Bon, ce bilan aurait dû être écrit depuis plusieurs mois, mais finalement, il arrive même après le début de la saison cinq aux États-Unis. Zut. Bref. Réparons donc rapidement cette erreur en traitant aujourd’hui la quatrième année à l’antenne de Supernatural, la série de The CW avec les frères Winchester. Composée de vingt-deux épisodes, elle fut diffusée sur la chaîne entre septembre 2008 et mai 2009. Pas vraiment de spoilers, disons quelques allusions subtiles.

À mon avis, nous sommes un certain nombre à avoir été étonné par cette saison. Pour beaucoup, la surprise fut agréable. Personnellement, elle le fut, et pas qu’un peu. Je me rappelle que lors du tout début de Supernatural aux États-Unis, peu de monde en parlait. Étant très friande de fantastique et aimant bien regarder deux hommes pas moches du tout combattre les démons et autres créatures, il ne m’en a pas fallu beaucoup plus pour que je tente l’aventure. La fiction a ensuite pris son envol sur le Net, avec un tas de fangirls. Supernatural a ainsi toujours été pour moi une production sympathique comme tout, assumant fièrement ses faiblesses et devant laquelle il est facile de se divertir. Je ne m’attendais donc pas du tout à un résultat pareil avec cette saison quatre. Oui, parce que figurez-vous que la série passe à un niveau supérieur. En fait, durant l’intégralité de cette année, quasiment tout est maîtrisé. Je pense en particulier à la mythologie montrant par la même occasion qu’elle tient plus que bien la route. Et pourtant, lors de l’arrivée d’un certain Castiel, le public a de quoi avoir des palpitations et moult sueurs d’angoisse. J’avoue avoir eu vraiment peur, me disant que l’intrigue générale tournerait rapidement en eau de boudin. Eh bien, non, du tout ! Au contraire, car ce ressort scénaristique, qui s’avère vraisemblablement parti pour s’installer jusqu’à la fin de la fiction, est intéressant et permet certains développements bien vus. Par ailleurs, Supernatural est plus sombre qu’auparavant. Certes, il reste toujours Dean et son humour inénarrable, mais… oui, subsiste un mais. Dean en prend plein la poire durant cette saison et il n’est pas un être divin. Lui aussi a des faiblesses et ce n’est pas parce qu’il semble perpétuellement faire le zouave que cela signifie qu’il n’est que ça. À vrai dire, cette salve d’épisodes explore à merveille Dean ainsi que la dynamique l’unissant à son jeune frère. Et comme dans toute relation, il y a des hauts, des bas, et c’est cette année que les bas paraissent les plus importants. Ce constat se révèle au bout du compte normal puisqu’il fallait bien que les frictions surgissent à un moment donné. Bien qu’ils permettent de densifier l’ensemble, ces disputes, déchirements et non-dits brisent le cœur, littéralement.

Outre l’arrivée de Castiel ayant fait fondre de nombreuses personnes (mais si vous, vous, et encore vous – et moi !), plusieurs autres individus débarquent, tous de la même trempe. Je crois avoir un faible pour Uriel. La lectrice de mangas en moi ne peut s’empêcher de comparer tout ça avec Angel Sanctuary. La vision globale est finalement plus ou moins similaire, tout du moins dans les grandes lignes. Vivement qu’on en sache plus dans la saison cinq ; en tout cas, ce type d’univers me botte bien. (Ah… le problème avec ces bilans sans spoilers est que je marche sur des œufs et j’ai l’impression que rien n’est jamais clair.) Sinon, quelques protagonistes absolument savoureux refont surface et délivrent parfois des moments glaçants. Hmm, comment ça, je fais référence à l’épisode 4×16, On the head of a pin. Nan, vous croyez ? Mais pas que. Au milieu de cette tristesse et de ces affrontements en tous genres, on a aussi le droit aux fameux épisodes drôles. J’ai toujours bien aimé ce genre d’aventures colorées dans Supernatural. Comment ne pas rigoler avec le délicieux ours en peluche, durant les cours de sport, ou face au récit parlant du wincest ? Mais, mine de rien, sous couvert des blagues en rafale, on retrouve souvent derrière un pan de mythologie ou des petits éléments qui auront leur importance par la suite.

Bien sûr, la saison n’est pas parfaite. Par exemple, elle fait probablement trop passer Sam pour un méchant. Les fans de ce personnage semblent à juste titre un peu déçus de voir leur chouchou être traité de la sorte. Il paraît en effet parfois assez difficile de vraiment comprendre pourquoi il se comporte comme il le fait. Il aurait été préférable de le mettre plus en avant et d’illustrer davantage ses doutes, craintes et ce qui le travaille. En réalité, la série tourne beaucoup autour de Dean. Je ne me plains pas de ça, Dean est mon favori, ainsi que l’excellent Jensen Ackles, mais quand même, un juste milieu entre les frères serait judicieux. Sinon, j’ai trouvé le season finale un tant soit peu faiblard en raison d’un manque d’action et de dialogues et discours bien trop omniprésents. Pour une conclusion de chapitre, j’attends généralement plutôt l’inverse.

Pour résumer, sans aucune hésitation, la saison quatre de Supernatural est nettement supérieure aux précédentes. Plus aboutie, plus profonde, elle sait prendre ses marques et montre qu’elle détient ce qu’il faut pour tenir la route. Les Winchester sont toujours aussi charismatiques et interprétés avec brio. C’est là que l’on constate vraiment le parcours depuis les débuts de la fiction, et cela fait grandement plaisir. La série parvient de nouveau à bien doser les passages sombres et intenses avec d’autres, plus légers et fun. En outre, les réparties de Dean, mais également celles d’autres personnages, sont autant savoureuses qu’auparavant. Enfin, je pense que peu me contrediront quant au fait que la bande-son est super bien fichue. On fait difficilement mieux ! Normalement, la saison cinq devrait être la dernière, mais il reste à voir si The CW ne va pas y mêler son nez pour des raisons qui paraissent, malheureusement, évidentes.