Encore une série à laquelle nous aurons été obligés de faire nos adieux en 2010 ! Effectivement, Dollhouse, la nouvelle création de Joss Whedon s’est arrêtée au terme de sa seconde saison, diffusée sur la Fox entre septembre 2009 et janvier 2010. Tout comme pour la première, elle est composée de treize épisodes mais cette fois-ci, le treizième est bien passé sur la chaîne. Rappelons que le 1×13, Epitaph One, ne fut disponible qu’en DVD aux États-Unis. A ce sujet, à l’époque du bilan de la saison une, je ne l’avais pas regardé, cela a été réparé avant la fin de la seconde saison. Comme quasiment tout le monde, j’ai trouvé cet épisode tout bonnement excellent et il est clairement à regarder avant d’entamer le series finale. Aucun spoiler.

La première saison était assez moyenne. Disons qu’elle mettait en avant des éléments intéressants plongés dans un univers prometteur mais l’ensemble ne prenait pas. La faute à qui, à quoi ? Difficile de dire. La saison deux rectifie le tir assez rapidement. Si les épisodes indépendants sont toujours présents, ils sont plus réussis, ou tout du moins davantage prenants que ceux de l’année passée. Déjà, on peut dire sans trop de souci que cette fois, on repère facilement la Whedon touch. Les dialogues sont plutôt ciselés, on a de chouettes réparties et les personnages commencent enfin à être intéressants et pour certains, attachants. C’est pas trop tôt ! Le gros problème de Dollhouse est que la plupart de ses protagonistes se trouvent sous la forme de poupée sans âme. A chaque épisode ils ont une nouvelle personnalité. Du coup, on n’a jamais le temps de réellement les comprendre et de les apprécier. Durant cette saison deux, les choses changent, notamment grâce à Echo. Les héros prennent de l’ampleur et leur psychologie s’étoffe ce qui fait qu’en tant que téléspectateur, on se sent davantage investi dans la série. En ça, la saison est une réussite. S’il existe une vraie personnalité, les liens entre les différents personnages se densifient eux aussi. Se créent des relations motivées par l’amitié, l’amour, le mépris ou n’importe quel sentiment humain. Whedon l’a prouvé à maintes reprises, le manichéisme n’est pas de son ressort. De ce fait, ce n’est pas étonnant si dans la série, tout n’est pas tout blanc ou tout noir.

Côté guests, on est servi comme des rois. Entre Alexis Denisof (Buffy & Angel ; d’ailleurs le voir avec Faith Eliza Dushku faisait un peu étrange ^^;), Summer Glau (Firefly, Terminator: The Sarah Connor Chronicles), Jamie Bamber (Battlestar Galactica), Felicia Day (Buffy, Dr. Horrible’s Sing-Along Blog), Michael Hogan (Battlestar Galactica encore), Ray Wise (Reaper), etc., on ne peut pas dire que nous n’avons pas été gâtés. Les fans de sport auront aussi reconnus Rick Fox (ex-Lakers) qui n’est là que quelques secondes.
De nouveaux personnages font leur apparition, certains sont davantage réussis que d’autres mais globalement ils apportent un plus intéressant à l’histoire.

Justement, qu’en est-il de la mythologie de la série ? A partir du double épisode 2×05-2×06 (The Public Eye et The Left Hand), Dollhouse prend assurément son envol. Les éléments se mettent clairement en place, on sent la logique et le côté toutélié présent depuis le tout début. Là on peut enfin dire que oui, Joss Whedon est peut-être lent au démarrage car finalement, la série restera au top quasiment jusqu’à sa fin. Quasiment car le series finale est assez raté, ne donnant au final que peu de réponses pour peu d’action et encore moins d’émotions. Les derniers épisodes sont toutefois agréables : riches en action, en rebondissements et avec des dialogues souvent ponctués de notes d’humour bienvenues. Mention spéciale à Enver Gjokaj qui était déjà fort agréable l’année passée mais durant cette saison, il est juste extraordinaire. L’acteur est tout simplement épatant. A plusieurs reprises il imite Topher et le mimétisme est assez bluffant. Il faut par ailleurs ajouter que son personnage, Victor, est une des plus grandes réussites de la série. Certes, ce n’est pas toujours subtil, parfois assez facile, on sent aussi que les scénaristes ont du se précipiter pour terminer la série mais globalement, ça passe bien. En tout cas, on voit une différence de niveau avec la saison une.

La seconde et dernière saison de Dollhouse est plutôt réussie. Il demeure quelques défauts comme des intrigues précipitées, une absence assez importante d’émotion et des facilités scénaristiques mais l’ensemble prend arrivé au quart des épisodes. L’univers est suffisamment original pour attirer l’attention, les décors sont toujours aussi léchés, il y a de la chouette musique (ah Apocalyptica… *.*) et les personnages prennent enfin de l’ampleur. De plus, les dialogues font cette fois honneur à la réputation de Joss Whedon. Ils sont sarcastiques, drôles et incisifs comme il faut. Côté fil rouge, on peut dire cette fois qu’il y en a vraiment un et qui tient globalement la route. Les loners sont mis de côté pour notre plus grand plaisir. Au final, tout n’est pas parfait mais on peut dire que les qualités supplantent cette fois les défauts. Juste un bémol sur le final qui aurait gagné à être plus riche en action et en éclaircissement. Annuler la série n’était pas foncièrement une mauvaise idée, elle n’était pas spécialement faite pour s’étaler dans le temps. Néanmoins quelques épisodes de plus n’aurait pas été une mauvaise idée. Espérons que pour sa prochaine série, Joss Whedon pensera à aller voir ailleurs que sur la Fox. Il devrait maintenant avoir compris que la chaîne n’est pas faite pour lui !