Jotei | 女帝

Publié par | 22 décembre 2008

Premier article de la semaine spéciale Noël ! Puisque Haruka a demandé Jotei, je me suis donc appliquée à regarder le drama. Ai-je maintenant envie de la taper ? ^^

Il me semble que j’avais déjà vu une photo de Jotei sur un site de j-dramas mais je n’y avais guère prêté attention car ça ne me disait rien qui vaille. Pourtant, si j’avais pris le temps de lire le synopsis, je me serais peut-être laissée convaincre. En effet, le thème principal n’est autre que celui des bars à hôtesses. Avant de commencer, il est tout de même bon de présenter ce qui se cache là-dessous, histoire d’éviter toute ambiguïté. Pour faire simple, enlevez la dimension sulfureuse et ce sera déjà pas mal. Il est tout à fait « normal » pour des japonais d’aller dans ce genre de club après le travail. Chez nous, c’est évidemment inconcevable. Le japonais entre donc dans le club, paye une certaine somme et durant quelques temps passe un chouette moment en compagnie de jolies femmes. Mais ça marche aussi dans l’autre sens. Les femmes peuvent aller dans des bars à hôtes. D’ailleurs, Vampire Host (host comme hôte donc) est basé en partie là-dessus. Autre précision importante, il n’y a pas de sexe là-bas. En gros, on paye pour s’amuser « gentiment » avec de jeunes gens. Point barre. Après il peut très bien se passer plus que ça mais ce sera en dehors du club. Néanmoins, je parle ici de bar légaux, les clandestins eux font ce qu’ils veulent…
Le drama Jotei, connu aussi sous le titre Empress, est une adaptation du manga éponyme de Kurashina Ryô. Il fut diffusé en 2007 sur TV Asahi. Dix épisodes de quarante-six minutes composent la série. Aucun spoiler.

Katô Rôsa est Tachibana Ayaka. Sa mère morte et ayant souffert du fait de personnes haut placées, elle quitte son lycée et déménage à Ôsaka travailler comme hôtesse dans un club. Devenir l’ »imperatrice » du monde des hôtesses de Ginza !! Tel est désormais son unique but afin d’acquérir richesse et pouvoir et se venger.
Source : Wiki-Drama

Les bars à hôtesses et hôtes ne sont pas monnaie courante dans le monde des j-dramas. Ce qui peut se comprendre d’une certaine manière dans le sens où les séries japonaises privilégient davantage la rigolade et la romance. Bien sûr que l’on peut faire une série sur ces bars tout en accentuant à fond l’humour, les Japonais ont bien prouvé qu’ils pouvaient faire n’importe quoi avec n’importe quel sujet… ou presque. Toutefois, le sujet étant assez sombre, voire malsain dans certaines situations, il est tout à fait normal de s’attendre à une série de cet acabit. Ce qui est plus ou moins le cas. Le maître mot de Jotei n’est assurément pas l’humour. En y réfléchissant, je ne crois pas avoir ri, ni même souri parce que c’était drôle. Par conséquent, si vous êtes en recherche d’un drama vous faisant mal aux zygomatiques, ce n’est pas avec celui-ci que vous serez satisfait. Cependant, si le sujet amène forcément des situations pas toujours évidentes, le tout reste très politiquement correct, un peu trop à mon goût d’ailleurs. On pouvait en espérer plus, Jotei regorge tout de même de bons sentiments. Tout le monde n’y est certes pas gentil mais certains personnages frisent le ridicule. Mention spéciale à la meilleure amie de l’héroïne qui est bien trop parfaite pour être réelle. On ne peut pas dire que la série soit moralisatrice mais elle idéalise un peu trop le monde de la nuit. Le fait que les filles utilisent leur corps pour gagner de l’argent est à peine effleuré ce qui est dommage car il y avait moyen de pousser la réflexion à ce niveau.

Ceci étant dit, Jotei montre tout de même une vision intéressante de ce clivage entre les richissimes familles et les plus pauvres. On sent la différence des classes et elle semble poser parfois au problème au Japon. Un parallèle avec le monde de la politique est lui aussi mis en avant. Tout comme pour les clubs, là aussi il faut batailler pour grimper les échelons, faire des sacrifices et tenter de passer au travers des coups bats. Manipulations, malversations, corruptions… c’est leur quotidien.

Si le rythme de l’histoire ralentit au bout d’un moment, il est beaucoup trop rapide au début. A peine a-t-on eu le temps de dire ouf qu’il s’est passé un tas de choses. Le premier épisode va à une vitesse incroyable. Certes, les jours passent vite dans la série mais pour le téléspectateur il est difficile de s’en rendre compte. Si on ajoute en plus des personnages pas toujours très subtils, voire caricaturaux, cela peut poser souci quant à l’appréciation.

Malgré tout cela, le drama se laisse très agréablement suivre. L’héroïne, incarnée par Katô Rôsa, bien que parfois naïve, est attachante et touchante. Elle fait des erreurs et il est de temps en temps difficile de la comprendre mais elle ne lâchera jamais prise ce qui prouve une certaine force de caractère. Les embûches seront nombreuses, pas toujours très crédibles voire parfois totalement exagérées, mais la sauce prend et on est happé dans le monde de la nuit. Plus haut, je faisais allusion aux personnages caricaturaux, c’est surtout le cas chez les « méchantes ». C’est quand même too much par moment. Oui c’est japonais mais là ça donnait envie de rire. Sakai Ayana (Zettai Kareshi) est une vraie tête à claques jalouse durant tout le drama et son rire outrancier donne envie de la massacrer. En fait, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu des envies de meurtre devant ma télé. Jotei m’a rappelé à quel point c’était une sensation horrible ^^;;
Fort heureusement pour Ayaka, elle est aidée dans sa quête par plusieurs personnes. A commencer par Naoto, le yakuza ténébreux et absolument superbe ♥♥♥ (oups, excusez-moi). Interprété par Matsuda Shôta (Hana Yori Dango), il est une des pièces maîtresses de la série. Cependant, il n’est finalement pas si attachant que ça, ce qui s’explique en très grande partie par le scénario. Ce n’est pas du tout une critique en soi, je pourrais l’expliquer plus en détail mais je spoilerais dans ce cas donc je m’abstiens.

Comme d’habitude, le dramaphile averti reconnaîtra du monde. On peut citer par exemple Toyohara Kôsuke (Nodame Cantabile) qui joue ici le rôle d’un écrivain à succès ou encore Izumiya Shigeru (Engine), le fantôme du Sud. Celui qui marque les esprits, enfin les miens en tout cas, est Hayami Mokomichi (Zettai Kareshi) qui le temps d’un épisode endosse le costume d’hôte. Dire que ça lui va à ravir serait un euphémisme…

Au bout du compte, malgré des défauts comme un manque de subtilité, des méchants qui en font trop, une réflexion pas suffisamment poussée sur les clubs du genre ou un rythme trop rapide, Jotei fut une série plus qu’agréable à regarder. Elle permet de s’immerger dans le monde des hôtesses et donne au moins un aperçu de ce qu’il peut s’y passer. Évidemment, c’est édulcoré mais l’esprit du téléspectateur peut facilement faire le reste. Efficace, le temps passe très vite dans le drama donc, mais aussi en le regardant. Il n’y a pas de temps mort, les rebondissements sont très nombreux, du coup on ne s’ennuie pas une seule seconde.

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3 commentaires

Haruka le 22 décembre 2008 à 17:31.

Et ben dis donc, qu’est-ce que tu as une bonne plume O_o
J’aurai été incapable de résumer la série comme tu l’as fait, bravo :D ! Je vois qu’elle a tout de même 3,5 étoiles ! Tu n’as donc pas envie de me taper :3.

Je suis tout à fait d’accord avec toi et j’ai vraiment détesté les « méchantes »… Argh, elles étaient horribles. Je ne sais pas comment c’est dans la réalité mais il est vrai qu’entre les hôtes/hôtesses, il y a énormément de compétitions.
Chaque mois (ou semaines), je ne sais plus, il y a un tableau avec les hôtes qui marchent le plus et qui sont les plus célèbres. J’avais vu ça au Japon et je trouvais ça bizarre de voir pleins de beaux gosses (ou moches gosses :p) placés sur une grille avec des numéros. Bref, il y a beaucoup de compétitions et ça se fritte très facilement entre hôtes/hôtesses (genre : « hééé ! tu m’as piqué ma client(e) !! Tu vas voir, je vais te faire un sale coup ! Groumph ! »). Tout le monde aimerait avoir la première place.
Bon maintenant, je ne pense pas que ça aille aussi loin que dans la série ^^;;

Je suis contente que ça t’ait plu. Tu dois bien être la seule que je connaisse à aimer XD.

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Kerydwen le 23 décembre 2008 à 14:01.

Objectivement, la série ne mérite pas ses 3,5 étoiles mais plutôt trois. Sauf que je l’ai regardée à la vitesse de l’éclair parce que j’étais carrément dedans. Je pourrais tout à fait la revoir en plus. Depuis que j’ai écrit l’article (ça fait un petit moment maintenant), j’ai regardé quelques avis sur le net et j’ai l’impression que les avis sont assez tranchés. J’ai lu quelques personnes qui ont apprécié, et pour des raisons pas que superficielles (genre Matsuda Shôta).

ça bizarre de voir pleins de beaux gosses (ou moches gosses :p) placés sur une grille avec des numéros.
Ça fait « je viens faire mon marché » je trouve. Je serais totalement incapable d’aller dans dans un club comme ça parce que je ne pourrais jamais me détacher du fait qu’ils sont payés pour plaire. Le retour du bâton doit parfois être énorme après.

hééé ! tu m’as piqué ma client(e) !!
Mais est-ce que ça, ce n’est pas interdit ? Enfin disons plutôt pas dans le code moral des hôtes/hôtesses ? Parce qu’on le voit bien dans Jotei, quand une vole des clients, elle se fait limite virer.

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ASMA le 21 août 2010 à 10:22.

très grand film wow super

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