(Guide) Les j-dramas : les différents genres

Par , le 21 novembre 2009

Bien que beaucoup pensent que les j-dramas proposent uniquement des bluettes sentimentales, des comédies débridées et des combats de samouraïs, ce n’est en réalité pas du tout le cas. Au contraire, les séries japonaises sont marquées par leur versatilité. Toutefois, ne nions pas qu’elles se caractérisent par un cahier des charges assez rigide et qu’elles tendent à pouvoir être classées dans des catégories spécifiques. Après tout, l’importance de ne pas sortir des rangs et de demeurer au sein d’un groupe préétabli est une particularité propre au pays ; ce n’est donc guère étonnant que cette formule s’applique également à la télévision. Dans cette orgie de productions toujours plus abondantes, la sélection s’avère impérative tant il est aisé d’être rapidement submergé, d’autant plus que l’aspect schématique de beaucoup d’histoires finit progressivement par user. S’il est assez réducteur de vouloir tout faire entrer dans des cases, des genres se détachent singulièrement les uns des autres et ce billet essaye de dégager plusieurs d’entre eux. Heureusement, maintes séries les combinent et d’autres se révèlent tout bonnement inclassables. Cette liste n’est dans tous les cas pas exhaustive, mais elle est supposée refléter le visage des fictions télévisées nippones. Pour davantage de simplicité et parce qu’il s’agit du format intéressant le plus pour son aspect feuilletonnant, il n’est ici question que des renzoku, les tanpatsu étant donc volontairement occultés. Afin d’illustrer les propos, des exemples de séries méritant le détour ou populaires sont à chaque fois suggérés ; j’ai uniquement inclus celles que j’ai eu l’occasion de regarder et qui me paraissent être dignes d’un visionnage.

L’historique

Bataille de Sekigahara, bombardements atomiques, éclatement de la bulle spéculative, restauration de Meiji, expédition antarctique, reconstruction exponentielle après la Seconde Guerre mondiale… les sujets sont multiples, les approches diverses et, le terrain de jeu, immense. Plébiscitées par les Japonais, les séries historiques n’ont aucune contrainte si ce n’est de se dérouler à une époque différente de celle dans laquelle nous vivons. Ce genre donnant vie au passé mêle dès lors des évènements factuels plus ou moins importants et des personnages ayant réellement existé, à des circonstances intimistes et des protagonistes imaginaires. C’est au scénariste et au metteur en scène que revient le choix de transmettre ce qu’ils désirent, quitte à encourager la subjectivité et l’interprétation. N’oublions pas que les travaux historiques sont encore plus indissociables que d’autres de leur contexte de création ; parce qu’une série datant des années 1950 n’aura pas la même valeur regardée lors de sa sortie qu’au XXIè siècle, surtout si des précisions et des corrections ont été apportées aux manifestations y étant relatées. Au Japon, les œuvres biographiques employant un cadre historique sont habituelles et se centrent sur une personnalité particulière, sans que celle-ci soit pour autant extrêmement fameuse ou majeure. Documentation et fidélité sont généralement deux atouts appréciés, voire indispensables à la crédibilité du tout. Il n’est pas rare que ces feuilletons souhaitent souligner l’aspect cyclique de l’Histoire, émettre des parallèles avec le contexte contemporain ou bien encore proposer un devoir de mémoire. Cependant, si s’instruire en se divertissant a du bon, moult j-dramas se veulent légèrement trop didactiques et académiques. Plus que d’utiliser une simple coloration historique, ils tentent souvent de soulever une idée, un phénomène de société et de tirer parti de ce que l’environnement offre, et non pas de le voir comme un banal prétexte exotique pour délivrer un scénario tout à fait envisageable à l’heure actuelle. D’aucuns se focalisent sur la place de l’individu lambda, d’autres prônent les principaux acteurs d’une situation historique, quelques-uns cherchent avant tout à créer une ambiance émotionnelle, plusieurs veulent décoder le fonctionnement complexe de la société nippone et son évolution, etc. Le traitement est bien plus régulièrement sérieux qu’humoristique et ces fictions japonaises veillent pour le plus grand nombre à demeurer extrêmement réalistes, fidèles à la véracité historique et terre-à-terre. Contre toute attente, le patriotisme n’est pas autant prononcé que ce que l’on pourrait craindre, même si les valeurs chères au pays ne sont jamais occultées. L’emphase et le côté légendaire des figures sont parfois appuyés, alimentant l’imaginaire. En revanche, la propagande et le révisionnisme sont, techniquement, absents des j-dramas récents. Dans tous les cas, le propre du récit est de combiner ce que l’on sait – ou croit savoir – et ce que l’on peut présumer.

 

Bien que les fictions les plus connues sont les taiga de NHK diffusés sur une année complète, d’autres réussissent à tirer leur épingle du jeu et ne s’avèrent pas aussi soporifiques et figées que ce que les rumeurs laissent entendre. Impossible de nier que la majorité des j-dramas historiques se déroulent durant l’époque Edo et favorisent les samouraïs, image hautement fantasmée exerçant sa fascination sur les Japonais ; il est très facile de trouver une surabondance d’entre elles illustrant la trouble époque Sengoku caractérisée par ses luttes de pouvoir, ainsi que la fin du shogunat Tokugawa. Le style sobre et posé de ces feuilletons en costumes, ces jidaigeki, n’est pas au goût de tous en raison de son absence d’action et de ses longues scènes de discussion potentiellement rébarbatives, mais il ne s’agit pas non plus d’une règle, car plusieurs savent se montrer exaltés et passionnés. Le réalisme est privilégié avant toute chose. En revanche, le budget restreint prouve de manière sporadique ses limites du fait de maquillages/postiches risibles et de décors claustrophobes. Les productions requièrent dans la plupart des cas des fonds et des moyens sortant de l’ordinaire afin de reconstituer au mieux la société de l’époque. Heureusement, quand le scénario se dote de solides atouts, ces hypothétiques écueils sont rapidement oubliés. Celui ne connaissant absolument rien à la culture et l’histoire nippone a de quoi être effrayé avant de se lancer, ce qui se comprend aisément, surtout lorsque l’on constate la forme assez dépouillée. Qui plus est, même les jeunes Japonais sont parfois réfractaires face à ces séries ne ressemblant pas à ce qu’ils fréquentent quotidiennement. Le langage est davantage soutenu et emploie des tournures de phrases désuètes, ce qui explique partiellement pourquoi peu d’équipes de sous-titrage osent s’y adonner. Ce type de récits est également susceptible d’objectiver des évènements plutôt modernes ayant eu lieu, par exemple, au XXè siècle, et revêt alors régulièrement le format d’une commémoration spécifique. Les chaînes, pour célébrer une date importante de l’histoire de leur propre maison, n’hésitent pas à mettre les petits plats dans les grands en se lançant dans un projet ambitieux avec une dimension historique plus ou moins réputée. Conquêtes, batailles, politique intérieure et extérieure, shogunat, respect du bushidô, plongée au sein des nobles, lutte des classes, dynamique entre un maître et son élève, reflets d’une société rigide, coulisses de l’ôoku, condition féminine, figurent parmi les thématiques choyées de ces voyages dans le temps.

Finalement, en dépit de l’exigeant investissement qu’il demande de la part de son public, ce genre n’est pas sclérosé et s’avère, au contraire, extrêmement malléable. Les séries historiques japonaises ne se résument pas aux chanbara et scénarios retraçant l’époque médiévale. N’importe quel spectateur est en mesure d’y trouver son compte, qu’il soit en attente d’un exercice fidèle et consciencieux, d’une peinture humanisée de plusieurs décennies ou de quoi que ce soit d’autre, tant la production se distingue par son immensité et son hétérogénéité.

 

  • Atsu-hime : À la fin du XIXè siècle, le portrait d’une jeune femme issue d’une famille de samouraïs de basse condition devenant l’épouse d’un des derniers shoguns.
  • Fumô Chitai : Des années 1940 aux années 1970, l’histoire d’un militaire revenant des camps de concentration soviétiques et se lançant corps et âme dans la remise en route économique de son pays.
  • Fûrin Kazan : XVIè siècle, la montée en puissance du rônin Yamamoto Kansuke et de comment il est parvenu à côtoyer le remarquable daimyô que fut Takeda Shingen.
  • JIN : Un médecin contemporain se voit propulsé à la fin de l’époque Edo, alors que le Japon s’apprête à connaître l’un de ses plus grands bouleversements géopolitiques.

 

La comédie

Le registre humoristique est sans conteste l’une des grandes dominantes de la télévision nippone. Ce serait mentir que d’affirmer que la comédie japonaise ressemble à l’occidentale ; en effet, elle possède ses propres codes et risque de laisser plus que circonspect le spectateur non averti. Les idées loufoques s’y multiplient, pour le pire comme pour le meilleur. Sur le papier, de nombreux synopsis semblent hautement improbables et impossibles à mettre en scène, mais par un savant mélange ardu à qualifier, il arrive que ces séries s’avèrent réussies, voire excellentes. C’est bien simple, les scénaristes ne se limitent pas dans leur imagination et n’hésitent vraisemblablement pas à employer n’importe quel élément – aussi truculent et stupide qu’il puisse paraître – pour alimenter leurs travaux de plus en plus débridés et déstabilisants. Le réalisme n’est pas le critère primordial des comédies japonaises. Non, le but est de divertir et de faire s’activer les zygomatiques. Pour cela, tout est bon. L’humour est forcément subjectif et se retrouve d’ailleurs associé à la culture de sa nation, d’où les possibles difficultés à y adhérer. Le style en vogue au pays du Soleil-Levant ne peut pas plaire à tout le monde tant il s’avère régulièrement burlesque, absurde, jusqu’au-boutiste et a de quoi effrayer du fait de moult gesticulations et de surjeu. Car, effectivement, la subtilité n’y a pas sa place et l’interprétation est caractérisée par une emphase permanente, des grimaces et mimiques, un cabotinage, etc. Présentée de la sorte, la comédie ne s’annonce que peu attirante surtout qu’elle est directe, assez brute de décoffrage et oublie le double sens. Cependant, les acteurs compétents parviennent à amuser tout en se gardant bien d’irriter, notamment grâce à une intonation et une posture soigneusement étudiées. L’équilibre étant vacillant, il y a beaucoup plus de ratés que de réussites, ne le nions pas. Sauf exception, l’humour est dans sa construction très classique, presque simpliste et finalement assez peu réfléchi. Les personnages sont majoritairement farfelus, hauts en couleur et participent à l’ambiance survoltée et énergique. Parmi les thématiques, elles sont donc plus qu’illimitées, mais quelques-unes reviennent régulièrement à l’antenne ; l’échange de corps semble être une valeur sûre. Le comique de répétition est plus que privilégié, ce qui peut être à la fois intéressant comme une vraie torture, puisque plusieurs séries se perdent dans des schémas martelés à outrance ne faisant pas rire, mais profondément soupirer. Sinon, le ton se veut généralement gentillet, consensuel et rarement moqueur. D’ailleurs, les amateurs d’humour noir et d’ironie seront quelque peu déçus parce que, malheureusement, les j-dramas n’y recourent guère. Sur la forme, plusieurs feuilletons vitaminés n’hésitent pas non plus à accentuer à l’extrême le décalage en utilisant des spécificités propres au monde de l’animé. Au final, ces fictions humoristiques prouvent que le ridicule ne tue pas et que, contre toute attente, elles sont parfois en mesure de dérider ceux ne jurant pourtant que par la finesse et les sarcasmes mordants.

 

  • Binbô Danshi : Naïf et altruiste, un jeune homme se retrouve criblé de dettes et fait tout ce qui est en son pouvoir pour les rembourser.
  • Kisarazu Cat’s Eye : Un joueur de baseball apprend qu’il ne lui reste plus que six mois à vivre, il a donc tout intérêt à bien en profiter !
  • Nodame Cantabile : Passionnés de musique, des étudiants ayant la vingtaine essayent de se construire une carrière digne de ce nom tout en expérimentant des aventures colorées.
  • Tiger & Dragon : Un yakuza décide de prendre des cours de rakugo – une sorte de spectacle traditionnel s’approchant du conte public – et met les pieds dans un microcosme bigarré.

 

La famille

Également nommées home dramas, ces séries promeuvent l’aspect familial et dépeignent le quotidien dans sa simplicité et sa banalité. Favorisant l’empathie, la proximité et le phénomène d’identification, elles cherchent à créer un lien chaleureux avec le public appréciant de regarder ces tranches de vie où les rebondissements sont presque inexistants. Afin de ne pas endormir le téléspectateur en raison d’un rythme plutôt lent, le scénario injecte tout de même un élément sortant quelque peu de l’ordinaire, mais tout à fait crédible et pragmatique. Il peut, par exemple, être question du décès d’un membre du foyer, de la perte d’un emploi, de la subite arrivée d’un enfant, etc. Le choc intergénérationnel, les difficultés pour la femme d’allier carrière professionnelle et vie intime, la reprise de l’entreprise transmise de père en fils depuis des décennies, et la guerre froide entre une belle-mère et sa bru figurent parmi des thématiques assez fréquentes. Sinon, depuis quelques années, il n’est pas rare de voir des feuilletons s’attarder sur la place de l’homme et son rôle de père, ce qui en soit est une bonne chose ; la société japonaise repose encore grandement sur un concept patriarcal où l’épouse est supposée s’occuper envers et contre tout de sa famille, le mari étant au travail et chouchouté à son retour à la maison. Bien que les relations entre les personnages se veulent idéalement humainement riches et complexes, l’approche est globalement réaliste et évite les écueils habituels du soap opera où les enfants cachés, l’inceste ou tout autre poncif pullulent. La télévision japonaise a beau être farfelue sur certains points, elle demeure, avec ce genre, en grande majorité assez paisible au niveau de ses scénarios et ne romance pas son histoire. C’est d’ailleurs peut-être en partie pour cela que plusieurs téléspectateurs occidentaux préfèrent l’appel des sirènes sud-coréennes qui n’hésitent clairement pas à pimenter les intrigues, quitte à en devenir volontairement artificielles, mais probablement bien plus addictives. Au contraire, le naturel et l’authenticité sont les principaux moteurs de ces j-dramas familiaux. Toutefois, plusieurs sombrent dans la morale bon marché et la mièvrerie insupportable. De prime abord, ces tranches de vie paraissent anecdotiques, voire insipides, si ce n’est qu’elles reflètent intelligemment les mécanismes du quotidien nippon tout en délivrant une tonalité universelle et fédératrice. Pour le non-Japonais, ces fictions fourmillent d’éléments culturels passionnants et insufflent, en prime, une douce atmosphère appariée à des sujets susceptibles de toucher en plein cœur.

 

  • Bara no Nai Hanaya : Un veuf élève du mieux qu’il peut sa petite fille et tombe amoureux d’une belle aveugle.
  • Inu wo Kau to Iu Koto : Mariés très jeunes et ayant déjà deux enfants, un couple tente de joindre les deux bouts et de ne pas perdre de vue au passage leurs rêves d’adolescents.
  • Karei Naru Ichizoku : Fresque familiale tourmentée aux multiples ramifications dépeignant avec théâtralité une relation désillusionnée entre un père et son fils.
  • Marumo no Okite : Célibataire endurci ne vivant que pour lui, un commercial accepte d’héberger temporairement les jumeaux de son grand ami récemment décédé.
  • Shiroi Haru : Sorti de prison après y être resté neuf longues années, un homme se prend d’affection pour une petite fille.

 

Les tragédies

Depuis des années, les maladies incurables et les situations de handicap ont la cote au Japon. Tout est bon pour faire pleurer dans les chaumières, quitte à sortir les violons et sombrer dans les pires travers de la surenchère. La fin est parfois courue d’avance et l’on sait donc au préalable que le héros mourra dans d’atroces souffrances. Savoir que plusieurs nomment ces fictions des tire-larmes ne surprend pas. C’est à croire que les Japonais aiment le pathos.

  • 1 Litre no Namida : Une adolescente – ayant réellement existé – apprend du jour au lendemain qu’elle souffre d’une maladie neurodégénérative qui, sous peu, l’enfermera dans son propre corps.
  • Orange Days : Elle est jeune et passionnée de musique. Ses rêves s’envolent lorsqu’elle devient subitement sourde. Refusant tout contact avec les autres, elle commence à changer après sa rencontre avec un charmant étudiant.
  • Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu : Cela fait dix-sept ans que celle qu’il aime est décédée d’une leucémie et qu’il ne parvient pas à aller de l’avant. Il se souvient alors de son adolescence dorée brutalement teintée de noir.

 

La romance

En résumant sommairement, trois mondes s’offrent au public. D’un côté se trouve la comédie romantique avec son aspect pétillant, mignon comme tout et rafraîchissant ; à l’opposé se fraye la tendance plus pessimiste et tragique du mélodrame où les personnages tentent d’avancer malgré les embûches toujours plus déchirantes ; et au milieu se situent les romances les plus nombreuses, celles associant les tonalités dramatiques et humoristiques selon un gradient leur étant propre. Quoi qu’il en soit, les codes du genre sont bien plus flexibles que ceux en vigueur en Corée du Sud, quand bien même il n’en est pas exempt. L’amour ne s’invite pas dans tous les j-dramas et nombre d’entre eux ne l’utilisent pas du tout, ou alors, il est conjugué à d’autres éléments tout aussi prépondérants, voire il se place en simple filigrane et n’est que peu développé. À vrai dire, très en vogue dans les années 1990, les romances sont désormais assez occasionnelles et, malheureusement, bien plus dénuées d’intérêt que jadis. Une des reines en la matière est la scénariste Kitagawa Eriko, elle qui a participé à l’âge d’or et dont ses anciens travaux sont gravés dans les mémoires.

Que les amateurs de marques d’affection physique passent leur chemin, car dans les j-dramas, elles sont plus que rares. Un baiser sur la bouche crédible, c’est déjà un grand pas. En effet, depuis la deuxième moitié des années 2000, les fictions ont comme opéré une sorte de machine en arrière et se contentent parfois d’un simple placage de lèvres sans aucune passion. Pire, les personnages vont jusqu’à garder les yeux écarquillés et demeurer figés. Alors, espérer en voir plus, ce n’est pas la peine tant tout y est chaste. Ce constat est d’autant plus étonnant que les séries diffusées au cours des années 1990 étaient bien moins pudibondes. Ces derniers temps, la vapeur semble sensiblement s’inverser de nouveau, ce qui ne serait pas un mal.

 

Les vraies comédies romantiques, autrement dit celles répondant aux critères bien spécifiques du genre, ne sont finalement pas si présentes que ça au sein des productions japonaises. Si l’on compare à tout ce qui est disponible, il est assez difficile de trouver un feuilleton utilisant la recette éprouvée de ce style dosant parfaitement humour et histoire d’amour à proprement parler, tout en évitant le drame pur et dur. Des romances, il y en a, des comédies davantage, mais le savant mélange des deux ? Pas tant que ça. Encore plus qu’ailleurs, le ton de ces récits peut, sans grande surprise, s’avérer niais, sirupeux et débordant de guimauve. Majoritairement, c’est la fille qui court après le garçon, mais les années passant, l’inverse est de plus en plus valable. Les mécanismes de ces comédies romantiques sont toujours les mêmes. Entre les différences a priori insurmontables, les triangles amoureux – voire les carrés –, les je t’aime moi non plus, les parents mettant des bâtons dans les roues, les amours de jeunesse surgissant comme par enchantement, l’alcool désinhibant et provoquant une amnésie sélective, et les malentendus, tous les clichés sont bons – et attendus ! Le succès du j-drama repose alors souvent sur la caractérisation et l’alchimie du duo phare, mais aussi sur les personnages secondaires répondant tout autant au fameux cahier des charges. Le public sait que le couple finira ensemble, ce qui compte, c’est de voir de quelle manière le scénario déploiera son imagination.

  • Hana Yori Dango : Elle est pauvre, il est riche ; ils se détestent et se chamaillent tout le temps. Or, qui aime bien, châtie bien ?
  • Last Christmas : Un défi entre deux connaissances, l’idée d’un voyage au Canada et une porte communicante entre deux appartements amènent des voisins à se fréquenter, voire plus si affinités.
  • Waraeru Koi wa Shitakunai : C’est Noël, deux amis essayent de tomber amoureux avant le réveillon ; la tâche s’annonce laborieuse !

À l’instar d’un nombre conséquent de pays, le Japon aime les histoires injectant des papillons dans le ventre. Beaucoup de ses romances ne sont ni des comédies romantiques ni des mélodrames. Certaines utilisent davantage le naturel, le réalisme et ne cherchent pas forcément l’emphase et les grandes envolées lyriques. D’autres n’hésitent pas à multiplier les drames, tout en réussissant à ne pas sombrer dans la tendance inverse de la souffrance à deux doigts de la perversité. En d’autres termes, chaque cas est différent et les séries romantiques japonaises prouvent là encore leur versatilité puisque le public est en mesure de regarder naître et se développer des relations amoureuses.

 

  • Aishiteiru to Itte Kure : Fascinée par un artiste talentueux, une apprentie actrice choisit de tout mettre en œuvre pour s’en rapprocher, quitte à devoir assimiler la langue des signes pour communiquer avec lui.
  • Love Shuffle : Des inconnus vivant dans le même immeuble décident de se lancer dans des rendez-vous en aveugle afin de mieux se connaître et, qui sait, tomber amoureux ?
  • Pride : Il est charmeur et ne croit pas en les relations à long terme, elle attend son compagnon depuis de très longs mois alors qu’il ne lui a donné aucune nouvelle. L’alchimie intense du couple que tout oppose fait fondre la glace de l’aréna de hockey.
  • Zettai Kareshi : Une jeune femme désespérée en amour commande en ligne un robot mâle plus vrai que nature répondant à toutes ses requêtes.

Désillusions, détresse, suicide, lois impénétrables du destin, viol, inceste, meurtres, ces qualificatifs figurent parmi les quelques clichés usités dans les mélodrames. A contrario de sa voisine sud-coréenne, la production japonaise n’abuse pas trop de ce genre ardu à manier pouvant rapidement devenir profondément ridicule et irritant. Avec ses situations extravagantes, il ne parvient parfois pas à susciter les émotions comme il le souhaite, mais il donne plutôt l’impression que le scénariste cherche à manipuler le public en lui imposant ce qu’il doit ressentir. Néanmoins, lorsque le récit se montre solide, l’ensemble dégage une incroyable force cathartique. Les j-dramas préfèrent généralement favoriser la psychologie de leurs protagonistes au lieu d’accumuler tous les poncifs du genre, ce qui devrait faire plaisir à ceux allergiques à la moindre surenchère.

  • Byakuyakô : Réunis par un terrible meurtre commis dans leur enfance, deux jeunes adultes s’enfoncent progressivement dans les mensonges en espérant pouvoir un jour marcher côte à côte au soleil.
  • Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi : Sous fond d’une enquête au format puzzle, la rencontre magnétique entre deux individus bien plus similaires qu’ils ne le croient.
  • Soredemo, Ikite Yuku : Une petite fille a été tuée des années auparavant ; la sœur du criminel se rapproche du frère de la victime…

 

Le milieu scolaire

En sachant que le public ciblé à la télévision par les producteurs est très jeune, il n’étonnera personne d’apprendre que les j-dramas se déroulant à l’école sont omniprésents. Le principal problème de ce genre est qu’il devient rapidement répétitif et qu’à force d’en voir, les ficelles apparaissent tellement grossières qu’il est compliqué d’y adhérer. Les éléments supposés originaux comme l’irruption d’un prof yakuza, d’un élève gangster ou toute autre caractéristique truculente ne sont en réalité aucunement novateurs puisqu’il s’agit d’une formule éprouvée à maintes reprises. Rares sont les feuilletons à réussir à se sortir de ce carcan étriqué et d’être capables de proposer une histoire tenant la route face à des adolescents et à des adultes. Naturellement, les thématiques abordées sont multiples et concernent l’amitié, l’importance des études, l’entraide, les romances, la nécessité de poursuivre ses rêves, etc. Les collèges et lycées sont les terrains de jeu favoris des scénaristes, l’université étant bien plus en retrait. Les clubs d’activités, les nombreuses fêtes et autres cérémonies sont des moteurs du scénario

Il existe plusieurs sous-genres ayant pour cadre le monde écolier. Le premier d’entre eux a généralement pour trait la dernière année de scolarité, période où les étudiants doutent, se cherchent, tentent des concours et deviennent parfois nostalgiques. Un autre ayant grandement la cote est celui de l’enseignant remettant ses élèves sur les rails, vivant sa vocation comme une révélation tombée du ciel ; au départ méprisé de tous, il gagne rapidement la confiance de ses protégés souvent malmenés par la vie et les aide à marcher droit ; il arrive que ces instituteurs aient des troubles antécédents ou une famille peu recommandable. Une version quelque peu apparentée est celle où les élèves sont des délinquants, des furyô, et passent plus de temps à tout casser qu’à étudier. Dans un registre radicalement opposé, quelques j-dramas abordent des sujets plus sombres et en profitent pour illustrer des phénomènes de société tels que l’ijime.

 

  • Gokusen : Vouée à prendre la tête de sa famille de yakuzas, une jeune femme naïve préfère se lancer dans une carrière de prof, mais elle est rapidement confrontée à une classe absolument terrible.
  • GTO : Il a un passé douteux, il fume, jure et conduit une moto. En d’autres termes, il n’a rien du prof habituel d’autant plus qu’il privilégie des méthodes discutables.
  • LIFE : Rejetée par tous, une lycéenne subit des brimades physiques et psychologiques et sombre peu à peu.
  • My Boss, My Hero : Alors qu’il est supposé devenir le grand patron de sa famille de yakuzas, un benêt retourne incognito à l’école pour obtenir son diplôme et tenter de prouver qu’il n’est pas si stupide que ça.
  • Nobuta wo Produce : Ils n’auraient jamais dû se se fréquenter, mais un ado populaire, un excentrique et une renfermée sur elle se lient d’amitié suite à des circonstances particulières.

 

Le monde du travail

Notamment afin de fédérer le public et toucher une audience de plus en plus large, les j-dramas s’attardant sur une profession sont extrêmement nombreux. Tout y passe, du métier le plus loufoque au plus banal. Quelques emplois sont toutefois fortement privilégiés et se retrouvent régulièrement sur le devant de la scène. L’approche peut être réaliste et technique, dans l’idée de satisfaire l’expert, mais le but est plus généralement de dépayser sensiblement le spectateur, de le fasciner et de lui faire découvrir un monde qu’il ne connaît pas forcément. Dans de nombreux cas, l’image de ces divers métiers est assez fantasmée et sublimée, vantant alors les mérites de ces hommes et femmes s’y consacrant parfois corps et âme. Sans grande surprise compte tenu des valeurs propres au pays, l’importance de se donner les moyens de réussir, le dur labeur et les services rendus à la collectivité sont des caractéristiques invariables de ces feuilletons. L’uniforme est bien sûr un atout non négligeable. Les Japonais apprécient tout particulièrement les individus quelque peu hors-norme et devant batailler pour se faire entendre et respecter. Parmi les sujets abordés, celui de la femme et de son envie que de posséder une véritable carrière est une constante depuis quelques années, preuve que la société et les mentalités évoluent.

Un des principaux écueils de ces séries professionnelles, c’est qu’elles reposent souvent sur un canevas similaire. Autrement dit, chaque épisode se résume à un cas, une affaire ou une embûche à surmonter. Le j-drama souffre alors d’un aspect mécanique rapidement ennuyant et artificiel malgré sa courte durée. Notons qu’il n’est pas du tout rare que ces fictions associent les genres et y ajoutent, entre autres, une dominante romantique ou scolaire.

 

L’aviation

Hôtesse de l’air, pilote de ligne, aéroport, encore une fois, tout est bon. Cela fait des années que le Japon s’intéresse aux avions et au personnel gravitant autour, pour une raison assez inconnue. D’où leur vient cette fascination ? Aucune idée ! Quoi qu’il en soit, les j-dramas s’y attachant s’y multiplient et ne se veulent guère trépidants…

La justice

Se rapprochant du genre policier, celui de la justice se révèle de plus en plus présent à la télévision. Les avocats tendent à truster le devant de la scène, les j-dramas ne s’étant pas encore trop occupés des juges, notaires ou autres professions apparentées. Dernièrement, il est également arrivé que certains s’intéressent au monde extrêmement peu attirant de l’inspection du travail. Il s’agit d’une énième preuve que les scénaristes ne s’effrayent de rien et ne reculent pas devant l’ampleur de la tâche de rendre divertissant quelque chose qui semble en être l’exact opposé.

  • Magerarenai Onna : Cela fait neuf années qu’une trentenaire inflexible et psychorigide tente l’examen du barreau, dans le but de devenir avocate. Va-t-elle réussir à atteindre un jour son but ?
La médecine

À l’instar des séries apparentées, celles prônant le monde de la médecine n’hésitent pas à employer tous les domaines et spécialisations possibles et inimaginables. Chirurgie esthétique, neurologie, gynécologie, médecine légale côtoient cas de conscience, secret professionnel, luttes de hiérarchie, hôpital de campagne en déliquescence, corruption au sein des services, etc. Sans disposer des moyens des fictions policières, les médicales peuvent également durer des saisons et des saisons.

  • JIN : Un médecin contemporain se voit propulsé à la fin de l’époque Edo, alors que le Japon s’apprête à connaître l’un de ses plus grands bouleversements géopolitiques.
La police

Tout comme aux États-Unis et en France, le Japon ne déroge pas à la règle de favoriser l’univers de la police à la télévision. Il ne se passe pas une saison sans qu’au moins une fiction apparentée n’arrive à l’antenne. La chaîne TBS dispose même d’une case horaire spécifique à ce genre populaire. Les séries suivent les modes du moment et pullulent alors parfois des scénarios presque similaires diffusés quasi simultanément. Ces dernières années, les unités de police composées de bras cassés dont personne ne veut – mais possédant des capacités hors du commun – sont en vogue. La criminologie, les analyses scientifiques, les duos dysfonctionnels, l’association entre le vieux briscard et le jeune freluquet, le retour d’inspecteurs ayant travaillé aux États-Unis, les méthodes discutables des détectives privés, etc. représentent plusieurs des variantes de ce style surutilisé depuis toujours. L’influence étasunienne s’accentue depuis une petite décennie. Malheureusement, bien que certains j-dramas ambitionnent pour, les scènes d’action sont rarement extraordinaires et la tension peine à se frayer un chemin.

  • BOSS : Rentrée des États-Unis, une carriériste implacable doit gérer une nouvelle unité de police composée de membres parasités par des problèmes fort particuliers.
  • Meitantei no Okite : Un détective farfelu et égocentrique collabore avec un inspecteur arrangeant et sa collègue perplexe afin de résoudre des enquêtes abracadabrantes répondant aux classiques des investigations.
Le secteur financier, des affaires, de l’industrie et de la politique

Très en vogue depuis quelques années, le monde cruel et souvent peu humain de la finance, de l’économie, de la banque, de l’industrie et des affaires au sens général est régulièrement utilisé. Il se rattache grandement à l’univers de la politique tant les sujets se veulent en grande partie liés à la corruption pyramidale, au capitalisme éhonté, aux pots-de-vin, aux différences de culture des entreprises, et, inévitablement, à une critique plus ou moins engagée du système sociétal nippon. Bien sûr, moult fictions préfèrent tout simplement dresser le portrait schématique d’un monde professionnel assez opaque – à l’instar des autres professions dépeintes –, mais il est clair que plus le temps passe, plus la télévision japonaise cherche à en montrer davantage et à pousser la réflexion. C’est la chaîne payante WOWOW qui alimente en grande partie ce genre et qui propose des fictions adultes, plutôt courtes et possiblement très denses. NHK se rapproche d’elle sur de nombreux points, mais les chaînes gratuites s’y aventurent beaucoup moins. Avec la multiplicité et l’universalité des thématiques que cette pratique est en mesure d’apporter, les faits de société sont régulièrement traités et, lorsque cela est réussi, le ton se veut humain et psychologiquement intense. Quelques travaux n’hésitent pas non plus à revenir sur des évènements ayant marqué les journaux et sali la fameuse réputation de plusieurs entreprises. Plusieurs parviennent à faire oublier aux téléspectateurs leur ressentiment pour tout ce qui est économique et lié à l’argent, preuve qu’ils disposent de qualités plus que solides. Ce genre fournit l’argument imparable de l’intelligence des j-dramas qui, malgré les apparences, abritent maints récits aboutis capables de fasciner.

  • Hagetaka : Retour sur l’éclatement de la bulle spéculative dans les années 1990 et de ses répercussions sur la population.
  • Soratobu Tire : Le pneu d’un camion quitte son essieu, tue une mère et son fils, plongeant une petite compagnie de transports en enfer.
Le sport

Dépassement de soi, combativité, honnêteté, courage, pugnacité, entraide, poursuite d’un rêve d’enfance, loyauté et esprit d’équipe sont les constantes du j-drama pénétrant dans les coulisses du sport. Les amateurs de japanimation ne seront pas surpris d’y retrouver plusieurs codes du nekketsu – littéralement, sang bouillant – où le héros brave de multiples obstacles pour atteindre son objectif. Ce n’est justement pas un hasard que les adaptations de shônen mangas foisonnent. Si beaucoup de ces productions se déroulent dans le milieu scolaire, plusieurs plongent dans le vrai monde professionnel, celui où des hommes et des femmes cherchent envers et contre tout à se construire une carrière digne de ce nom. Ce genre s’acoquine également régulièrement d’une tonalité romantique, probablement dans l’espoir d’attirer une audience à la fois féminine et masculine. Toutes les disciplines sont susceptibles d’être honorées, même si la plus réputée, le baseball, est forcément surreprésentée. Au programme : hockey sur glace, football, basketball, bowling, athlétisme, aviron, course automobile, natation synchronisée, golf, volleyball, tennis, boxe, gymnastique, etc. Encore une fois, le défaut inhérent à ces feuilletons est son aspect mécanique, car plusieurs épisodes se veulent une succession de tournois, de combats ou d’entraînement. De même, les bons sentiments et la morale phagocytent de trop quelques-unes de ces histoires qui peuvent vite s’avérer irritantes.

 

  • Buzzer Beat : Alors qu’il vient enfin de devenir professionnel, un basketteur réalise qu’il craque sous la pression, ce qui est susceptible de briser sa carrière. Sa rencontre avec une violoncelliste pourrait tout changer.
  • Engine : Casse-cou et talentueux, un pilote de F3000 voit son contrat annulé et doit chercher une nouvelle écurie. De retour au Japon, il aide malgré lui la famille d’accueil que gère son père.
  • Pride : Il est charmeur et ne croit pas en les relations à long terme, elle attend son compagnon depuis de très longs mois alors qu’il ne lui a donné aucune nouvelle. L’alchimie intense du couple que tout oppose fait fondre la glace de l’aréna de hockey.
  • Tumbling : Refusant de voir son club de gymnastique rythmique s’étioler, son capitaine finit par accepter qu’un délinquant l’intègre, risquant ainsi de compromettre toutes ses chances de participer au tournoi dont il rêve.
  • Water Boys : Des lycéens passionnés passent outre les moqueries pour monter un groupe de natation synchronisée masculine.

 

La nourriture

Véritable institution au Japon, le j-drama culinaire est une constante du paysage télévisuel. D’aucuns pourraient même affirmer qu’il s’agit à ce stade d’une obsession. Là aussi, tout est bon : sushi, pâtisserie française, chocolaterie, boulangerie, petits restaurants, grande cuisine, pâtes, vin, bentô, etc. À la différence des fictions occidentales, la nourriture dispose ici de son propre genre. Devenir un chef est, depuis quelques années, une devise. Bien sûr, la cuisine traditionnelle japonaise domine les thématiques. Dans tous les cas, il est très important de regarder ces feuilletons avec le ventre plein, au risque de dévaliser par la suite ses placards !

 

  • Kodoku no Gourmet : Tout au long de ses journées de travail, un homme d’affaires s’arrête dans les établissements qui l’attirent pour déguster de bons petits plats.
  • Rebound : Une passionnée de mode un peu trop ronde ne peut s’empêcher de dévorer les pâtisseries qu’un de ses amis concocte.
  • Shinya Shokudô : Instantanés d’un restaurant de quartier ouvert seulement la nuit où les clients peuvent commander tout ce qu’ils désirent manger.

 

L’action, le suspense et le thriller

Une chose est certaine, ce n’est pas avec les j-dramas que l’on aura des explosions dans tous les sens, du spectaculaire à s’accrocher à son fauteuil et une tension vive à couper au couteau. Le budget ne le permet pas, de toute manière, et l’approche nippone ne va habituellement pas dans ce sens. Malheureusement, cela ne signifie pas pour autant que le scénario se révèle plus travaillé puisque malgré une production assez conséquente dans ce registre où le climat délétère est roi, les fictions réussies sont peu nombreuses et souvent méconnues du grand public. Beaucoup trop se perdent dans des rebondissements ridicules, des effets parfois kitsch et une écriture très approximative accumulant le langage supposément scientifique, mais faisant plus artificiel qu’autre chose.

 

  • Gaiji Keisatsu : Immersion au sein d’une ambivalente unité agissant sous couvert alors qu’une menace terroriste semble peser sur le pays.
  • Guilty : Une femme clamant son innocence depuis des années vient de sortir de prison ; elle est prête à tout pour se venger.
  • LIAR GAME : Une jeune naïve se retrouve piégée dans un jeu prônant le mensonge et où tous les coups sont permis pour ne pas finir surendetté.
  • Warui Yatsura : Attirée par le médecin avec qui elle travaille, une infirmière se transforme en meurtrière et perd peu à peu pied.
  • Zeni Geba : Ayant souffert de la pauvreté de sa famille dans son enfance, un homme se lance dans une vaste machination pour acquérir coûte que coûte de l’argent.

 

L’imaginaire et l’horreur

Le fantastique, la fantasy et la science-fiction ne sont pas massivement présents au sein des fictions télévisées nippones pour adultes. Il arrive que quelques éléments sortant de l’ordinaire soient utilisés dans des intrigues, mais ils se veulent ténus passent plutôt au second plan. Toutefois, depuis les années 2010, les j-dramas semblent désirer changer un petit peu la donne et commencent à proposer des univers sensiblement fantasmagoriques et où la magie, les voyages dans le temps, les vampires et autres créatures monstrueuses apparaissent. Il n’empêche que tout ceci est fort minoritaire et, pour l’instant, assez peu pertinent pour avoir envie de s’y plonger à corps perdu. Ce sont au final plus des éléments triviaux permettant de lancer l’intrigue sur une piste plus originale, tout en gardant une tonalité somme toute réaliste. Le constat est totalement différent en ce qui concerne les séries à destination d’un public plus jeune. Effectivement, les tokusatsu, ces feuilletons à effets spéciaux, multiplient les apports fantastiques et sortis de l’imagination débridée des scénaristes. Grands méchants à abattre, pouvoirs spéciaux et robots s’y côtoient. Concernant l’horreur, c’est encore plus simple, malgré sa forte présence au cinéma, à part quelques histoires de fantômes peu concluantes, il est presque absent et en devient surtout profondément ridicule pour un amateurisme navrant et une inexistence totale d’atmosphère digne de ce nom.

 

  • Clone Baby : Des jeunes nés exactement le même jour meurent dans des circonstances étranges. Au jeu des chaises musicales, il finit par ne rester plus qu’une seule chaise et tout le monde la veut…
  • Keitai Sôsakan 7 : Un lycéen asocial intègre une organisation secrète où, accompagné d’un téléphone portable anthropomorphe, il traque les cybercriminels.
  • Yasha : Désormais adultes, des jumeaux créés artificiellement dans un laboratoire se rencontrent. Dotés de capacités hors du commun, ils cherchent des réponses concernant leur existence alors que le Japon s’apprête à être ravagé par un virus.


4 Comments

  1. Caroline
    KNIGHT• 22 novembre 2009 at 10:25

    Merci pour ce super bon-boulot. :)
    C’est clair, c’est simple, et c’est super-instructif sur un domaine que je ne connais de loin et qui serait à découvrir !

    Tu as eu là une très bonne idée ! ^^

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  2. Caroline
    Caroline• 1 décembre 2009 at 21:55

    Mais de rien ^^. Je suis contente si ça te plaît et si ça t’apprend des choses. C’est le but. Si, en plus, ces billets te donnent envie de commencer au moins un j-drama, je serai ravie.

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  3. Caroline
    Greg• 16 octobre 2017 at 16:56

    Félicitations !
    Difficile d’en demander plus tellement cela semble complet. Vos commentaires sont pertinents et concis. Je suis content de constater que certains des dramas que j’ai vu et aimé soit dans la liste ( Byakuyakô en tête, que j’ai vu il y a plusieurs années et que je ne peux oublier, My Boss My Hero complétement loufoque, Love Shuffle… ).

    Je ne sais pas si je peux conseiller deux séries ( mais je vais le faire), c’est Renaï Neet ( que l’on peut trouver en HD en plus) ! C’est dans le genre romance, et je l’ai trouvé très agréable et souvent drôle. L’autre drama est Shokuzaï, drame en cinq épisodes.

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    • Caroline
      Caroline• 16 octobre 2017 at 22:02

      (Merci ^^.)

      Bien sûr que l’on peut conseiller des séries par ici, c’est même hautement appréciable :D. Pour ma part, Renai Neet ne m’intéresse pas particulièrement, probablement parce que j’ai un peu de mal avec Nakama Yukie. En revanche, je recommande également Shokuzai ; mon billet la concernant n’arrivera pas avant 2018 – je dis ça au cas où quelqu’un le cherche et souhaite le lire.

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