Si je vous dis Rob Thomas, vous pensez certainement au créateur de Veronica Mars. Mise à part cette série qui a conquis de nombreuses personnes, tout du moins lors de ses deux premières saisons, Thomas est à l’origine de quelques autres. Bon, je fais l’impasse sur 90210, on n’a pas besoin de faire des cauchemars. Non, il est question de Party Down, son dernier bébé en date. À noter qu’il n’est pas le seul aux commandes, on retrouve aussi l’acteur Paul Rudd. Elle est diffusée sur Starz, la petite chaîne du câble qui a très peu de séries dans son programme. La toute récente Spartacus : Blood and Sand en fait par exemple partie. La première saison de Party Down est passée sur la chaîne entre mars et mai 2009. Elle comporte dix épisodes d’environ 25 minutes. Une saison deux est d’ores et déjà d’actualité et devrait débuter fin avril. Aucun spoiler.

Party Down raconte les (més)aventures d’employés d’une entreprise de traiteurs qui n’ont qu’une seule envie : décrocher le rôle de leur vie au cinéma / télévision / le format importe peu. Histoire de faire tourner la marmite, ils sont bien obligés de travailler un minimum et c’est ainsi qu’ils sont serveurs. C’est essentiellement la distribution qui m’aura donné envie de regarder cette première saison. Effectivement, on retrouve de nombreux visages connus, et la plupart du temps fort sympathiques. Le manager de Party Down, Ron Donald, est joué par Ken Marino (Veronica Mars). Il rêve d’ouvrir une sorte de fastfood ne servant que des soupes et prend son boulot au sérieux. C’est bien le seul d’ailleurs. Il s’occupe de gérer une équipe composée de personnes aussi losers que lui. Henry, interprété par Adam Scott, s’est fait connaître grâce à une pub de bière, et surtout une réplique, qui risque de le suivre toute sa vie. Totalement dépressif sur les bords, il sait qu’il a une vie pourrie mais n’essaye pas vraiment de la changer. Toujours chez les personnages masculins, la bande est composée de Kyle qui porte les traits de Ryan Hansen (Veronica Mars). Légèrement stupide sur les bords, il n’aspire qu’à une chose : la gloire. Enfin, Roman, le geek qui déteste viscéralement tout ce qui semble ressembler à de la SF mais qui n’en est pas (ne parlez surtout pas de fantasy !), n’est autre que Bill de Freaks and Geeks. J’avoue que durant les dix épisodes je ne faisais que me dire que sa tête me disait trop quelque chose mais impossible de remettre un nom sur ce visage. Faut dire qu’il y a dix ans entre les deux séries, il a eu le temps de changer. Quant aux femmes, on retrouve la géniale Jane Lynch dans le rôle de Constance, totalement has-been et quelque peu limitée intellectuellement, ainsi que Casey, incarnée par Lizzy Caplan (la copine tarée de Jason dans True Blood). Bref, ça en fait du monde connu et pourtant ça ne s’arrête pas là. Il y a en effet tout plein de guest stars qui jouent leur propre rôle ou bien un rôle totalement à contre-emploi. Les fans de Veronica Mars reconnaîtront ainsi Kristen Bell, Enrico Colantoni, Jason Dohring, Alona Tal ou encore Daran Norris. Rob Thomas aime ses acteurs et ça se sent. Ceci dit, il y a aussi J.K Simmons (Oz), l’ancien basketteur Rick Fox, George Takei et Steven Weber (Without a Trace et un tas d’autres séries).

À part ce côté grande famille, Party Down ne se prive pas non plus pour multiplier les références à la pop culture. À noter que Greek est souvent citée et la réciproque est valable. Ainsi, dans la saison trois actuellement en cours, Cappie et Evan travaillent en tant que serveurs et ont exactement la même tenue que les serveurs de Party Down. La coïncidence est bien trop grosse pour être due au hasard.
Les dix épisodes reposent à chaque fois sur le même système. Les serveurs travaillent lors d’une réception et on les suit tout au long des préparatifs et de la soirée. On ne les voit jamais en dehors du travail. La saison est ainsi très codifiée. Heureusement de ce fait qu’il n’y a que dix épisodes car sinon le désintérêt aurait rapidement pointé le bout de son nez. Avec une durée plutôt courte, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer. L’équipe est une vraie bande de losers en puissance. Ils sont très pathétiques et aucun ne semble sauver l’autre. La série a certes pour objectif de faire rire mais si ça arrive, on rit généralement jaune. À vrai dire, Party Down possède un côté très The Office (version US). La manière de filmer est elle est aussi plus ou moins similaire. Il y a un côté très amateur à l’ensemble et c’est plutôt doux-amer.

En conclusion, la première saison de Party Down n’est pas parfaite car elle manque parfois de rythme et de profondeur mais elle a un côté décalé et désabusé qui est plutôt agréable. Il semble clair que le mélange ne plaira pas à tout le monde d’autant plus que l’humour est pince-sans-rire et les blagues déplacées sont légion. La série n’est pas là pour faire hurler de rire, c’est un peu plus subtil que ça, à l’instar d’un The Office. La réalisation fait parfois trop amateur mais on s’y fait relativement vite et cela donne un aspect assez original à l’ensemble. Les dix épisodes passent rapidement, notamment grâce à des dialogues globalement bien écrits et incisifs. Le casting est bon, voire très bon dans le cas d’Adam Scott. Au final, la saison est divertissante, pas prise de tête, assez bien pensée et on se plaît donc à suivre les aventures pathétiques de ces serveurs souvent bien allumés !
Bonus : le trailer

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