C’est parti pour le deuxième article de la semaine spéciale Noël. Greg a proposé Day Break donc ce sera cette série à l’honneur aujourd’hui.

Les journées n’étant malheureusement pas extensibles (quoique, dans certains cas c’est préférable !), il est impossible de tout regarder. Ce qui fait que des fois on laisse de côté des séries que l’on aurait peut-être tentées si on avait eu le temps. C’est ce qui s’est passé pour moi avec Day Break. L’histoire de départ ne m’intéressait que moyennement mais comme Adam Baldwin est un des personnages principaux, j’avais envie de tenter l’aventure. Sauf que la série a été annulée au bout de six épisodes. Diffusée en novembre et décembre 2006 sur ABC, Day Break devait remplacer Lost durant sa pause hivernale. Le premier épisode fut plutôt bien suivi mais les audiences ont par la suite dégringolé. La chaîne n’a pas traîné pour la supprimer de son antenne. Néanmoins, comme il restait alors sept épisodes non diffusés, ils furent alors disponibles en streaming sur leur site en janvier 2007. Ce qui fait donc que Day Break comporte une seule saison de treize épisodes. Bien qu’elle ait été annulée, la série a une fin, ce que je ne savais d’ailleurs pas. Du coup, si vous avez peur d’être frustré ce ne sera pas le cas. Du moins pas à ce niveau. Actuellement, la série n’est pas encore passée en France sur les chaînes hertziennes mais sur TPS Star, si. Aucun spoiler.

L’inspecteur Brett Hopper se réveille et s’apprête à passer un jour comme les autres. Or, à la fin de la journée il est accusé à tort du meurtre de l’assistant du procureur. Pire, il réalise dès le lendemain qu’il est retourné dans le passé et qu’il se retrouve au même stade que la veille. Inlassablement, cette diabolique journée se répète et il essaye à chaque fois d’empêcher ce crime d’être perpétré.

Dans 90% des cas, les épisodes ou les séries qui se répètent me tapent sur les nerfs. Voir 36 fois la même chose mais avec de subtils changements ou selon un angle différent… la méthode importe peu, je trouve souvent ça agaçant. Toutefois, certains arrivent à tirer leur épingle du jeu. Tru Calling était pas mal du tout par exemple, et je ne dis pas uniquement ça parce que j’aime bien Eliza Dushku. Day Break, elle, y arrive à merveille. La même journée se répète durant les treize épisodes voire plusieurs fois par épisode. Dans l’un d’entre eux, elle se répète même au moins une quinzaine de fois. Est-ce gênant ? Absolument pas. On sent à peine la répétition à vrai dire. La raison est simple, c’est parce que le héros, Brett, change souvent la donne et donc tout se modifie par la suite, mais aussi parce qu’on évite de nous montrer tout le temps la même chose. Il y a des ellipses volontaires et ça fait un bien fou. Parfois on les voit, ces fameuses répétitions, mais dans ce cas-là c’est surtout pour marquer la perte de motivation de Brett. Effectivement, si pour nous, voir la même chose plusieurs fois est embêtant, imaginons ce que vit le personnage. Au bout d’un moment il sature et envoie tout le monde sur les roses. La forme de la série permet de faire tout et n’importe quoi. Tous les personnages peuvent mourir puis revenir lors du redémarrage à zéro de la journée. Brett peut être à deux doigts de réussir quelque chose mais hop, il se réveille encore et doit tout recommencer. Sauf qu’il ne sait pas quand est-ce que sa vie reprendra son cours normal, si jamais elle le fait d’ailleurs. De ce fait, il ne peut pas se permettre de faire de graves erreurs. Il doit sauver tous les gens en danger, plus tenter en même temps de découvrir ce qu’il se passe. Peu à peu, la lassitude l’emporte et il finit par changer. À ce niveau, la série est très bien fichue. La forme est assurément une des grandes qualités de Day Break.

Concernant le fond, c’est beaucoup plus classique. Il s’agit tout simplement d’une enquête sous fond de conspiration. On a déjà vu ça, on le reverra encore. Mais la forme transcende le fond ce qui fait que l’on ne s’ennuie pas. Au fur et à mesure que les redémarrages de journée s’effectuent, les pièces du puzzle se mettent en place et on se rend compte que le moindre petit détail a son importance. Il y a un vrai effet papillon. Comme on l’entend très souvent dans la série, chaque décision a sa propre conséquence. À vrai dire, un second visionnage ne serait pas superflu, histoire de vraiment se rendre compte de ce « toutélié ». De plus, les rebondissements sont fréquents et quand bien même la journée se répète, on est toujours surpris. Chaque épisode repose en fait sur une thématique spécifique. Il y a par exemple « et s’il s’enfuyait », « et s’il coopérait », etc.
Le sériephile averti n’est pas non plus perdu puisque la série a quelques noms connus à son affiche. Pour commencer, le thème musical a été créé par Christophe Beck (Buffy the Vampire Slayer, Angel) et Mark Kilian. Le héros est interprété par Taye Diggs. Lors de la diffusion, il m’était totalement inconnu mais depuis, il incarne Sam Bennett dans Private Practice. Sinon, on retrouve donc Adam Baldwin (Firefly) mais aussi Victoria Pratt (Mutant X), Mitch Pileggi (The X-Files), Meta Golding (Criminal Minds) du côté des personnages principaux. Plus secondaire, les fans de Supernatural reconnaîtront sans problème ce cher Bobby (Jim Beaver).

Malgré un sujet assez difficile à mettre en place, Day Break parvient au final à capter l’intérêt du téléspectateur grâce à sa forme particulièrement soignée et un rythme soutenu. Le suspense est là, les rebondissements aussi et le casting est dans l’ensemble plutôt réussi. Par contre, la série est quand même un peu manichéenne par moments. Le héros est justement très gentil, malgré quelques défauts, et les méchants très méchants. Un petit peu de subtilité n’aurait pas fait de mal à l’ensemble. Néanmoins, c’est assez peu dérangeant car Day Break est tout simplement une série de pur divertissement. Pas très longue, ayant une fin correcte, elle vaut le coup de jeter un œil dessus pour peu que l’on aime bien le genre. Day Break est au bout du compte une grande partie d’échecs et la question est de savoir si Brett, en dépit de ses coups d’avance, parviendra à voir le lendemain arriver.