Il y a de nombreuses années, je suis tombée en fin d’après-midi sur un épisode d’une production que je ne connaissais que de nom, Xena: Warrior Princess, rebaptisée en Xena la Guerrière en français. À l’époque, j’avais trouvé ce que j’avais visionné particulièrement sympathique. Malheureusement pour moi, le lendemain il n’y avait plus rien, TF1 avait effectivement stoppé net la diffusion. Depuis, la chaîne n’a jamais recommencé la série. Déçue, je m’étais alors fait une raison. La roue tourne et nous arrivons au milieu des années 2000. Avec le développement d’Internet, je me plais à penser que je pourrais peut-être mettre la main dessus. Grâce à l’ami Nakayomi, ce fut le cas, en VF toutefois. Or, il se trouve qu’entre-temps, les DVD sont enfin sortis. Fait rare pour être noté, j’ai donc acheté (hum, on me l’a offert) le coffret de la première saison, sans l’avoir vue au préalable. À ce propos, côté technique, la qualité d’image n’est pas toujours au rendez-vous puisque le résultat ressemble parfois plus à celui d’une VHS. Certes, la fiction est sortie, ne nous plaignons pas trop parce que cela n’était pas gagné d’avance. Sur ce, trêve de logorrhée et venons-en au fait. Xena: Warrior Princess est une série américaine de six saisons créée par Robert Tapert et John Schulian. Sam Raimi est à la production ; l’équipe est plus ou moins similaire à celle de Legend of the Seeker. Cette œuvre du petit écran est dérivée de Hercules: The Legendary Journeys (Hercule, avec, entre autres, Kevin Sorbo). Xena: Warrior Princess fut intégralement diffusée en syndication aux États-Unis. Aujourd’hui, il sera question de sa première saison, datant de 1995 et comportant vingt-deux épisodes. À noter qu’en France, la série est fréquemment visible sur NRJ12 depuis un certain temps. Aucun spoiler.

Au cours de la Grèce antique, Xena décide après avoir suivi le chemin du Mal d’emprunter celui du Bien et de réparer ses multiples erreurs passées. Elle est accompagnée de sa fidèle amie, Gabrielle. Toutes deux affrontent ainsi régulièrement des guerriers impitoyables, des personnages historiques comme Jules César, voire les dieux de l’Olympe, ceci dans le but de permettre aux habitants de vivre en paix.

En commençant la fiction, j’ai de suite su pourquoi l’épisode que j’avais regardé il y a des années m’avait plu. Au cas où vous ne l’auriez pas compris, j’adore la fantasy, les scènes de combat et je perds toute contenance face aux femmes de caractère. Je suis complètement partisane du girl power et quand on voit mes séries préférées, on se rend compte que les héroïnes à poigne sont omniprésentes. Je n’y peux rien, c’est juste mon dada. À 200 %. Et Xena: Warrior Princess, c’est un condensé de tout ça. Certes, il y a des hommes, mais ils ne sont que de passage. Les deux protagonistes sont Xena et Gabrielle. Si la première paraît la plus forte, Gabrielle n’en demeure pas moins une femme de caractère. Elles se complètent bien toutes les deux. Bref, ce n’est pas étonnant que je sois tombée sous le charme. Sauf que depuis le temps, je suis devenue bien plus exigeante, même sur des sujets qui me passionnent. C’est pour cela que j’ai eu un peu peur de m’ennuyer devant cette série. Honnêtement, ce fut parfois le cas. Je ne peux pas dire avoir adoré, mais j’ai, en général, passé un bon moment malgré les anachronismes monstrueux et la prise de liberté abominable avec l’Histoire. C’est assez effarant, d’ailleurs. Les épisodes reposent en grande partie sur le même schéma et se suffisent généralement à eux seuls. En d’autres termes, Xena et Gabrielle voyagent, rencontrent quelqu’un en détresse et lui viennent en aide. Xena en profite pour se battre comme elle sait le faire, lance son fameux cri et son chakram, tandis que Gabrielle l’assiste du mieux qu’elle peut. En une saison, ce côté mécanique n’est pas foncièrement dérangeant quand bien même certaines intrigues sont très faibles. En revanche, la production a plutôt intérêt de densifier son scénario si elle ne désire pas devenir totalement rébarbative par la suite. Heureusement pour elle, elle a la possibilité de compter sur le tandem de choc dont elle s’arme. Sinon, la réalisation est largement perfectible et la bande-son composée par Joseph LoDuca se veut trop discrète pour le moment, mais le cadre paradisiaque permet de combler ces défauts.

Il paraît que la série a été mal doublée. Là-dessus, je n’ai aucune idée puisque j’ai tout visionné en version originale. Je sais que de nombreux téléspectateurs ont aperçu du subtext sauf que, euh… encore une fois, moi, je n’ai rien constaté de tel. Ça vient peut-être par la suite ; ou alors, je suis définitivement nulle à ce jeu. Xena et Gabrielle sont certes proches, mais de là à voir des sentiments amoureux, c’est un pas que je ne franchirai clairement pas ! Durant la saison, leur relation évolue et prend de l’importance. Gabrielle apporte beaucoup à Xena, bien plus que l’inverse à mon avis. Disons que je pense que si la guerrière n’avait pas la petite blonde parlant tout le temps, elle serait peut-être redevenue ce qu’elle était auparavant. Quant à Gabrielle, elle paraît pouvoir s’adapter à toutes les situations. Il s’avère pour moi impossible de préciser si j’ai une préférée tant elles sont différentes et injectent chacune quelque chose d’intéressant à la série. À l’instar de Hercule qui est toujours accompagné de son ami, Xena a elle aussi quelqu’un à ses côtés et c’est la paire qui fonctionne, pas l’individu seul.

Un point définitivement positif, c’est que la saison une est résolument cocasse. C’est justement cet aspect que je reprochais dernièrement à Legend of the Seeker. J’aime bien quand un récit ne se prend pas trop au sérieux et dispose d’un petit grain de folie – sans non plus tomber dans les travers que de faire une série uniquement là pour être drôle, évidemment. Cela étant, la saison s’accorde le temps de baser plusieurs épisodes sur des thèmes plus sombres et émouvants. Cependant, je ne peux pas dire avoir été vraiment touchée par ce que j’ai vu. Je ne tiens pas à me faire foudroyer par Zeus, mais j’ai trouvé Lucy Lawless souvent assez médiocre. Je ne la connaissais quasiment qu’avec Battlestar Galactica et je peux vous affirmer que la différence de qualité de jeu est phénoménale. Espérons que ça ira mieux pour la suite parce qu’elle m’a un peu gâché certains passages. Niveau acteurs, on sent que cela a été fait avec les moyens du bord, car il y a beaucoup de Néo-Zélandais. Eh oui, la fiction est tournée en Nouvelle-Zélande donc nous avons le droit aux magnifiques paysages, ce qui est un énorme plus, vous en conviendrez. Le sexy Karl Urban (Eomer dans The Lord of the Rings) vient faire un tour, mais il paraît qu’il a au moins deux autres rôles dans les épisodes (Cupidon et César, si je ne me trompe pas). Oui, la série recycle ses acteurs !

En conclusion, Xena: Warrior Princess propose une première saison relativement correcte. S’il se révèle évident qu’elle est très loin d’être renversante, elle divertit généralement la plupart du temps. Elle peut dès lors remercier ses deux héroïnes extrêmement attachantes et charismatiques à leur manière. Pour l’instant, les épisodes demeurent indépendants, mais il faut souhaiter que par la suite, un fil rouge consistant se mette en place. Quoi qu’il en soit, cette saison réussit à se forger une véritable identité se partageant entre l’humour, les aventures, les émotions et, naturellement, la fantasy. Ne le nions pas, l’ensemble sonne très kitsch, surtout lorsqu’on le regarde en 2009, mais cela lui offre un charme particulier. Une chose est sûre, la suite passera par mes écrans et, donc, sur Luminophore !