Après une première année délicieuse, True Blood est revenue sur HBO de juin à septembre 2009 pour une deuxième composée de douze épisodes. Comme j’ai déjà pu le dire, j’ai beaucoup apprécié la saison une, trouvant qu’elle parvenait à bien gérer son côté étrange et totalement original dans le paysage télévisuel. Quand bien même elle a des défauts comme le jeu de certains acteurs, j’avais passé un très agréable moment. Cette suite a-t-elle changé cela ? Au fait, je précise de nouveau que je n’ai jamais lu les livres. Aucun spoiler.

Après la résolution des meurtres perpétrés à Bon Temps, la vie aurait pu reprendre son cours normal, mais, non, c’était bien mal connaître l’univers de la série. Cette seconde saison repose essentiellement sur deux intrigues principales. Tout en immergeant le public en profondeur dans la confrérie du soleil, un personnage très puissant, capable de changer l’esprit des foules, fait son apparition. Ces fils rouges ne sont pas si indépendants que ce que l’on pourrait penser et chacun agit à sa manière sur ce qui se passe dans ce village paumé, et sur ses habitants. Évidemment, les vampires sont de la partie et l’on découvre davantage leur mode de fonctionnement et certains de leurs représentants les plus hauts placés. Ceci dit, d’autres créatures surnaturelles ont leur minute de gloire, et bien plus encore. Bref, l’atmosphère fantastique de True Blood est perpétuellement présente. La série n’hésite pas non plus à accentuer son aspect sexuel et toujours plus déjanté, sans pour autant donner l’impression de verser dans le n’importe quoi. De plus, les thèmes abordés sont finalement un peu plus profonds qu’ils ne le laissent paraître et le scénario fait preuve d’un sacré travail du côté de la mythologie en reprenant moult légendes existantes. Honnêtement, cette saison fut un vrai délice à ce niveau. C’est frais, mais en même temps glauque, c’est divertissant, mais en même temps assez réfléchi, c’est résolument marrant et fun, mais en même temps dramatique à fond les boulons. Les douze épisodes m’ont procuré un effet du tonnerre et j’étais limite droguée. Je vous rassure, je n’étais pas comme les habitants de Bon Temps en fin de parcours si ce n’est que True Blood a sans aucun doute une influence hypnotique sur ma personne. Il s’avère alors compliqué d’en décrocher et cette impression d’addiction est fortement appréciable dans le cadre des fictions.

À vrai dire, les défauts majeurs de la saison une ne sont plus présents. Bill et Sookie qui étaient assez fades et parfois agaçants deviennent attrayants. La blonde ingénue prend du caractère, tient tête à n’importe qui et évolue d’une manière qui me plaît beaucoup. Elle est certes toujours autant scotchée à son Bill, mais elle est bien plus que sa petite amie. Bon sang, elle est Sookie Stackhouse et il n’y a pas intérêt à toucher à ce qu’elle aime ! Je suis la première étonnée d’avoir beaucoup apprécié son personnage cette année. Bill est également moins ennuyant et commence à montrer quelques signes de faiblesse. Il n’est pas aussi noble qu’il le laisse penser – volontairement ou non –, et ça, c’est chouette. En première saison, les protagonistes représentaient déjà l’atout de True Blood ; ce sentiment est encore plus valable pour celle-ci. Il n’y en a aucun qui n’est pas un minimum attachant, à tel point que je ne sais même pas par où débuter tant je les ai tous trouvés géniaux. Sans grande surprise, je fais partie de tous ceux ayant été totalement charmés par Eric, le vampire viking, qui prend enfin du galon et… ouaw, mes amis, quel développement, quel charisme, quelle prestance. Je n’ai qu’une chose à répéter encore et encore : vivement la suite ! Sans dévoiler l’intrigue et son sel, je dirai seulement que j’espère qu’un réel rapprochement – et non en rêve – avec un certain individu figure au prochain programme des réjouissances. Sinon, Jason bénéficie de mes faveurs, car s’il ne pense qu’avec ce qu’il a dans son pantalon, il n’en demeure pas moins adorable. Quand j’écris que j’aime tous les personnages, ce sont vraiment tous. Il y en a dont on ne se rappelle pas forcément leur nom, mais ils habitent et font de Bon Temps ce qu’il est, et cette galerie de protagonistes aussi hauts en couleur est un vrai délice. Du côté des nouveaux arrivés, Godric (Allan Hyde) a, en quelques secondes, un effet monstre grâce à une présence magnétique. Jessica (Deborah Ann Woll), pour laquelle j’avais de sérieux doutes en fin de saison une, se révèle agréable et émouvante. En fait, True Blood arrive systématiquement à intégrer des personnages en moins de deux, donnant ainsi l’impression qu’ils ont toujours été là et qu’on les connaît sur le bout des doigts.

En conclusion, la saison deux de True Blood repose beaucoup sur le thème de l’excès, celui notamment en lien avec la religion. De ce fait, tout est bon pour l’illustrer et les épisodes flirtent perpétuellement avec la surenchère gratuite. Le résultat paraît dès lors parfois ahurissant – qui plus est quand on le regarde –, mais, contre toute attente, le traitement global n’est ni ridicule ni sulfureux rien que pour l’être. Cette manière de procéder est avant tout l’une des principales caractéristiques de la fiction ; ce qui devient un atout pour plusieurs spectateurs se transforme au contraire en horreur pour d’autres. Alors que la première année présentait en définitive essentiellement les personnages et l’univers, la seconde propose plus de consistance et développe donc davantage l’ensemble. Autrement dit, la production prend son envol, et elle le fait bien. Ne le nions pas, subsistent quelques défauts ; par exemple, la fin est moins bien gérée que le reste et le traitement souffre d’une sensible inégalité. Or, ces lacunes sont tellement minimes comparé au plaisir permanent que procure cette saison qu’il est légitime de les occulter. Il paraît clair qu’à l’heure actuelle, aucune œuvre télévisuelle ne ressemble de près ou de loin à True Blood. Cette série est totalement déjantée, tordue et résolument passionnante. Vivement la suite~