Avec ce tanpatsu, nous arrivons enfin au bout des fictions japonaises que j’aurai regardées en 2009. Après ça, nous nous attaquerons à 2010. Le phénomène Densha Otoko étant ce qu’il est, l’adaptation télé ne s’est évidemment pas arrêtée à la série hebdomadaire puisque deux épisodes spéciaux ont suivi. Le premier d’entre eux, intitulé Mô Hitotsu no Saishûkai Special: Densha Otoko vs Guitar Otoko, soit littéralement une autre fin : l’homme du train contre l’homme à la guitare, est passé sur Fuji TV le 22 septembre 2005 durant soixante-dix minutes. Aucun spoiler.

Prenons une machine à remonter le temps et repartons trois mois avant l’agression de Saori dans le train. Tsuyoshi n’a donc pas encore rencontré la belle et se contente de sa petite vie d’otaku. Son ami Matsunaga croit dur comme fer que l’élue de son cœur en pince pour lui et accepte de lui acheter une guitare en mauvais état à un prix exorbitant. Une fois le pactole en poche, celle-ci le laisse tomber comme une vulgaire chaussette en veillant avant à se moquer de lui. L’âme en peine, il décide de raconter sa mésaventure sur le forum d’Aladdin Channel, pour que personne d’autre ne subisse le même affront. Quand le récit de l’homme du train occupe ensuite le devant de la scène, Matsunaga, qui n’a aucune idée que son copain en est l’auteur, gagne en courage.

Ce premier épisode spécial donne le ton dès le départ en montrant que cette fois, Tsuyoshi et Saori n’en sont pas les héros. Leur histoire n’est jamais oubliée puisque ce tanpatsu nous inflige un récapitulatif très laborieux de tout ce qui s’est passé, mais la caméra se focalise sur les personnages annexes. Matsunaga et ses problèmes de guitare se trouvent en haut du panier, comme Ushijima Sadao, celui qui se bat contre ses soucis informatiques et rêve d’une jolie Coréenne. L’objectif d’explorer plus en profondeur ces figures jusque-là très binaires s’avère judicieux sauf qu’à l’écran, le résultat n’est jamais concluant. Déjà, outre les flashbacks rébarbatifs, le scénario a pour défaut de se calquer sur l’original. Les deux protagonistes souffrent de leur nature d’otaku, subissent diverses adversités, mais s’en sortent grâce au soutien des internautes toujours foncièrement gentillets. L’amour triomphe envers et contre tout ! Mais surtout, si Sadao demeure tolérable, ce n’est pas le cas de Matsunaga qui, sans surprise, se révèle encore horripilant, consternant et mettant très mal à l’aise. Ses gesticulations et ses grimaces rendent l’individu d’autant plus pathétique.

Pour résumer, à moins d’être un indécrottable de l’univers de Densha Otoko et du mélange sentimentalement niais, cet épisode bonus aux rares séquences inédites n’apporte strictement rien. Loin de tirer parti de son potentiel, il se limite à des scènes redondantes aux héros au mieux insipides, au pire insupportables.