Retour sur une série pour laquelle j’ai eu un vrai coup de cœur lorsque je l’ai regardée pour la première fois, il y a de nombreuses années. De quoi est-ce que je suis en train de parler ? Mais de The O.C. (Newport Beach chez nous), évidemment ! Créée par Josh Schwartz (Gossip Girl, Chuck), elle est composée de quatre saisons passées entre 2003 et 2007 sur Fox aux États-Unis. En France, la diffusion fut bien plus laborieuse. Personnellement, je l’ai commencée dès qu’elle est arrivée sur France 2, mais à l’époque, elle a été arrêtée et j’ai ainsi acheté les DVD. Pour une raison obscure, alors que je possède la suite, je n’ai jamais dépassé la première saison. En 2009, je me suis dit qu’il était quand même temps de continuer. J’ai donc revisionné la première, de vingt-sept épisodes, dont nous allons parler aujourd’hui. Aucun spoiler.

Ryan est arrêté par la police suite au cambriolage d’une voiture avec Trey, son frère. Tandis que la prison semble être sa seule porte de sortie, son avocat commis d’office décide de le ramener chez lui en attendant de trouver une solution adaptée. La nuit qu’il devait uniquement passer finit par se prolonger et Ryan se retrouve alors à vivre parmi les riches californiens, ceux de The O.C., et il paraît évident que ses aventures sont loin d’être terminées.

The O.C. comme the Orange County, le comté d’Orange en Californie où tout le monde est beau et, surtout, très opulent. Le titre français Newport Beach fait référence à la ville dans laquelle habitent les familles de la fiction, à savoir Newport. The O.C. est à destination des plus jeunes ; les héros sont justement dans cette tranche d’âge. Pour autant, les adultes ne sont jamais oubliés puisqu’ils détiennent une part extrêmement importante des intrigues. D’ailleurs, le scénario paraît chercher une sorte d’équité entre les générations, ce qui est fortement appréciable et permet d’embrasser une plus large audience. Ce mélange symbolise assurément l’un des atouts de la production. Effectivement, en ne se focalisant que sur les ados, il se veut assez difficile d’attirer les plus adultes – et réciproquement. Alors que là, tout le monde est susceptible de trouver chaussure à son pied. Sans surprise, les thèmes abordés en deviennent par la même occasion réalistes et fédérateurs tant ils concernent moult tranches d’âge. En revanche, il était légitime de craindre de ne pas adhérer à cet ensemble compte tenu du milieu dans lequel il baigne, mais ce n’est pas le cas. À peu de choses près, les problèmes des fortunés sont finalement identiques à ceux des petites gens comme vous et moi – enfin, j’écris ça, mais aussi bien tous les lecteurs de ce blog sont richissimes !

À vrai dire, The O.C. sait rapidement s’approprier, voire réinventer les codes de la série pour adolescents. Ainsi, sa première saison est fraîche et alterne entre des moments drôles très fréquents et des instants plus dramatiques. Les répliques sont absolument délicieuses, souvent piquantes et il y a beaucoup de répartie entre les différents personnages. À ce propos, beaucoup sont plus qu’agréables. Ce qui est amusant, c’est que pendant mon premier visionnage, j’étais vraiment sous le charme de Seth (Adam Brody), le fils des Cohen geek sur les bords, n’ayant aucun ami et résolument sarcastique. Bizarrement, en 2009, je suis bien plus intéressée par Ryan (Benjamin McKenzie), le mauvais garçon pas si mauvais que ça se faisant adopter par toute la famille. Quoi qu’il en soit, entre les deux s’instaure une relation fraternelle extrêmement agréable et rafraîchissante. Pour Seth, la vie change radicalement dès l’irruption de Ryan et il lui en sera probablement éternellement reconnaissant. En fait, les personnages évoluent tous graduellement au fil des épisodes et gagnent souvent en maturité. Chez les adolescentes, j’ai un immense faible pour Summer (Rachel Bilson) et ses eww récurrents. Elle se donne beaucoup de mal pour paraître une fille cool et plutôt superficielle, mais tout ça, ce n’est que du vent. Elle abrite un cœur gros comme ça et des problèmes de confiance. Anna (Samaire Armstrong), le double féminin de Seth est, elle aussi, très intéressante et attachante.

Chez les adultes, nous sommes autant gâtés. Le couple de mariés que forment Sandy et Kirsten Cohen représente l’un des plus beaux de la télévision avec les Taylor dans Friday Night Lights. Ils sont loin d’être parfaits, mais ils dégagent une réelle alchimie et en deviennent foncièrement plaisants. Leurs voisins, les Cooper, sont leurs opposés, mais cela ne les empêche pas d’être géniaux à leurs manières. Je suis totalement séduite par Julie Cooper qui symbolise la vraie bitch comme on en fait peu. Elle va là où il y a de l’argent, ne dissimule jamais ce qu’elle pense et n’en rate pas une pour mettre n’importe qui plus bas que terre, bien qu’elle cache sa véritable nature et ses fêlures. Et puis, avouons, son interprète, Melinda Clarke, détient une classe folle. N’oublions pas de citer la petite sœur de Kirsten (Amanda Righetti), leur père autoritaire (Alan Dale), etc. Sinon, maintes têtes bien connues dans le monde télévisuel marquent les scénarios comme Eric Balfour (Six Feet Under), Bret Harrison (Reaper) ou encore Francis Capra (Veronica Mars).

Vingt-sept épisodes, c’est long, mais dans le cas de The O.C., ce nombre élevé passe très bien. Les intrigues se renouvellent régulièrement et le dynamisme se révèle presque omniprésent. C’est toujours aussi vivifiant et passionnant. Certes, les fêtes où l’argent coule à flots tendent à pulluler et ceux abhorrant ce style assez ostentatoire auront peut-être la chair de poule. Néanmoins, la fiction joue beaucoup avec les codes du soap pour les détourner à sa manière, délivrant par la même occasion une grande once d’ironie et de sarcasme. D’ailleurs, les protagonistes ne sont pas dénués de clichés et leurs relations répondent régulièrement à tous les critères spécifiques au genre, ce qui n’annule en rien l’entrain perpétuel et l’amusement.

Au final, la première saison de The O.C. se veut plus que solide. Avec ses personnages attachants, ses dialogues incisifs et drôles, son autodérision, ses paysages magnifiques, sa bande-son très rock indépendant et le traitement adulte de la plupart de ses intrigues, elle sort du lot des séries pour ados. Quand on voit le niveau actuel de The CW, ça fait peur. En dépit de son côté très calibré, The O.C. réussit à instaurer son esprit en peu de temps et n’a pas de mal à marquer ses téléspectateurs. Un petit bémol toutefois pour l’arc avec Oliver Trask qui, systématiquement, me donne envie de le massacrer à petit feu, mais il est bien le seul élément me chagrinant sensiblement. Enfin, impossible de ne pas évoquer le superbe season finale faisant passer moult émotions. Maintenant, souhaitons que la saison deux ne soit pas aussi désespérante que ce que beaucoup semblent s’accorder à dire.