Lorsqu’E4 annonça l’année dernière que la distribution de Skins allait totalement changer, beaucoup furent déçus. Certains ont même cru bon de préciser qu’ils ne testeraient pas cette mouture inédite. Personnellement, sans en être réellement fan, j’ai aimé les deux premières saisons ainsi que ses personnages (Sid, Chris et les autres). Toutefois, je me suis dit que de nouvelles têtes ne pouvaient pas faire grand mal, d’autant plus qu’on avait déjà pu au moins voir l’une d’entre elles en la personne d’Effy, la sœur de Tony. Ce Skins 2.0, constitué de dix épisodes diffusés entre janvier et mars 2009, s’est justement terminé il y a quelques semaines en Angleterre ; vaut-il la version originale ? Quelques spoilers, donc ne lisez pas si vous ne souhaitez rien savoir.

Comme écrit plus haut, j’ai débuté cette saison trois sans attente particulière et sans partir à reculons, grognant dans mon coin parce que je voulais retrouver les autres. Or, le constat fut rapidement mitigé tant celle-ci est très inégale et ne dépeint plus avec cette sincérité désarmante les tourments de l’adolescence. Le season premiere est dédié à tout le monde et permet de découvrir progressivement ces nouveaux personnages. Si certains sortent du lot puisqu’ils font beaucoup de bruit pour rien, d’autres restent un petit peu en retrait. Pas de panique, on sait qu’en raison du fonctionnement de la série, ils seront tous mis en avant à un moment donné. Concernant le ton de ce début, l’ambiance survoltée de la fiction est de retour bien qu’elle soit ici, bien trop exagérée et caricaturale. Ces premiers pas ont alors de quoi laisser perplexe, surtout quand les profs usent et abusent de réactions outrancières. Pire, l’humour potache et poussif se taille une part de lion au cours de cette introduction faisant littéralement peur et craindre le pire quant à la suite. Comme si Skins souhaitait que l’on éteigne définitivement sa télévision, le second épisode, dédié à Cook, est une horreur. Honnêtement, j’ai failli arrêter là-dessus et couper les ponts avec la série. Cet individu est irritant durant la totalité de la saison. Ce n’est pas tant parce qu’il est autodestructeur, mais plus parce qu’il en fait des tonnes. Il est possible de chercher perpétuellement l’attention et de sombrer dans des réponses émotionnellement surchargées sans tomber dans une attitude aussi grotesque, Effy en étant justement l’exemple le plus parlant. Quoi qu’il en soit, Cook est assurément le personnage le moins réussi de cette saison, et le plus pénible.

Excepté Cook, la saison ne s’en sort pas trop mal du point de vue de ses protagonistes, bien qu’elle n’égale en rien l’ancienne génération. Effy est semblable à sa réputation et je l’aime beaucoup, même si par moments son aspect mystérieux est un brin agaçant. Une des forces se trouve être le duo que forment Naomi et Emily. Dans les deux premières saisons, Maxxie était le représentant homosexuel et, cette année, c’est Emily. Mais si Maxxie s’assumait parfaitement, c’est un peu moins le cas d’Emily, probablement en partie à cause de sa jumelle, Katie, d’une fadeur assez inquiétante. Sinon, chez les filles on retrouve aussi Pandora que l’on connaissait déjà un petit peu. Bizarrement, elle offre un épisode intéressant alors qu’en apparence, elle paraît justement ne pas l’être. Quant aux garçons, outre Cook, deux de ses copains, Freddie et JJ, sont passés au crible. Sans être insupportables comme l’est leur congénère, ils ne sont pas non plus particulièrement charismatiques. En fait, Freddie est assez dur à cerner, car il plutôt renfermé, ce qui explique probablement pourquoi il peine à se révéler attachant. Pour terminer, il y a Thomas, qui parle français, il est sénégalais (ou camerounais, j’ai un doute), et est une vraie force tranquille. C’est un de mes personnages préférés de la saison, même si on ne le voit que finalement assez peu.

Pour conclure, tristement, les craintes induites par tous les changements opérés sont vérifiées au cours de cette saison. Le début est poussif et tombe malheureusement de trop dans la surenchère et la caricature. Certes, cela a toujours été un peu la marque de fabrique de Skins, mais là, le résultat est au-delà de tout. En prime, il s’avère assez difficile de s’attacher pour de bon aux personnages si ce n’est quelques-uns d’entre eux, Naomi et Emily en tête. Suis-je déçue ? Non parce que je n’attendais pas grand-chose, mais je pense que cet ensemble a certainement dépité une partie des fans de la première heure. Néanmoins, la saison prend peu à peu forme au fur et à mesure des épisodes et offre une fin plus maîtrisée, bien que non renversante. Au final, il est fort possible de s’arrêter à la deuxième année, on ne manquera pas quoi que ce soit.