L’année dernière, je n’avais pas pris la peine d’écrire mon bilan concernant la saison deux de Heroes. Elle m’a paru tellement nulle que j’avais la flemme de me pencher dessus. Finalement, cette fois-ci, je décide de rédiger celui de la troisième. Cela veut-il dire que je l’ai appréciée ? Bonne question ! Je me rends justement compte que je n’ai jamais vraiment discuté de cette production. Comme beaucoup, je l’ai commencée lors de ses débuts. Je l’ai trouvée tout à fait convenable et rondement menée. À l’époque l’engouement était vraiment énorme et tout le monde vantait ses qualités, voire se montrait excessivement positif. D’aucuns criaient même au génie en la citant comme la fiction de 2006 ; voyons, les nouveautés que furent Friday Night Lights ou encore Dexter lui étaient largement supérieures – autant sur le court que sur le long terme, d’ailleurs. Bref. Ces derniers mois, les multiples rebondissements en coulisses de Heroes ont fait couler beaucoup d’encre. Entre le créateur s’excusant publiquement de la nullité de sa série – oui, oui, tout est possible ! – et les scénaristes quittant le navire les uns après les autres, les journalistes ne savaient plus où donner de la tête. Quoi qu’il en soit, il est aujourd’hui question de la troisième saison, constituée de vingt-cinq épisodes – dont un season premiere double – diffusés sur NBC entre septembre 2008 et mars 2009. Aucun spoiler.

Malgré mon défaut de toujours aller au bout des choses, je me suis demandé si je comptais regarder ces aventures inédites. Puisque j’en parle ici, c’est que je m’y suis mise. Honnêtement, après la première semaine, j’ai failli lâcher l’affaire. Diable, la qualité est inférieure à celle déjà fort moribonde de la saison précédente. Pourtant, je ne pensais pas que Heroes pouvait tomber plus bas. Cette nouvelle année est divisée en deux chapitres. Le premier, du 3×01 au 3×13, est intitulé Villains, et le second, du 3×14 au 3×25, Fugitives. Dans Villains, rien ne mérite d’être sauvé. Franchement… qu’y a-t-il de vraiment réussi ou même tout simplement d’un peu satisfaisant ? J’ai beau me creuser la tête, je ne vois rien. Les Petrelli cherchent à s’entretuer, des ennemis s’échappent et oublient d’être intéressants, Hiro pousse la caricature encore plus loin avec ses secrets familiaux et, au bout du compte, les personnages sont quasiment tous stupides et pathétiques. À croire que dans Heroes, il est impossible de conserver un caractère cohérent plus d’un épisode. Celui qui m’a probablement le plus agacée est Mohinder. Certes, il a toujours été un boulet, mais ici, il est proprement ridicule. Comment peut-il passer d’un scientifique plus ou moins sensé à ça ? Des opportunités surhumaines lui sont offertes et il subit simultanément un lavage de cerveau. Heroes, ou comment fiche en l’air ses protagonistes. Le seul demeurant jusque-là à peu près correct était Sylar. Sauf que là aussi, ça coince. Il devient très vite pénible et perd en charisme. Des rebondissements crédibles ? Euh… Des révélations ? Mais bien sûr. Pour faire simple, c’est du gros n’importe quoi.

Le volume sur les fugitifs démarre bien avec cette tentative pour ses héros de retourner à un semblant de normalité. Le récit se pose, évite les écueils habituels et injecte un vent d’espoir bienvenu. J’étais très étonnée en regardant l’épisode du début de cette nouvelle partie. Évidemment, elle sombre ensuite encore une fois dans la médiocrité tandis que Sylar use avec son envie de reconnecter avec son père, avant d’agir n’importe comment. On est dans Heroes ou l’on ne l’est pas. Le season finale est consternant. Oui, les scénaristes osent tuer un personnage principal. Comme c’est triste. Il est vrai que cet individu se révèle agréable tout au long de la saison, en plus. Que d’émotions. J’en ai eu le souffle coupé. Je n’avais pas été aussi effondrée depuis la conclusion de Tarzan, ma série culte. Les relations entre les protagonistes, la psychologie de ces derniers, les dialogues et je ne parle même pas de l’écriture narrative… tout ou presque mérite d’être jeté. C’est quand même hallucinant. Le pire, c’est que ce n’est pas de la mauvaise foi de ma part ou que je tape effrontément sur cette production poussive. Je ne suis pas du genre à porter en grippe une fiction, mais là, on se demande ce qui se trame au sein de l’équipe créative. Ses membres paraissent se remettre perpétuellement en question, mais plus le temps passe, plus l’ensemble s’enfonce dans les abysses du néant.

Pour résumer, êtes-vous tristes que TF1 n’ait pas encore diffusé cette troisième saison ? Ne le soyez pas ! Si vous avez trouvé la deuxième minable, celle-ci vous semblera être l’Enfer. La plupart du temps, les personnages agissent comme des idiots, font exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire et retournent leur veste douze fois par jour. Les épisodes durent-ils vraiment quarante-deux minutes ? Pour ma part, j’ai cru tout au long de l’année qu’il y avait au moins quinze, voire trente minutes de plus. Alors, oui, le scénario n’est pas dénué d’idées créatives, mais elles sont presque toutes nulles. Le voyage initiatique de Matt ? L’espèce de mythologie qu’Angela Petrelli nous balance ? Le bordel pas possible que mettent quelques Petrelli, essentiellement en début de parcours ? La transformation délicieuse de Mohinder ? Eh bien, dans ce cas, Tim Kring et moi n’avons pas le même avis sur ce que sont de bonnes intrigues. Bref, Heroes n’est qu’incohérences et médiocrité.