Enfin ! C’est ce que je me suis dit en terminant l’ultime épisode de The L Word. Mon défaut de vouloir toujours conclure ce que je commence m’a fait aller jusqu’au bout de cette série. Pourtant, j’avais envie de la lâcher depuis extrêmement longtemps. Je suis un peu masochiste sur les bords, je sais. Quoi qu’il en soit, maintenant, je suis soulagée. Ouf. La saison six, qui est donc la dernière, vient de se terminer lundi sur Showtime. Contrairement aux autres, elle n’est composée que de huit épisodes qui sont passés entre janvier et mars 2009. Contre toute attente, cet univers ne semble pas vouloir disparaître, car The Farm, une série dérivée, est prévue et devrait employer le pétillant personnage d’Alice. Les actrices Famke Janssen, Laurie Metcalf et Sarah Strange l’accompagneront dans l’aventure. Aucun spoiler.

La saison précédente était plus que ratée et c’est en n’attendant strictement rien, si ce n’est que ça défile vite, que j’ai entamé ce baroud d’honneur. Étonnamment, les premiers épisodes de cette année retrouvent quelque peu l’atmosphère propre à celle des débuts de la fiction. Mieux, les héroïnes redeviennent à peu près semblables à ce qu’elles sont supposées être et non plus ces caricatures infâmes ; les scènes humoristiques et légères sont préférées aux drames perpétuels et redondants. L’audience souffle immédiatement et se plaît à penser que l’ensemble se terminera en beauté, avec un joli retour aux sources. Certes, le résultat s’avère encore une fois largement discutable, plusieurs ficelles scénaristiques sont pénibles, mais la série ayant tellement habitué à pire que l’on se contente de ce que l’on a. Sauf que, chassez le naturel et il revient aux galops, cette accalmie ne dure que très peu de temps. Dès la moitié de la saison, The L Word retombe dans ses travers à vouloir trop en faire et à réutiliser des situations prévisibles et factices. Le personnage de Jenny en est plus ou moins responsable, d’ailleurs. Non, mais, franchement, avez-vous déjà été témoin d’une scène de baby shower aussi effrayante ? J’en ai encore des sueurs froides rien que d’y penser.

À vrai dire, la saison tourne autour de la névrosée Jenny, car il lui arrive quelque chose d’incroyable dès le départ, et, à partir de ce moment, l’intrigue fait marche arrière et propose de remonter dans le temps pour comprendre de quelle manière la jeune femme s’est retrouvée définitivement mal en point. Les épisodes utilisent artificiellement de multiples flashbacks et n’hésitent pas à attiser davantage la rancœur envers l’instable héroïne nous ayant fait pénétrer dans ce monde et modelé définitivement la production. Techniquement, le series finale est supposé expliciter en détail ce fil rouge se développant au long cours et répondre à maintes interrogations soulevées précédemment. Or, il ne le fait pas du tout, laissant donc les téléspectateurs dans le flou le plus total. Apparemment, ce final a énormément frustré les fans, ce que je peux tout à fait comprendre parce que même s’il rend hommage d’une très jolie manière à la plupart des personnages ayant marqué la série (Carmen, Marina, Tim, etc.), il n’en demeure pas moins à la limite du ridicule, inachevé et parasité par des scènes insipides. Dans tous les cas, voir l’insupportable Jenny subir de plein fouet les conséquences de son attitude est jouissif. Honnêtement, je ne peux pas dire avoir été déçue, car je n’attendais strictement, rien, mais, malgré son parallèle intéressant avec le pilote, cet épilogue s’avère très faible pour ce qu’il est supposé symboliser. À noter qu’un documentaire fut diffusé aussi lundi, retraçant ce microcosme et tout ce qui s’est déroulé dans la série. Je ne l’ai pas regardé – et ne compte pas le voir –, mais il peut réconforter les amateurs fort malheureux. Autrement, parmi les différents arcs, il serait possible de parler en long et en large du triangle amoureux que forment Jamie, Alice et Tasha et qui est utilisé jusqu’au bout histoire de rendre fou, de l’aspect extrêmement mélodramatique et très poussif entre Dylan et Helena, et de plein d’éléments peu enthousiasmants et stupidement illustrés.

Pour terminer, cette sixième saison de The L Word se révèle plus que moyenne et met fin à un essoufflement progressivement laborieux. En huit épisodes, il ne se passe presque rien de notable permettant d’en retirer quoi que ce soit de concret. Les personnages évoluent à peine, tournent parfois en rond, voire régressent, finissant par presque en devenir antipathiques. Il était vraiment temps de conclure la série et c’est dommage pour les fans qu’elle ne l’ait pas fait en beauté. La charmante Lucy Lawless (Xena: Warrior Princess) méritait également d’être mieux employée, elle qui s’apparente à un banal coup de publicité. Je ne comprendrai décidément jamais les choix de l’équipe créative. Quant à un bilan global de ces années, honnêtement, il n’est pas particulièrement bon pour trop d’inconstance. Certes, la fiction n’est pas dénuée de jolis moments, mais, en dehors de son cadre particulier et de sa représentation partiellement satisfaisante du monde lesbien, elle ne dispose guère d’éléments se montrant indispensables ou même suffisamment divertissants sur le long terme. La série a fait beaucoup parler d’elle pour finalement pas grand-chose. Elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même tant elle s’est fourvoyée dans des défauts trop nombreux supplantant des qualités pourtant indéniables.