[Téléphagie] Trop de séries ?

Publié par | 16 avril 2009

Dans le monde des séries et tout ce qui gravite autour, il y a plusieurs choses qui m’embêtent. Il y a la notion de guilty pleasure comme j’ai déjà pu le dire dernièrement mais il y aussi ce perpétuel rabaissement des séries. Genre comme si elles étaient destinées à un public de décérébrés. Je m’explique. Beaucoup de personnes se plaignent de regarder trop de séries tv alors qu’elles regardent à très haute dose des films et lisent énormément. Du coup, elles mettent un frein parce que comprenons-nous, regarder des séries ça ne sert pas à grand chose tandis que des films si parce que ça enrichit sa culture cinématographique. Ok… c’est là où j’ai envie de me fâcher. La culture télévisuelle existe aussi hein. Elle n’a pas à rougir face à celle du grand écran. On peut très bien être un grand consommateur de films mais si ce ne sont uniquement que des films pourris, on n’en ressort pas forcément grandi. Du côté des séries il en existe qui rivalisent sans problème avec des films dit « intelligents, réussis ou ce que voulez qui fassent du bien à votre intellect si précieux ». Il est vrai que visionner une série demande plus d’engagement qu’un film car la durée n’est pas la même. Mais plutôt que de regarder dix films insipides on peut regarder vingt épisodes d’une série absolument extra. Et on peut aussi savoir conjuguer les deux sans aucun problème. J’en suis la preuve vivante :D

Depuis quelques années, la qualité des séries tv a fortement augmenté. Je suis d’accord sur le fait que si on regarde énormément de séries de qualité médiocre, séries que l’on range en plus dans ses guilty pleasure, on peut avoir l’impression de regarder trop de séries. Mais j’en reviens encore à cette notion que si ça plaît, où est le problème ? Ce n’est pas comme si on mettait sa vie ou sa santé en danger non plus. A partir du moment on ne vit pas à travers les séries (ou les films, les livres ou n’importe quel format amenant l’imaginaire) ça ne devrait pas poser de souci non ? Certains aiment passer une soirée tranquille devant une série alors que d’autres préfèrent aller au bowling. Cette seconde catégorie de population aura tendance à dire que les sériephiles sont de vrais geeks (faudrait peut-être savoir ce que veut dire ce terme dans ce cas) qui ne sortent jamais de chez eux et qui ne voient personne. Or on peut regarder les séries à plusieurs et réfléchir là-dessus (donc faire travailler ses neurones !). Et puis on peut aussi aimer faire les deux, tout simplement.

Tout ça pour pas dire grand chose en fait. C’est juste que tout à l’heure je lisais un blog de quelqu’un disant regarder beaucoup trop de séries et que ça ne servait à rien. Et depuis le début de l’année cette même personne avait vu plus d’une quarantaine de films, ce qui est quand même conséquent. Qu’on mette un frein sur les séries parce qu’on n’arrive pas à s’arrêter car trop addictif, et que du coup on mette en suspens certaines activités prévalentes (les études, le boulot, la famille ou que sais-je), là oui je trouve ça normal. Qu’on stoppe parce que les séries sont une perte de temps alors que les films non, là ça m’agace. Mais si vous voulez me démontrer par A+B que les séries sont en effet inutiles, n’hésitez pas. Ceci dit, ce serait étonnant que vous parveniez à me faire changer d’avis !

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8 commentaires

Carole le 16 avril 2009 à 13:37.

Rha, la perception de l’existence. C’est un dur combat sériephilique que tu abordes ici. Celui qui se construit aujourd’hui, l’intégration de la série comme un art à part entière, faisant partie de la vie de tous les jours. D’un côté, on peut toujours répliquer à ces mêmes personnes que le cinéma, c’est une perte de temps, il suffit que je demande à mon grand père, il n’aime pas cela! :biggrin:

Quant à la notion qualitative, qu’est ce qu’elle est prétentieuse. Films ou séries (ou livres, même), il y a le produit de base (à partir du moment ou c’est sur le marché, comme l’a si bien dit Van Hamme, cela devient un produit de consommation), que je dirais de bonne qualité ou convenable, on s’en fout, bref, qui est sympa et tout le tralala. Dans la masse, les pures bijoux sont bien rares et après, franchement, je n’ai pas envie de me farcir du Sopranos, The Shield et Mad Men à toutes les heures de la journées! Comme je n’ai pas envie de me mater 2001, Le Parrain II (car c’est celui que je préfère) ou que sais-je quel autre chef d’oeuvre, tout le temps. Cela consomme bcp d’énergie si on n’est pas passive (je ne le suis pas, et je pense bien que tu dois être comme moi). Une petite comédie romantique, un petit episode de Psych… Ce n’est pas de la grande série, mais je l’aime moi! :cheerful:
C’est super hypocrite et mensonger de dire que l’un vaut mieux que l’autre, et c’est encore pire de croire que quelque soit l’art dont il est question, il y a un niveau qualitatif plus élevé qu’un autre. Tous les supports sont avant tout de l’entertainment (oui, je n’ai pas honte d’aimer le blockbuster, mettre plein de frics qui pourrait sauver un pays d’Afrique est indécent, et alors? J’assume, si cela me procure 2h de bonheur). Il y a du mauvais (qu’il faut bien consommer, parfois volontairement, d’autres parce qu’on teste la marchandise), du moyen, du bon, de l’excellent, et les quelques incontournables. Quelle que soit la branche, au vu de la quantité produite, il faut être réaliste sur ce qui se fait, ne pas cracher dans la soupe, et prendre ce qu’on nous offre avec plaisir. Et si la personne n’est pas contente, qu’elle arrête sa télévision et qu’elle ne vienne pas impunément porter un jugement de valeur sur son voisin. Après tout, je ne comprends strictement rien à la peinture, mais si d’autres y trouve leur compte et prenne du plaisir, et bien je suis contente pour eux!

J’ai fait long! olala! On sent la geek, je pourrais dire. D’ailleurs, le mot ne signifie que passionnée. Je suis une geek de la série tv si on s’en tient à la définition de base!! :cool:

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Nephthys le 18 avril 2009 à 19:51.

C’est dingue ce que « regarder des séries » peut être perçu de façon perjorative… A chaque fois que quelqu’un vient chez moi et voit ma vidéothèque, j’ai droit à une remarque (+ ou – agréable à entendre :pinch: )…
Je trouve que je regarde beaucoup de séries dans le sens où j’arrive pas à m’arrêter quand j’entame qqch et que je manque de temps… Mais je n’arrêterais jamais par principe d’arrêter de regarder des séries sous prétexte que ca nous fait passer pour des gens sans vie sociale (tiens ce soir j’vais au bowling, ca ne m’a pas empêché de regarder le pilot de Caprica tout à l’heure :tongue: ) !
Comme tu le soulignes, on peut regarder une très bonne série plutôt que se farcir 10 navets (films) parce que ca fait « mieux » de dire qu’on est cinéphile plutôt que sériphile…
Ca m’agace ces préjugés concernant les séries…

Bref, les séries c’est bien et tant pis pour ceux qui trouvent ca débilisant…

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KNIGHT le 19 avril 2009 à 13:35.

Ah ben ça… Comme si ça allait être les autres, la société, les préjugés, qui allaient nous dire ce qu’ on doit lire ou regarder. JAMAIS pour moi. Je ne laisserai jamais qui que ce soit me dire ce qu’ il serait bon de lire ou regarder ou aimer. Mince alors…

Mais c’est vrai (et affreux) qu’ il y a un snobisme et une hérarchie entre les arts culturels, et que certains sont mieux vus que d’ autres, hélas. Comme le cinéma, ou tout devrait se voir adapter (même les séries) pour être « validé ». Ou la littérature. Les « fans de » littératures ou de livres n’ont plus ce genre de préjugés, c’est franchement dégueulasse…

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Kerydwen le 25 avril 2009 à 22:24.

Carole ~ Que dire si ce n’est que je suis tout à fait d’accord ? ^^

Nephthys ~ Je trouve d’un ridicule l’argument comme quoi un sériephile n’a pas de vie sociale. Pour certains ça doit évidemment être le cas mais ce n’est pas forcément lié au fait qu’il soit sériephile. L’un n’empêche pas l’autre. Après tout dépend ce qu’on appelle un sériephile aussi.

KNIGHT ~ Il est clair que globalement la littérature est vraiment bien perçue comparée aux séries mais certains genres sont montrés du doigt. Les jugements vont bon train pour les amateurs de SF, fantasy ou chick lit. Cela dit, j’ai toutefois l’impression, peut-être à tort, que les séries remontent un peu dans l’estime des gens. Qui sait, un jour la tendance sera peut-être à l’inverse ? :face:

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Carole le 26 avril 2009 à 13:42.

C’est ce que je pensais au sujet de la littérature. Quand on lit de la littérature de genre, on n’est pas forcément bien vu. On pourrait presque en dire autant si on est amateurs de comics. La BD franco-belge a l’avantage d’être de chez nous, et un peu plus implanté, et le manga a connu une belle explosion (le jugement, dans ce cas-là, m’apparait plus en fonction de l’âge). J’avais pas noté pour la chick lit, mais il faut dire que ce n’est pas un rayon que je fréquente énormément. A mon avis, cela vient du fait que c’est en explosion en ce moment, et que le phénomène Twilight n’a pas aidé.
Je suis d’accord sur le fait que la série tv est de plus en plus intégré. Ca fait partie des conversations aujourd’hui. Cela a encore juste le statut de simple loisir, faisant passer le temps, je pense, mais vu l’évolution du programmes tv, c’est normal, je dirais, cela s’installe petit à petit dans les moeurs et dans notre culture.

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KNIGHT le 1 mai 2009 à 11:07.

Ah oui, c’est vrai. Même la littérature de genre souffre de préjugés. (mais je ne pensais pas à elle en écrivant… ) :smile:

Et pour les comics, je suis tout à fait d’accord ! Hélas… Parce qu’ on a tendance à rabaisser le comic aux histoires de Super-héros, ce qui n’en constitue que 60-70% de la production, qui pioche dans tous les registres elle aussi. Et même les histoires de Super-héros… Mais que voulez-vous, les préjugés et idées toutes faites sont tenaces. Moi-même, j’ en suis resté à l’ idée Shojo = triangles sentimentaux et histoires « fleur bleue » pour filles… :lol:
(mais c’est parce que j’ en lis pas et m’intéresse pas au sujet)

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KNIGHT le 1 janvier 2011 à 12:24.

Je me disais aussi, j’avais déjà dû répondre à ce sujet. Qui est revenu sur le tapis me concernant dernièrement.
En fait, dans le terme « Séries TV », les gens retiennent surtout le mot « TV ». Ca passe à la TV (d’abord), dont ça veut dire qu’on regarde beaucoup la TV. Mais bon, comme en général, ça vient de personnes qui disent ça, mais n’y connaissent rien (ben oui, parce que pour pouvoir s’y connaître, il faudrait, comme nous, beaucoup en regarder, lol), ce n’est pas très important. En plus du fait qu’on hiérarchise les arts, qu’un art nouveau a toujours dû au début se battre pour gagner sa légitimité par rapport aux précédents.

Sinon, malheureusement, ce n’est pas vraiment en ce moment avec la production sérielle actuellement diffusée qu’on peu défendre la Sériephilie…

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Kerydwen le 4 janvier 2011 à 21:09.

J’avais oublié cet article tiens ^^;
Tu mets l’accent sur quelque chose d’intéressant dis-donc. C’est clair que le mot télévisé doit probablement jouer chez les gens. Tu regardes trop la télé, tu es affalé devant en mangeant des chips, tu es donc un bon à rien qui glande.

J’imagine que tu fais référence aux séries américaines ? Parce qu’autrement, quand même, je trouve qu’on a de la qualité. Ceci dit, c’est clair qu’aux Etats-Unis c’est un peu une période creuse, après les années 90 – début 2000 qui ont été super fastes. Faut être optimiste, c’est reculer pour mieux sauter ? ^^

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