Après une première année fort réussie, il était impossible d’occulter la seconde de Fais pas ci, fais pas ça. Ce n’est pas tous les jours que l’on se trouve en face d’une série française ayant sa propre identité et, qui plus est, fonctionnant à merveille. Les mois défilent et les saisons de cette fiction sont de plus en plus courtes. Effectivement, la deuxième ne comporte que six épisodes, mais le format dispose de cinquante-deux minutes. Elle fut cette fois-ci diffusée en première partie de soirée, sur France 2, entre avril et mai 2009. Notons qu’une suite avec quatre épisodes est déjà d’actualité ; il ne reste plus qu’à attendre qu’elle passe sur la chaîne. Aucun spoiler.

La première saison de Fais pas ci, fais pas ça mettait en avant deux familles aux méthodes d’éducation différentes. Chacune était illustrée à travers une émission à mi-chemin entre le documentaire et la téléréalité. Tout cet aspect est laissé de côté dans cette salve d’aventures inédites. Les caméras, les confessions embarrassées et les interviews sont ainsi rangées au placard. On voit tout simplement les Bouley et Lepic au quotidien, de la même façon que dans une série ou un film ordinaires. Du coup, les personnages ne s’adressent dorénavant plus directement aux téléspectateurs. Le procédé fonctionnait très bien et était plutôt agréable, mais son absence ne se ressent pas réellement. À vrai dire, une grande partie des qualités de la production sont de retour pour cette nouvelle année. N’étant vraiment pas fan des fictions françaises, j’avoue avoir eu un peu peur que la magie passée se soit envolée, mais ce n’est pas réellement le cas malgré moins d’éclats de rire et une trop forte propension à vouloir sortir du naturel précédent. L’intrigue sur l’agent immobilier véreux, avec Anémone en voisine acariâtre, n’est franchement pas trépidante et n’a pas sa place dans Fais pas ci, fais pas ça. Ces frasques et comportements parfois proches de la simple exubérance finissent rapidement par lasser tant on espère retrouver l’authenticité et la fraîcheur des débuts. Ne le nions pas, quand le quotidien est de retour, il devient facile de s’immerger dans l’existence tellement ordinaire, mais si marrante des deux familles. Voisins, ils se fréquentent très souvent et c’est loin de les ravir, même s’ils s’entendent quand même plutôt bien. Tout le monde est donc de la partie. Six épisodes, c’est court, il y a forcément moins de développement que lors des douze de la première saison ; les enfants sont vraiment en retrait, par exemple. Toutefois, les thèmes de la vie française sont réemployés : boulot, chômage et recherche d’emploi, divorce, baccalauréat, adolescence, rêve d’émancipation de la mère au foyer, etc. La série est toujours aussi fédératrice, et c’est un régal que d’avoir vraiment l’impression de côtoyer deux familles françaises tout à fait crédibles. Du côté des invités, la production s’offre en plus quelques personnes de luxe comme Patrick Bruel qui joue son sosie, Pascal Légitimus, Mathilda May ou encore André Manoukian.

Finalement, il n’y pas grand-chose à dire sur cette seconde année de Fais pas ci, fais pas ça qui, malheureusement, sans être une catastrophe, est à la peine par rapport à la précédente. Si les six épisodes restent globalement frais, pétillants et drôles, que les répliques sont assez incisives et délicieuses, et que l’humour se veut autant piquant, quelques zones d’ombre subsistent. La simplicité se transforme parfois en irréalisme et trop d’exagérations deviennent irritantes, surtout que l’aspect purement familial prend désormais beaucoup de place, au contraire de la parodie. Heureusement, les acteurs représentent un atout non négligeable, car ils se révèlent plutôt extraordinaires. En bref, la saison a visiblement des difficultés à trouver ses marques après avoir changé de formule. Laissons peut-être à la série le temps de s’adapter avant de se montrer trop critique.