LIAR GAME | ライアーゲーム (saison 1)

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Alors que la deuxième saison de LIAR GAME ne va plus tarder à débuter au Japon, parlons donc de la première. Diffusée entre avril et juin 2007 sur Fuji TV et comportant onze épisodes, elle semble avoir marqué les esprits, mais nous savons tous que cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agit là d’une série de qualité. À noter que ses épisodes durent en moyenne 35 minutes – exception faite du dernier qui s’étale, lui, sur deux heures et demie ! Comme c’est souvent le cas, à l’origine on retrouve un manga ; créé par Kaitani Shinobu, il porte le même nom et est toujours en cours de publication au moment où ce billet est posté. Aucun spoiler.

Kanzaki Nao est une jeune femme honnête et assez naïve. Un jour, elle reçoit cent millions de yens dans une boîte contenant également une mystérieuse carte. Celle-ci lui annonce qu’elle a été choisie pour participer au jeu du mensonge, le liar game, dont le but est de s’accaparer la part de tous les participants. Tandis que le gagnant remportera l’ensemble de l’argent volé aux autres, ceux-ci seront criblés de dettes. Voulant à tout prix se débarrasser de ces billets maudits, Nao contacte un de ses anciens professeurs mais elle débute sans le savoir le liar game… Accompagnée d’Akiyama Shinichi, un ancien escroc à qui elle a demandé de l’aide en désespoir de cause, elle tente de se sortir de cette situation inextricable.

   

Bien que ce j-drama soit régulièrement cité dans les incontournables, ce n’est pas forcément cela qui m’ a donné envie de le regarder. Il faut avouer que malgré le synopsis assez novateur, l’affiche n’est pas particulièrement attirante. En réalité, c’est plutôt sa distribution qui a titillé ma curiosité. Vous devez déjà connaître mon faible pour Matsuda Shôta, et il se trouve qu’il endosse ici le premier rôle masculin avec une certaine solidité. Akiyama Shinichi est un jeune homme discret mais qui, dans le tournoi mensonger, a bien un, voire deux tours d’avance sur tout le monde. Fraîchement sorti de prison, il connaît toutes les ficelles de l’escroquerie et se révèle être un fin stratège. C’est un vrai délice que de le suivre tout au long de la série tant il paraît imperturbable et intelligent. Son côté mystérieux pourrait agacer mais ce n’est pas du tout le cas. De plus, la relation qu’il entretient avec Nao, l’héroïne, est intéressante dans le sens où tous les deux se complètent parfaitement. L’une permet à l’autre d’être plus humain et altruiste pendant que le second lui donne la possibilité de ne pas trop se faire rouler en toute beauté. À ce propos, la jeune femme est interprétée par Toda Erika que j’aime décidément de plus en plus. Je l’avais vue dernièrement dans Hana Yori Dango où elle m’avait prodigieusement agacée, preuve que son rôle en était la cause. Nao est naïve et croit beaucoup trop en l’être humain. À vrai dire, elle aussi a tout pour irriter puisqu’elle peut être parfois très sotte. Malgré tout, elle demeure attachante parce qu’elle dispose d’un certain caractère, est rafraîchissante et qu’en dépit des apparences, elle a plus d’un tour dans son sac. Ce duo est sans conteste le ciment de LIAR GAME et, heureusement, les deux sont globalement charismatiques ensemble comme séparément. Toutefois, d’autres protagonistes assez importants gravitent autour de Nao et Akiyama, même s’ils ne sont en définitive guère creusés. En y réfléchissant, tous possèdent quasi systématiquement une caractéristique commune : un grain de folie. La série met ainsi en avant un tournoi du meilleur menteur. Certains excellent alors que d’autres n’ont clairement pas leur place dans ce jeu retors auquel ils n’ont justement parfois jamais demandé d’en devenir acteur à part entière. Celui à la coupe au bol, Fukunaga (Suzuki Kôsuke), surnommé si affectueusement par les autres compétiteurs d’un sobriquet très adapté, peut parfois être usant en raison de son rire franchement exagéré ; il reflète justement une caractéristique de LIAR GAME susceptible d’irriter plusieurs. C’est effectivement dans ce genre de moments que ceux ne supportant pas l’exagération nippone risquent d’avoir des envies de casser leur télévision. Néanmoins, pour ma part j’ai plus trouvé ça drôle qu’énervant parce que cette emphase participe à l’ambiance excentrique. J’avoue avoir eu un faible pour Eri (Kichise Michiko – Guilty, BOSS, Bloody Monday), une des femmes s’occupant du tournoi. Classieuse, elle a un rôle plus important qu’elle ne le laisse paraître et symbolise l’ambiguïté de la série où les mystères s’amoncellent sans que de réponses directes ne soient données. Effectivement, qui se cache derrière cette organisation – l’homme portant les traits de Kitaôji Kinya (Karei Naru Ichizoku) ? Que veulent les membres de ce clan ? Pourquoi Akiyama est-il si prépondérant dans les discussions ? Tant d’interrogations presque frustrantes lorsque l’on réalise qu’elles ne seront pas élucidées dans l’immédiat.

Indéniablement, le point fort de LIAR GAME est son scénario alambiqué multipliant les retournements de situation et les plans machiavéliques. La série n’est pas en avare en suspense et l’on se fait régulièrement mener en bateau avant de vraiment comprendre ce qu’il en est. Chaque protagoniste essaye dès lors de doubler les autres afin de remporter la mise et ne pas se retrouver dos au mur, avec cent millions de yens à rembourser. Dépeignant les pires défauts des êtres humains, les épisodes mettent en avant la jalousie, la cupidité, l’avarice et tous les autres fameux péchés capitaux. Par ailleurs, les tactiques sont aussi diverses que variées et la caméra n’hésite jamais à les illustrer de manière à ce que le téléspectateur puisse y adhérer. Que l’on se rassure immédiatement, il est logique d’avoir peur de ne pas suivre et de ne pas comprendre compte tenu du niveau de manipulation, si ce n’est que la série pallie aisément ce problème. Elle prend effectivement le temps de toujours détailler les stratégies avec de courtes scènes animées se révélant pédagogiques, drôles et en parfaite adéquation avec le reste. Quant aux autres, ceux détenant un esprit vif et quelque peu sournois, ils ne devraient pas non plus avoir l’impression d’être pris pour des idiots à qu’il faut tout expliciter dans le détail tant la fiction fait honneur à l’intelligence de son public. LIAR GAME repose quasi exclusivement sur une guerre psychologique addictive où chacun tente de prendre le contrôle du tournoi, quitte parfois à y perdre la raison. Les personnages se testent, angoissent, deviennent hystériques et beaucoup d’entre eux tombent comme des mouches face à ces mensonges parfois éhontés. Pour le spectateur, cette guerre des nerfs est plutôt jouissive d’autant plus que la série possède une réalisation assez frénétique, dotée d’une musique nerveuse composée par Nakata Yasutaka et parfaitement adaptée à l’ambiance. Le mélange donne un résultat fort réussi surtout que, visuellement, il est indubitable que le j-drama cherche à s’offrir une esthétique soignée en utilisant de nombreux filtres de couleurs et en travaillant ses décors. Le seul véritable reproche que l’on pourrait émettre est que le dernier épisode aurait dû être nettement raccourci. Sur les presque trois heures qui le composent, il n’y a que très peu de matériel neuf puisque tout le reste n’est qu’un résumé condensé des épisodes précédents. L’intérêt est donc quasi nul et franchement dispensable.

Au final, LIAR GAME possède une première saison solide, intelligente, plutôt bien écrite et psychologiquement intense. Sans conteste, ce j-drama riche en tension sort du registre habituel de la télévision japonaise ; et lorsque l’efficacité est aussi prégnante, il est logique d’être charmé par cette atmosphère frénétique un brin décalée, le tout étant en outre accompagné d’une réflexion pertinente sur la nature humaine. Bien que la série possède quelques aspects plus discutables tels que des tics de réalisation et une interprétation outrancière de la part des personnages secondaires, ce sont des détails qui ne gênent aucunement le visionnage mais qui accentuent peut-être davantage la loufoquerie machiavélique – à condition d’adhérer à ce parti pris, naturellement. Si Nao semble être l’héroïne, le vrai héros est assurément Akiyama, toujours tout en retenu et représentant un fin manipulateur plus que plaisant à suivre. La seconde saison de ce thriller arrive donc prochainement et sera accompagnée d’un film. Vivement que l’on puisse voir tout ça~


4 Commentaires

  1. Nakayomi• 28 septembre 2009 à 11:32

    Je ne savais pas qu’il y aurait une saison 2…
    Pour Nao, quand même, son côté totalement naïf pourra donner des envies de défenestrations à plus d’un(e) tout comme le rire de Fukanaga (dont moi… Perso, j’avais envie de couper le son…). Mais bon, ce sont des défauts qu’on passe tant on est pris dans l’engrenage de la série, totalement addictive. Pour le final, j’avoue que j’ai fait « avance rapide » sur tout ce qui n’était pas inédit (y’a des fois où je me dis que c’est quand même exagéré ces épisodes compilations… Suffisait finalement de ne regarder que le dernier épisode !)

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  2. KNIGHT• 28 septembre 2009 à 12:26

    Par manque de temps, et parce que je ne sais pas toujours où les trouver, je ne suis pas très « dramas » japonais. Mais celui-ci, je le connaissais de nom (par contre je sais plus où j’avais lu un article dessus), et je me disais que ça devait être pas mal, comme série !! :)

    L’ idée est en effet pas mal, et donne pas mal de possibilités pour développer l’histoire. Ils sont assez forts pour ça, les Japonais, donner des concepts puissants à même de donner une bonne histoire (Battle Royal, Death Note, DOUBT… )

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  3. Haruka• 28 septembre 2009 à 21:09

    Aaaaaah Liar Game ^____^
    Et oui, je poste moins ces temps-ci car tu regardes trop de choses et j’ai du mal à te suivre XD
    Je regarde pas trop de drama depuis pas mal de temps en plus :s.
    Un gros coup de coeur pour Liar Game ^^. J’aime beaucoup cette série et je suis complètement fan du générique qui est sublime ! Autant le son que les images. Et puis Toda Erika est super mimi dans le générique *o* ! Elle est bien dans Liar Game et bien sûr, Shota est excellentissime *o* !

    Je ne sais pas si je suis la seule mais j’adoooooore Fukunaga. En fait, ça doit être un de mes personnages préférés. C’est vrai qu’il est carrément énervant avec son rire exagéré, il est fourbe, il peut avoir tous les défauts mais il me fait énormément rire. Je me souviens que je n’arrêtais pas de rigoler dès que je le voyais. Je suis fan de son surnom et j’ai adoré qu’il y ait un autre type qui l’imite à la fin. Sans lui, la série ne serait plus la même XD. C’est comme Nodame Cantabile… la série ne serait pas la même sans Masumi XD
    Vivement la saison 2~~

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  4. Caroline• 26 octobre 2009 à 1:10

    @ Nakayomi ~ Idem, j’ai fait avance rapide. Je ne comprends pas trop l’intérêt quand même. Les Japonais auraient-ils une mémoire digne d’un poisson rouge Alzheimer ?

    @ KNIGHT ~ Eh bien, ça pourrait être l’occasion de se jeter dans le grand bain des j-dramas, non ^^ ?

    @ Haruka ~ Pour ma part, je n’adore pas Fukunaga ^^;; Il m’a fait rigoler et j’ai hâte de le retrouver en saison deux cela dit.
    Ah, Masumi… *.*.

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