Dinotopia (mini-série)

Par , le 27 décembre 2008

Bien que Noël soit passé, on continue quand même la semaine lui étant dédiée quelques jours. Sweetpasta le voulait, Sweetpasta l’a donc, son article sur Dinotopia.

Retour sur une mini-série que je suivais avant de me considérer comme sériephile. Cette époque remonte à un petit moment, mais finalement, pas tant que ça. Dinotopia est comme vous l’avez deviné une mini-série. Néanmoins, fort du succès de celle-ci, une série hebdomadaire rapidement annulée a aussi vu le jour. L’ayant dans mes cartons, elle sera certainement traitée en 2009 puisque je me suis replongée dans l’univers pour ce billet. Plusieurs autres adaptations sous divers formats ont également été réalisées. Aujourd’hui, il ne sera question que de la courte production télévisée. À l’origine figurent les livres d’illustrations de James Gurney, les romans pour enfants étant apparus plus tard. Vous pouvez admirer sur le site de l’auteur de nombreuses images très réussies concernant Dinotopia. La mini-série, reprenant le microcosme dépeint par l’artiste, fut diffusée aux États-Unis en mai 2002 sur ABC et a reçu un Emmy Award pour les effets spéciaux. Elle comporte trois épisodes d’une heure et demie chacun. En France, elle est arrivée pour la première fois sur M6 fin décembre 2002 et la chaîne la repasse justement demain, dimanche 28 décembre 2008, dès 15 heures : cet article tombe à pic ! Aucun spoiler.

Karl et David Scott accompagnent leur père au cours d’un voyage en avion. Pendant qu’ils survolent l’océan, une étrange tempête s’abat sur eux et ils s’écrasent en pleine mer. Tandis que l’épave de leur engin coule, les deux frères réussissent à en sortir, mais leur père y demeure prisonnier. Une fois remontés à la surface, le temps s’est calmé. Épuisés et désespérés, ils aperçoivent des côtes au loin et parviennent à les rejoindre. Perdus au milieu de nulle part, ils vont alors de surprise en surprise, car ils découvrent qu’ils viennent de mettre les pieds sur une terre inconnue où les dinosaures vivent encore, peuvent parler et cohabitent pour certains avec la population locale. Les voilà arrivés à Dinotopia.

Lorsque Dinotopia démarre, le soin apporté aux effets spéciaux saute aux yeux. Il y en a beaucoup puisque 75 % de la production en comporterait, et ils sont parfaitement intégrés. Pourtant, il ne s’agit ici que d’une mini-série, pas d’un film à budget illimité. Quand bien même les années ont passé depuis et malgré les contraintes du format, ils demeurent d’une qualité plus que supérieure pour de la télévision. Le nombre de ces mythiques animaux aperçus tout au long de ces quatre heures s’avère également assez incroyable. Rares sont les scènes à ne pas en posséder et ils semblent vraiment réels. Impossible de ne pas évoquer l’un de ces héros, l’adorable Zippo, qui ressemble à une attachante créature plus vraie que nature. Ce dernier parle l’anglais et le français. Tout ce qui est robotisé est géré par The Jim Henson’s Creature Shop, une compagnie que les amateurs de Farscape connaissent forcément. Ainsi, 26, le petit dinosaure extrêmement mignon, est entièrement en animatronique. En résumé, d’un côté purement technique, la mini-série n’a pas lésiné sur les moyens et le résultat s’apparente sans aucun doute à une franche réussite. Si les animaux désormais disparus paraissent crédibles, les décors et maints paysages ne sont pas non plus oubliés. Par exemple, la capitale de Dinotopia, Waterfall City, est à couper le souffle avec ses cascades dévalant les différents monuments tous plus beaux les uns que les autres surtout que s’y ajoute une photographie légèrement fantasmagorique grâce à une image comme floutée. Outre une esthétique potentiellement artificielle, l’utilisation de maints effets spéciaux impose un sérieux handicap aux acteurs. Effectivement, parler à un reptile qui se borne en réalité à un écran vert ne doit pas être évident, mais dans l’ensemble, l’interprétation reste satisfaisante. Énième preuve que Dinotopia a décidément mis les petits plats dans les grands, elle s’offre le compositeur de musique Trevor Jones (Merlin) qui propose en l’occurrence une bande originale exaltante, presque épique, et délivrant un souffle aventureux plus qu’agréable.

Le visuel ne fait pas tout comme nous le savons que trop bien, le scénario a toujours son importance. Dans la mini-série, les deux se complètent à merveille. L’histoire de James Gurney est passionnante et l’adaptation, si elle a apparemment pris des libertés, est cohérente et vivifiante. Créer un monde où les dinosaures et les humains cohabitent est une idée intéressante. Dinotopia est en réalité une utopie comme son appellation l’indique clairement. Là-bas, la vie suit tranquillement son cours, il n’y a pas de guerre, le partage existe, une vraie harmonie est en place. Si, certes, les bons sentiments de la fiction sont inévitables, ils demeurent assez discrets et tolérables. De même, bien que les lois régissant la cité paraissent parfois naïves pour les êtres cyniques que nous sommes, on se plaît à penser que si elles étaient en application chez nous, une telle harmonie serait relaxante. En outre, le fait que les animaux soient intelligents et puissent parler est novateur et très sympathique. L’explication de leur présence à Dinotopia est tout à fait pertinente et l’on se met à rêver que quelque chose du même acabit se soit déroulé dans la réalité. On imagine alors ce que serait le monde si les dinosaures vivaient parmi nous. Enfin, pour ma part je n’ai pas attendu Dinotopia pour le faire ! La mini-série offre une vision optimiste et plutôt crédible. Puisque les humains ont évolué au fil des siècles, ces fascinantes créatures auraient aussi suivi leur propre cheminement.

Au début, Karl et David veulent repartir à tout prix chez eux. Encore marqués par la perte de leur père et n’ayant aucunement fait le deuil de leur vie d’avant, ils sont à fleur de peau et ne désirent pas s’immerger dans cette civilisation étrangère. Néanmoins, au fil du temps, leur point de vue change. Les deux frères ne réagissent toutefois pas de la même manière et leurs divergences s’accentuent considérablement tant ils se retrouvent déboussolés. L’un d’eux a beaucoup de mal à trouver de l’intérêt à ce monde peu moderne malgré l’attirance qu’il éprouve pour Marion, la fille du maire, tandis que l’autre finit par se découvrir et se laisser pousser des ailes. Loin de pouvoir se reposer sur leurs lauriers, ils doivent de toute manière aider la population menacée par quelques êtres sournois. Dans le rôle de David, Wentworth Miller (Prison Break) est certainement l’acteur s’en tirant le moins bien et il prouve qu’il s’est nettement amélioré depuis. Tyron Leitso (Being Erica) porte les traits de son frère Karl et Katie Carr (Heroes) celui de la douce et dynamique Marion. David Thewlis, quant à lui, incarne un homme nageant en eaux troubles et est, comme souvent, excellent. À mon grand étonnement, car je ne m’en souvenais pas du tout, on retrouve également Colin Salmon (Hex) en tant que chef de patrouille aérien. Eh oui, il y a aussi des dinosaures volants dans Dinotopia !

Pour conclure, la mini-série Dinotopia sonne presque comme magique aux yeux et aux oreilles. Le téléspectateur se laisse subjuguer par ce système utopique et il devient légitime de rêver s’y plonger un jour. Ne le nions pas, les mondes imaginaires et idéaux sont utilisés dans des livres ou dans d’autres supports depuis la nuit des temps, mais y inclure les dinosaures offre un certain renouveau agréable. Par conséquent, les trois épisodes se détachent de la masse alimentant la télévision. S’il est vrai que cette production ne se montre en rien parfaite, les quelques défauts tels qu’une morale bienveillante se tolèrent aisément au regard de l’aventure et du délice exotique qu’elle procure. Grâce à son rythme assez enlevé, son esthétique extrêmement soignée, son humour et les jolis sentiments qu’elle inspire, la mini-série est un excellent moyen de s’évader et de s’envoler dans un univers au final pas si étranger que le nôtre, et susceptible de parler aux enfants comme aux plus grands.


2 Commentaires

  1. sweetpasta• 30 décembre 2008 à 14:02

    Merci pour cette critique :) Que dire si ce n’est que je partage entièrement ton opinion ? Voilà une série que j’ai vue et revue et que je reverrai toujours avec plaisir.
    Il est vrai que je trouve les caractères des dinosaures un peu trop calqués sur ceux des humains et qu’on a une part non négligeable de bons sentiments… mais ça reste sympathique.

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  2. Caroline• 31 décembre 2008 à 15:03

    De rien Sweetpasta :).
    J’avais vraiment adoré à l’époque et en la revisionnant, j’avais un peu peur d’être déçue, mais non, du tout. Il faut aussi dire que le sujet est intéressant.

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