Après avoir discuté dernièrement du tokusatsu GARO, il est l’heure de le remettre à l’honneur avec son spécial intitulé Byakuya no Majû, titre pouvant être approximativement traduit par la bête de la nuit blanche. Cette aventure inédite est constituée de deux parties de cinquante minutes chacune qui furent diffusées sur TV Tokyo les 15 et 22 décembre 2006. Il convient de visionner la série avant de lancer cet unitaire, même s’il paraît toujours possible de le regarder indépendamment du reste. En ce qui concerne GARO Gaiden: Egao, il s’agit d’un bonus totalement dispensable s’apparentant plus à un cadeau pour les fans. Aucun spoiler.

Alors qu’il continue de mener à bien ses affaires habituelles, Kôga se voit approcher par Rin, une jeune prêtresse Makai. Celle-ci lui demande de l’aider à sauver une amie décédée, piégée dans le royaume Makai et qui, finalement, n’est pas si étrangère au héros que ça. Pendant ce temps, une créature surnaturelle surpuissante ressuscite et cherche à plonger le monde dans l’obscurité la plus totale.

La série s’étant terminée convenablement, il y a de quoi être perplexe en commençant ce spécial. Que peut-il bien raconter ? Pour le coup, la fiction choisit de mettre sur le devant de la scène une Horror aux dents très longues et vraisemblablement fort coriace : le seigneur Legules. Le principal enjeu de Byakuya no Majû repose tout naturellement sur la destruction de ce vil démon et, pour cela, Kôga doit s’allier à un nouveau chevalier. C’est donc l’occasion de découvrir Yamagatana Tsubasa (Yamamoto Shôma), mais aussi de retrouver des valeurs sûres comme Rei venu en renfort et une personne que l’on croyait six pieds sous terre. À ce sujet, le retour de cet individu que l’on ne nommera pas pour ne pas dévoiler quoi que ce soit a beau être grossier, il n’en demeure pas moins franchement réjouissant. Passer du format initial très court à un autre bien plus imposant ne se fait malheureusement pas sans douleur. Effectivement, le rythme est ici vacillant et l’audience a de quoi régulièrement bâiller devant tant de répétition et de vide scénaristique. Le récit est convenu et manque singulièrement d’attrait pour convaincre de bout en bout. Il y a de quoi s’interroger sur l’intérêt de ce spécial, outre un probable aspect financier, car l’histoire n’apporte pas grand-chose à l’univers ou aux protagonistes. Certes, l’exploration se précise du côté des prêtres, mais en dehors de ça, que reste-t-il ? Le nouveau chevalier ressemble à une copie conforme de Kôga au début de la série, sauf qu’il est profondément antipathique et orgueilleux. Dans une certaine mesure, cela permet de montrer l’évolution du héros, mais cela semble bien ténu pour contenter. De même, quelques éléments sur la famille Saejima sont disséminés et offrent un éclairage sur la personnalité de Kôga. En tout cas, n’évoquons pas le cas du manichéen Legules d’autant plus qu’il ne dispose d’aucun charisme. Ce qui est peut-être le plus dommage, c’est que les interactions entre les protagonistes se veulent limitées. Où sont parties les répliques vachardes entre Rei et Kôga ? Zaruba se tait également bien trop souvent et Kaoru possède grand maximum deux minutes de temps d’antenne. Il paraît assez clair qu’il était difficile de l’intégrer à l’histoire, car elle n’a pas grand-chose à y faire, mais sa touche fait défaut. Toutefois, les femmes sont plutôt correctement exploitées, ce qui n’est pas déplaisant.

Au final, à travers son récit linéaire peu inspiré et insuffisamment riche, Byakuya no Majû est une déception. Manquant totalement de dynamisme et d’un quelconque intérêt, il ne parvient jamais à impliquer le téléspectateur qui a de quoi de s’ennuyer devant ces presque deux heures. Pourtant, la forme est supérieure aux épisodes précédents puisque les scènes de combats sont toujours aussi réussies et que les effets spéciaux sont de meilleure qualité qu’auparavant. L’ambiance propre à la série n’est pas oubliée, mais cela ne suffit pas pour convaincre. Bien sûr, à partir de l’instant où l’on a apprécié cet univers, il est naturel de souhaiter tester ce spécial, mais il a pour principale tare de laisse sur une note assez amère même si l’on rejoint avec plaisir des personnages sympathiques.