Après une première saison correcte et divertissante mais sans plus, Merlin était de retour entre septembre et décembre 2009 pour une seconde saison de treize épisodes. Toujours diffusée sur BBC One, elle comporte treize épisodes. Verdict ? Aucun spoiler.

Contrairement à apparemment pas mal de personnes, je n’ai pas été spécialement emballée par la saison une de Merlin. Certes, l’ennui n’était pas forcément présent si ce n’est qu’on ne peut guère écrire que je m’amusais follement. La faute à des personnages assez clichés, des scenarii convenus, un massacre des mythes arthuriens et un traitement très familial. La production ne m’apparaissait pas foncièrement mauvaise, je ne décelais juste pas suffisamment d’éléments positifs pour réellement m’accrocher – probablement parce que je ne me situe pas dans le public visé. Comme par magie, mon ressenti fut assez différent au cours de cette seconde saison. Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que j’ai subitement trouvé la série extraordinaire, mais j’ai eu l’impression de visionner une saison relativement maîtrisée, et cela, bien plus que la précédente. Après tout, ce changement se comprend plutôt aisément. En 2008, l’idée des scénaristes était probablement de présenter l’univers et ses personnages, tout en installant les intrigues principales. En 2009, maintenant que les bases sont a priori posées, le but est de passer à la vitesse supérieure. Puisque le deuil des légendes a été réalisé avec fracas auparavant, il n’existe alors plus aucun problème pour accepter toutes les différences vis-à-vis du canon. Accessoirement, c’est bien plus aisé de ne pas être déçu à partir du moment où l’on n’attend plus grand-chose d’une production. D’un point de vue purement formel, la musique composée par Rob Lane fait encore une fois mouche et habille parfaitement les images. Bien sûr, Merlin n’est pas devenue une fiction réfléchie et propice à une fine analyse, notamment parce qu’elle ne prend pas de risques, que les incohérences et facilités sont monnaie courante, que les méchants n’apprennent jamais de leurs erreurs ou encore parce que les histoires demeurent convenues et prévisibles. Mais il n’est pas nécessaire d’être parfait pour être globalement divertissant, n’est ce pas ?

La force de la saison – et de la série, d’ailleurs – réside dans ses personnages et dans les liens se tissant entre eux. Merlin, en apprenti sorcier un peu niais sur les bords, est mignon et attachant comme tout. Au cours de ces épisodes, son passé est progressivement exploré et le point d’orgue qu’est à ce sujet le season finale est assez émouvant de ce côté-là. En dépit de ses talents hors du commun, le jeune homme commet de lourdes erreurs qui auront de graves conséquences. Son chemin parsemé d’embûches laisse espérer qu’il commencera à prendre du poil de la bête et à évoluer tranquillement vers une image davantage adulte. Ceci dit, il faut tout de même qu’il garde son air jovial ! Naturellement, si l’on parle de lui, impossible de ne pas faire allusion à Arthur qui devient enfin plus qu’un prince pénible et arrogant. Il prend position contre son père quand il le juge nécessaire et on sent aisément qu’il a l’étoffe d’être un roi, un bon roi. La relation entre un valet et son maître tend à s’atténuer pour laisser place à une véritable amitié. Difficile de cacher sa satisfaction en constatant de quelle manière ces deux futures grandes personnalités s’apprivoisent et apprennent à se connaître pour devenir inséparables. Néanmoins, en dépit de ce que certains aficionados semblent vouloir espérer ou attendre – effet probablement alimenté par l’esprit tendancieux des scénaristes – il est évident qu’il s’agit d’une dynamique purement platonique et qu’elle ne dissimule aucun sentiment ambigu. Sinon, exceptés Arthur et Merlin, les autres personnages ne sont tristement pas développés. Uther ou Gaius ne servent généralement que de faire-valoir, l’un étant là pour la caution morale ou au contraire, l’exemple à ne pas suivre ; tandis que l’autre est assimilé à une encyclopédie vivante juste présente pour sauver tout le monde de la situation avec ses potions et connaissances en sorcellerie. Quant aux jeunes femmes, le constat est presque tout aussi affligeant. Gwen se montre peu convaincante et peine à faire croire qu’elle sera la future reine de Camelot tant elle ne dégage rien d’exceptionnel ; espérons que la saison suivante essaiera de lui offrir une vraie personnalité. A contrario, Morgana qui avait un tendance à agacer en première saison prend toute son ampleur cette année et symbolise l’arc principal. Ses pouvoirs sont de plus en plus présents et elle aussi fait des choix qui la marqueront à vie, des choix qui ne sont pas toujours très pertinents, malheureusement. Évidemment, la saison est aussi l’occasion de revoir certains personnages comme Lancelot ou Mordred mais également de découvrir de nouveaux tels que Morgause (Emilia Fox). Sans grande surprise, il ne faut pas chercher une quelconque exploitation de ces figures.

Au final, la seconde saison de Merlin se révèle plutôt plaisante puisque ses épisodes se regardent sans difficulté. Le ton est drôle tout en n’hésitant pourtant pas à dramatiser légèrement les propos. Cependant, il est indiscutable qu’il s’agit là d’une série familiale ayant surtout pour but de faire rêver et dépayser. C’est justement pour cette raison que le téléspectateur adulte garde forcément une certaine pointe de déception car la noirceur n’est que très relative. Quoi qu’il en soit, malgré ses situations un peu faciles, une prise de risque plutôt absente et des personnages assez lisses, la saison propose de sympathiques épisodes tels que le 2×12, The Fires Of Idirsholas, sans aucun doute le meilleur de la série jusqu’à présent. En résumé, cette saison deux n’est pas désagréable pour un sou et permet de relever le niveau de Merlin dans son ensemble. Et vous savez quoi ? Ce week-end je vais normalement visiter le château de Pierrefonds, là où est tournée la série. Dommage que l’équipe ne s’y trouvera pas, cela aurait été amusant !