Ah, la fameuse interrogation à laquelle il est presque impossible de donner une réponse gravée dans le marbre. Tellement de critères entrent en compte que ce serait totalement ridicule de proclamer qu’il faut débuter par untel j-drama ou un autre. L’idée est de prendre son courage à deux mains et de se jeter à l’eau, quitte à être quelque peu échaudé, mais de persévérer et essayer divers titres dans des genres radicalement différents. Ce n’est pas en regardant une seule série japonaise que l’on pourra affirmer que les productions du pays ne sont pas faites pour soi. Rappelons effectivement que ce microcosme particulier est marqué par sa versatilité ; trouver chaussure à son pied n’est pas une tâche impossible, à condition de s’en donner les moyens. Le but de ce billet n’est en aucun cas d’offrir une solution clé en main, puisqu’il n’en existe pas. Il tente plutôt d’aiguiller sensiblement le public avide d’exotisme et d’un renouvellement de ses horizons.

Une des premières questions à se poser est de savoir si l’on est familier de la civilisation japonaise. Si l’on n’y connaît absolument rien, les premiers pas seront probablement un tantinet plus ardus et impressionnants. En revanche, pour peu que l’on ait déjà regardé un animé, lu un manga, testé un film, parcouru des romans ou, mieux, visité le pays et côtoyé ses habitants, le choc culturel devrait être moins prononcé. Ne nions effectivement pas que les différences d’avec les séries américaines auxquelles la majorité est habituée sont flagrantes et peuvent laisser circonspects. L’interprétation est peut-être l’élément le plus caractéristique tant, dans de nombreuses fictions, le surjeu est régulier. Tout y est amplifié, les mimiques et grimaces peuvent être de la partie, les comédiens gesticulent et, plusieurs y seront totalement hermétiques, voire irrités. Contrairement aux apparences, ce cabotinage n’est pas nécessairement un écueil, mais plus un style sur le fil du rasoir qui, associé au talent de l’acteur et à l’écriture des dialogues est capable de se révéler extraordinaire et transcendant littéralement l’ensemble. Il est toutefois indiscutable que les ratés sont plus nombreux que les réussites. Quoi qu’il en soit, ce surjeu est en grande partie présent dans les comédies et n’est pas une obligation. Ce sont ainsi les différences culturelles qui ont tous les risques de freiner le téléspectateur, ce qui signifie pourquoi il est certainement préférable de s’y plonger doucement et de ne pas opter de prime abord pour un j-drama disposant d’une identité trop connotée. Par exemple, des pépites de la trempe de Nodame Cantabile et Tiger & Dragon figurent parmi les succès qualitatifs, mais la première est une injection survitaminée proche de l’animé et la seconde aborde un divertissement traditionnel multipliant les jeux de mots et autres références à la culture populaire. En somme, dans l’idéal, ces séries devraient être regardées une fois quelques clés de décryptage maîtrisées.

 

Le deuxième critère important avant de choisir quoi que ce soit est de se rapporter à ses propres goûts. Si l’on déteste la romance, il est évident qu’il ne faut pas opter pour une série favorisant les histoires d’amour ; ce serait se tirer une balle dans le pied. C’est en partie pour cette raison que citer un j-drama en guise d’apéritif et d’ouverture ne se fait pas à la légère. Pour vous aider, voici quelques pistes :

Beaucoup se sont lancés dans les j-dramas via Nobuta wo Produce et Hana Yori Dango. Le premier est, à mon sens, un excellent choix et je serais d’ailleurs tenté de le proposer à presque tout le monde. Il s’agit d’une jolie amitié distillant une ambiance japonaise, sans trop en faire, et se voulant attendrissante, drôle et mouvementée. Par contre, Hana Yori Dango commence à prendre de l’âge et, malgré son incroyable statut à travers toute l’Asie, illustre une histoire d’amour assez fleur bleue, très kitsch par moments ; elle ne devrait être essayée que par les indécrottables romantiques ayant gardé un cœur d’adolescente. Autrement, Orange Days, 1 Litre no Namida ou encore Pride font office de fictions assez faciles d’accès pour la bonne raison qu’elles abordent des thématiques humaines universelles et fédératrices. Vous l’avez compris, à mon avis, le point d’entrée se doit d’être un feuilleton relativement proche de ce qui peut se faire en Occident, mais possédant tout de même plusieurs facettes de l’identité culturelle du Japon, de manière à immerger progressivement le téléspectateur.

 

N’hésitez surtout pas dans les commentaires – ou par mail –, à demander des suggestions et conseils plus ou moins personnalisés. Cette proposition est valable pour le choix premier j-drama, mais aussi pour n’importe quelle autre série à tester. Bien sûr, je n’ai pas la prétention d’avoir réponse à tout, si ce n’est que ma modeste expérience en la matière peut probablement aider quelques-uns d’entre vous.[/fusion_builder_column][/fusion_builder_row][/fusion_builder_container]