Après une addictive première saison, LIAR GAME est revenue sur Fuji TV pour la seconde fois entre novembre 2009 et janvier 2010. La fiction bénéficie pour l’occasion de neuf nouveaux épisodes de quarante-cinq minutes, exception faite du premier possédant un quart d’heure supplémentaire. Un film, conclusion de la série, est sorti en salles au Japon le 6 mars dernier. Rappelons que LIAR GAME est à la base un manga ; il sera d’ailleurs disponible en France chez Tonkam à partir du mois de juin. Aucun spoiler.

Kanzaki Nao et Akiyama Shinichi mènent désormais une existence plus ou moins tranquille. Alors qu’ils commencent enfin à oublier le machiavélique liar game dont ils étaient récemment sortis sans trop d’encombre, ils reçoivent une autre invitation. Tout comme lors de la première session, ils n’ont guère le choix et se retrouvent catapultés en compagnie de Fukunaga dans une session du tournoi encore plus perverse que la précédente. Le but de Nao et Akiyama est cette fois-ci malgré tout différent : ils sont bien décidés à faire chuter l’organisation à l’origine de ces jeux diaboliques.

 

Quel plaisir que de replonger dans l’univers de LIAR GAME ! La première saison se suffisait à elle-même donc m’y arrêter ne me posait pas réellement de problème. Néanmoins, on est généralement content d’avoir du neuf à se mettre sous la dent lorsque l’on a apprécié quelque chose. En revanche, on ne peut s’empêcher d’être un tant soit peu inquiet quand on se remémore les bons moments que l’on a passés devant. Et si, cette fois, nos souvenirs étaient gâchés par du nouveau matériel peu enthousiasmant ? Fort heureusement, pas d’inquiétude car ce n’est pas le cas de LIAR GAME 2. En quelques secondes, l’atmosphère spécifique de la série s’installe et insuffle une accoutumance télévisuelle. Par exemple, les décors sont toujours aussi splendides, voire meilleurs que dernièrement. De même, les couleurs sont très belles et il y transpire un réel effort au niveau de l’environnement. Comme ce n’est pas quelque chose de particulièrement habituel dans les séries japonaises, cette différence est plus qu’appréciable. Enfin, la musique composée par Nakata Yasutaka accompagne à nouveau à merveille les aventures stressantes de Nao et Akiyama. Si les fameuses sonorités propres à la fiction sont encore de la partie, elles ne sonnent pas redondantes puisqu’elles bénéficient d’une petite mise à jour réussie et vivifiante.

Bien que les épisodes soient plus longs que lors de la saison précédente, le rythme n’en subit pas les conséquences. On navigue toujours dans cette guerre psychologique entre les différents participants du liar game, naturellement empêtrés dans des défauts terriblement humains comme la jalousie et l’envie. L’objectif des héros cette fois-ci est, non plus d’essayer de se dépêtrer de ce jeu, mais d’anéantir l’organisation. Sans grande surprise, Nao est égale à elle-même bien que sa naïveté soit discrètement moins prégnante qu’auparavant. Elle se fait certes avoir, mais elle aussi finit par manipuler quelque peu – tout du moins, à son niveau. Il est vrai que certains pourraient trouver désagréable qu’elle soit la jolie héroïne digne de confiance, si ce n’est que l’ensemble fonctionne de façon satisfaisante en raison d’une évolution perceptible du personnage. Au bout du compte, c’est peut-être elle qui chemine le plus au fil des épisodes. Le charismatique Akiyama est quant à lui l’éternel fin stratège, bien que, des fois, on craint qu’il flanche et soit en peine. Cette seconde saison change quelque peu la donne et repose essentiellement sur l’apparition d’un nouvel ennemi : Katsuragi Ryô, interprétée par Kikuchi Rinko. Loin d’être innocente, ses motivations et son lien trouble avec Akiyama sont subtilement révélés. Si lors de la saison passée on pouvait nettement comprendre la haine de ce dernier envers Yokoya, son animosité pour cette jeune femme est malheureusement moins efficace ici. La véritable histoire se cachant sous ce duel sans pitié est au bout du compte plutôt décevante, et paraît même puérile. Cela n’empêche pas que Katsuragi soit empreinte d’une grande classe et qu’elle donne du fil à retordre à Nao et ses compères. Mis à part ce petit bémol, tout est là. En d’autres termes, les épreuves sont toujours aussi alambiquées, le fantasque Fukugana est encore une fois peu digne de confiance – en dépit d’une sensible amélioration –, la tension semble être à son paroxysme alors qu’en fait, non ; les retournements de situation sont pléthores, et les explications sont aussi délicieuses. Si en saison une, des petits dessins assez sommaires illustraient les techniques employées par les protagonistes et les règles des épreuves, ces épisodes démontrent une recherche plus soignée et le résultat est convaincant. En définitive, bien que tous les codes et caractéristiques de LIAR GAME soient réutilisés, l’ennui n’est aucunement présent grâce à un renouvellement et une ambiance parfaitement maîtrisée et définitivement enthousiasmante.

Au niveau des acteurs, on retrouve forcément des têtes identiques avec Toda Erika et Matsuda Shôta en haut de l’affiche. Tous deux forment un chouette duo et interprètent bien leur personnage. Leur relation prend un peu d’ampleur mais moins que ce que pas mal de fans ont l’air d’espérer. Ceci dit, la bande-annonce du film semble annoncer quelque chose… L’acteur Suzuki Kôsuke endosse à nouveau le rôle de l’illustre Fukunaga, le fameux traître à la coupe au bol. Étrangement compte tenu de sa grandiloquence, il est désormais devenu l’un de mes personnages favoris. Plus haut, il était question du fait que Nao ait évolué et c’est aussi clairement le cas de ce dernier. Sinon, l’équipe du liar game est de la partie et se montre forcément ambiguë. Autrement, pour l’anecdote il est possible de reconnaître plusieurs acteurs dans le rôle de participants toujours aussi peu explorés comme Kyô Nobuo (Hanazakari no Kimitachi e), Arakawa Yoshiyoshi (Tiger & Dragon), Morishita Yoshiyuki (Saru Lock), Megumi (Last Christmas) ou encore Takei Emi (Asukô March!, Otomen).

Au final, la seconde saison de LIAR GAME est un cran en-dessous de la précédente mais cela ne veut en aucun cas signifier qu’elle n’est pas intéressante. Avec un scénario riche en rebondissements et en intensité, elle est franchement jouissive et divertissante, d’autant plus qu’elle dépeint avec justesse les turpitudes de l’être humain. Rien que par son thème et sa manière d’appréhender les intrigues, ce thriller psychologique est clairement une exception dans le monde télévisuel japonais. Ainsi, il est légitime de se plaire encore une fois à suivre les aventures plus que trépidantes des personnages, en espérant voir l’organisation être acculée au mur. C’est donc le film qui devrait combler ces attentes-ci. Il ne reste plus qu’à attendre sa sortie en DVD au Japon, chose qui ne devrait plus trop tarder !