose une première saison se laissant regarder sans majeure difficulté à partir de l’instant où l’on a réussi à mettre de côté toutes ses connaissances concernant les légendes arthuriennes. La tonalité est surtout marrante, presque cocasse, dynamique et l’ensemble se veut fun à suivre, mais cette production ne réinvente absolument rien. En étant aussi orientée pour le public familial, il est évident que ce n’est pas là que l’on verra quelque chose de vraiment sombre. Les Anglais ont en plus complètement compris le mode de fonctionnement pour faire parler de leurs fictions puisque les scènes de fanservice semblent de mise afin d’émoustiller les fangirls ! Bref, voici treize épisodes accompagnés d’un joli générique assez divertissants à condition de ne pas être trop regardant. Et c’est déjà pas mal pour un début. Reste à la suite de concrétiser et d’approfondir les fondements.