C’est toujours lorsque l’on possède les DVD’s que l’on met plus de temps à regarder quelque chose. En tout cas, pour ma part c’est à chaque fois pareil. En 2008, si mes souvenirs sont bons, j’ai eu la chance de gagner la première saison de The Riches. Ce n’est que fin 2009 que j’ai enfin pris le temps de la regarder. Il s’agit là d’une série américaine, annulée au bout de deux saisons. Elle fut diffusée entre 2007 et 2008 sur FX et en France sur Jimmy. La première saison, dont nous allons donc parler aujourd’hui, comporte treize épisodes alors que la seconde seulement sept. Elle a été créée par Dmitry Lipkin qui est aussi à l’origine de Hung. Cela va peut-être faire fuir certains car j’ai cru comprendre que cette série était plutôt mauvaise. Aucun spoiler.

Les Malloy sont une famille issue de la communauté des Travellers irlandais. Ils vivent de petites arnaques, ce qui les oblige à être tout le temps sur les routes avec leurs trois enfants.
Mais un jour, ils ont l’occasion de changer de vie lorsqu’ils sont indirectement mêlés à un accident de la route, qui tue les occupants d’une voiture. C’est alors qu’ils décident de camoufler l’accident et de prendre les identités des victimes de l’autre voiture.
Les arnaqueurs vont devoir affronter les milliardaires fourbes et leurs ex-compagnons de voyages.
Source : Wikipédia

Comme le laisse supposer le synopsis et les séries habituelles de FX, The Riches n’est pas une série comme les autres. Elle bouscule assez les codes du genre et n’hésite pas à se moquer de la société américaine aisée, de la richesse et autres valeurs que l’on pourrait parfois juger superflues. Le ton est satirique et caustique ce qui amène forcément son lot de scènes croustillantes et plutôt jouissives. La famille Malloy intègre le banc des riches, des très riches même, mais cela ne veut pas dire qu’elle change du tout au tout. Ce n’est pas parce que le compte en banque contient de nombreux zéros et qu’ils possèdent désormais une sacrée maison qu’ils ne sont plus des gens du voyage. En effet, c’est suite à la mort accidentelle d’un couple, les Riches, qu’ils décident de se faire passer pour eux. On est loin d’une lubie, les Malloy ont de gros problèmes avec leur famille nomade ce qui fait qu’ils doivent trouver une solution, même si cela veut dire se sédentariser un petit peu. La première partie de la saison repose ainsi surtout sur le règlement des problèmes avec leurs origines alors que dans la seconde partie, il est plus question de l’adaptation à ce nouveau monde embourgeoisé. Ceci dit, on est toujours rattrapé par son passé… même si des fois on essaye de l’oublier. Forcément, la saison est marquée par de nombreuses péripéties, on se s’improvise par riche du jour au lendemain. D’autant plus lorsque l’on n’a jamais été à l’école de sa vie et/ou qu’on ne connaît rien aux convenances sociales.

La famille Malloy est composée de Wayne, le père, sa femme Dalhia et leurs trois enfants : Cael, Didi et Sam. Ils sont tous plutôt bien développés, même si l’on s’attarde surtout sur les parents. Wayne est interprété par Eddie Izzard qui est vraiment très bon dans le rôle de ce père, as de l’escroquerie et qui désire une « vraie vie » pour ses enfants. Dalhia est incarnée par Minnie Driver, elle sort tout juste de prison, est assez instable, a des problèmes avec la drogue et si elle ne le montre pas forcément, en veut beaucoup à son mari. Quant aux enfants, Cael est celui qui est le plus attaché aux valeurs traditionnelles de la famille, Di Di est celle qui s’adaptera au mieux et Sam a tendance à s’habiller en fille. Les cinq sont souvent en conflit mais on sent tout de même une très grande complicité et de forts liens entre eux. A vrai dire, il ne doit pas se passer un seul épisode où il n’y a pas une engueulade mais ils finissent quasiment tout le temps par se rabibocher, même si ça ne passe pas toujours par les mots.
Leur grande famille irlandaise est elle aussi dotée de membres bien hauts en couleur et souvent déjantés. La palme revient probablement à Dale, joué par Todd Stashwick, le cousin de Dahlia qui se meurt d’amour pour elle. Il est bien décidé à supprimer Wayne de la planète. Sinon, chez les riches, on retrouve quelques personnages truculents dont le patron d’une grande entreprise sous les traits de Gregg Henry (Gilmore Girls).

La première saison de The Riches pose un univers intéressant, à l’humour caustique et décalé. La série prend le temps de démarrer, elle commence à être réellement sympathique dès le milieu. A partir de ce moment, on se prend facilement au jeu et on suit avec amusement la famille et leurs aventures. La question est de savoir si les Malloy arriveront à se dépêtrer de leurs affaires avec leurs compagnons de voyage et si oui ou non, ils se feront démasquer par leurs nouveaux voisins richissimes. La série se targue par ailleurs de se moquer de cette société bourgeoise et individualiste, montrant qu’en dépit de cet argent qui coule à flot, les problèmes sont résolument les mêmes. Le ton alterne entre comédie et dramatique ce qui fait que la série parvient à trouver une ambiance bien à elle et plutôt originale.