Cela faisait un petit moment que Luminophore n’était pas allé se promener du côté des Anglais. Réparons cette erreur et parlons donc de la quatrième saison de Skins. Diffusée sur E4 entre janvier et mars 2010, elle est composée de huit épisodes. Tout comme pour la première génération, c’est avec celle-ci que l’on dit au revoir à Effy, Freddie et tous les autres puisque lors de la saison cinq, nous retrouverons une bande inédite. Ce n’est cependant pas un au revoir au sens strict du terme, car un film serait vraisemblablement en préparation. Aucun spoiler.

Après une troisième saison à la limite du catastrophique, j’avoue avoir eu quelques doutes quant à savoir si j’allais être de l’aventure pour la suite. Tout ce qui faisait Skins avait disparu. En quelque temps, la série était devenue caricaturale, avec des protagonistes parfois poussifs et qui ne donnaient absolument pas l’impression d’être amis. C’est avec appréhension qu’un certain nombre de téléspectateurs a probablement commencé la saison. La reprise est assez moyenne malgré une excellente première séquence. Il faut avouer que débuter par un épisode sur Thomas n’est peut-être pas très judicieux. Le personnage, qui restera en retrait par rapport aux autres, n’a pas grand-chose d’intéressant à apporter. En huit histoires, tous les protagonistes n’ont pas la possibilité d’avoir leur propre moment de gloire. Néanmoins, les jumelles Emily et Katie ont chacune le leur. Elles ont toutes deux évolué dans leur coin et essayent de se construire, non sans mal. Alors que Katie était particulièrement creuse l’année précédente, elle s’avère bien plus plaisante. Les autres personnages continuent leur bonhomme de chemin et étant dans Skins, ils passent par des évènements difficiles, parfois traumatiques. À vrai dire, la révélation de cette saison quatre est Cook. Oui, Cook, l’insupportable. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il devient vraiment quelqu’un d’agréable à suivre. Certes, il y a toujours le côté petit con qui le caractérise si bien, mais il ne se résume plus à une caricature ambulante, excessif dans tous les domaines possibles et inimaginables. En fait, c’est surtout lui qui me donnait envie de jeter la série à la poubelle auparavant. Quand on sait qu’il est mon personnage favori cette année, on ne peut que se demander ce qui s’est passé. La saison tente enfin le temps de construire ses héros, et ça change absolument tout. On s’attache à eux et l’on prend plaisir à les suivre. Par ailleurs, ils ressemblent à de vrais amis. En ça, les nouveaux épisodes sont une réussite.

Forcément, subsistent plusieurs problèmes. Des évènements ont certainement fait tiquer les téléspectateurs et cela est tout à fait compréhensible. La fin de l’épisode sur Effy, le 4×07, est choquante au possible et le dénouement aurait pu être raté. Ce n’est pas vraiment le cas, si ce n’est que toute cette intrigue semble sortie de nulle part et sonne quand même très glauque pour Skins, même si la fiction n’aura jamais été rose bonbon. Néanmoins, le chapitre sur JJ est résolument bon enfant et fait du bien entre deux instants sombres. La série peut clairement passer d’un genre à l’autre. Le souci, c’est que Skins n’arrive pas à mettre en avant des adultes normaux. Ils ont toujours quelque chose qui cloche et qui fait qu’ils ont au final un sacré grain. C’est dommage parce qu’on pense bien que tous les Anglais ne sont pas de cette trempe. Sinon, la fin est ouverte et laissera donc sur leur faim plusieurs personnes. Ce n’est pas mon cas puisque j’ai beaucoup apprécié la dernière scène sonnant tellement Cook. Un an plus tôt, cette phrase aurait été un défaut, mais en l’occurrence, c’est ici une qualité. Oui, assurément.

En définitive, la saison quatre n’est clairement pas parfaite bien que son visionnage soit satisfaisant. Il lui manque une franche homogénéité, des personnages ne sont pas assez travaillés et leur histoire reste en suspens. Ceci dit, un hypothétique film devrait combler ces écueils. Toujours dans les lacunes, les scénaristes ont peut-être légèrement exagéré quant à ce qui se déroule en fin de parcours ; effectivement, même pour Skins, cet ultime rebondissement est un cran abusé et fait perdre à l’ensemble en cohérence. Dans tous les cas, c’est avec grand plaisir que l’on peut enfin parler cette année d’un groupe d’amis et l’on s’attache davantage à eux. En ça, la saison est réussie. Ne le nions pas, cette seconde génération n’est pas à la hauteur de la première, mais elle a sacrément réparé les dégâts commis précédemment. En prime, la bande-son est toujours aussi bonne et accompagne à merveille la vie de ces personnages tourmentés, dont les affres sont encore une fois dépeintes avec mélancolie, tristesse et une certaine authenticité. Il ne reste plus qu’à espérer que la nouvelle mouture prendra plus rapidement ses marques.