Bien bien bien… comment ça, j’ai du retard ? Il est vrai que ça ne fait que seize mois que la saison trois de Friday Night Lights s’est terminée aux États-Unis. Après tout, mieux vaut tard que jamais. Forcément, je l’ai regardée en direct, sinon ce ne serait pas aussi drôle. Je n’ai même pas commencé la saison quatre, me disant qu’il fallait absolument que j’écrive ce bilan avant. Dans le genre ridicule. Le fait est que Friday Night Lights fait partie de mes séries préférées. Du coup, j’ai du mal à écrire quelque chose dessus, c’est toujours ainsi. Mais comme je tiens vraiment à le faire, je m’y applique enfin aujourd’hui. Forcément, ce sera un peu vague, il ne me reste plus qu’une grosse impression générale. On essaiera de faire mieux pour la quatrième. A noter, pour ceux qui ne le savent pas, que la saison cinq sera la dernière. Elle est prévue pour cet automne sur DirectTV.
La série étant peu suivie aux Etats-Unis, NBC était partie pour l’annuler. Fort heureusement, DirectTV s’en est mêlé et la diffuse dorénavant. NBC le fait aussi mais quelques mois plus tard. La saison trois, composée de treize épisodes, est passée d’octobre 2008 à janvier 2009 aux Etats-Unis. J’avoue ne pas mettre penchée sur la question mais je crois qu’en France, en tout cas sur le réseau gratuit, seule la première saison fut diffusée. Aucun spoiler.

La première saison de Friday Night Lights était une vraie réussite. Loin d’être une simple série sur le football, elle peignait avec justesse le portrait d’une petite ville du Texas qui ne brille pas forcément par sa richesse, ses possibilités d’ouverture sur le monde ou par ses habitants. Ce fut une véritable découverte. La saison deux, sans être mauvaise, était plusieurs crans au-dessous, la faute à des intrigues hors contexte et ne collant pas du tout à l’univers. Quant à la saison trois, elle démarre très fort, avec un excellent season premiere qui zappe volontairement tous les éléments justement reprochables jusque là. Il est vrai qu’en y réfléchissant, ça peut faire assez bizarre mais c’est une excellente idée. C’est un peu comme si la saison deux n’avait pas été là. Seul petit regret, la kelleyrisation de Santiago qui était un personnage que j’aimais bien (enfin c’est peut-être beaucoup dire). A vrai dire, la totalité de la saison retourne aux bases et ça fait un bien fou. La série est clairement de haute volée et regarder chaque épisode est un pur régal. A tel point qu’on se dit que 45 minutes, c’est bien trop court.

Un fil rouge majeur de la saison est l’arrivée des McCoy. Le fils, J.D., est un jeune prodige et est vu par beaucoup comme le digne successeur du quaterback paralysé, Jason Street. Son père, Joe, est du genre autoritaire, en demandant beaucoup à son petit génie alors qu’il n’est finalement qu’un adolescent. Les deux sont bien intégrés à l’histoire et ne mettent pas long à interagir avec les autres membres du casting, notamment avec le coach Taylor. S’en suivront des disputes entre père et fils, entre coach et père, beaucoup de tension et une rupture claire, nette et précise dans le season finale. D’ailleurs, la dernière séquence de cet épisode amorce de nouvelles choses qui semblent intéressantes et qui seront assurément développées dans la saison quatre. Dillon ne sera plus comme autrefois.

La série aime ses personnages et le fait sentir. Elle prend le temps de dire au revoir à ceux qui partent comme Smash ou Jason. C’est avec une pointe de tristesse qu’on les quitte car ils faisaient partie intégrante de l’univers de Friday Night Lights. Les scènes de départ sont en plus touchantes et émouvantes comme il faut. Néanmoins, la série est suffisamment bien écrite pour que leur absence au final ne se fasse que peu remarquer. Comme dit plus, l’ajout des McCoy est une bonne idée car elle insuffle une nouvelle dynamique et de nouveaux enjeux. Elle met par ailleurs les Taylor dans une assez mauvaise posture, que ce soit au niveau sportif avec Eric, au niveau de l’école avec Tami ou bien même au niveau plus personnel pour le couple. En cela, la saison montre encore une fois que l’on a affaire à un couple uni et soudé. Même si tout n’est pas parfait, qu’il y a des disputes et des désaccords, ils demeurent ensemble et agissent comme de vrais adultes.

Concernant les jeunes, ils ont tous le droit à leur développement. Entre Matt qui voit sa place de QB#1 disparaître petit à petit et qui doit en plus gérer les ennuis de santé de sa grand-mère et l’apparition de sa mère, Tyra qui veut intégrer une fac mais qui se dit qu’elle n’arrivera jamais à quitter Dillon, Lyla qui est partagée entre ses sentiments pour Tim et son futur, Tim qui justement ne sait vraiment pas quoi faire de sa vie, on est gâtés. Les personnages sont toujours aussi ciselés et réalistes. Leur développement s’effectue au fil du temps et suit une certaine logique. Par exemple, difficile de ne pas parler de l’évolution de Tim Riggins qui est assez incroyable. Il est toujours fidèle à lui-même mais est désormais davantage posé, plus mature. La saison met d’ailleurs en avant son frère, Billy, et le season finale en est le point d’orgue. La série a toujours su gérer parfaitement les interactions entre ses héros. C’est fin, bien écrit et cohérent.

Après une seconde saison en demi-teinte, la troisième de Friday Night Light est de haute volée. Maîtrisant toutes ses intrigues, elle les clôt avec succès lors du dernier épisode tout en démarrant de nouvelles fort intéressantes. A noter que lors de sa diffusion, la série était dans le flou total concernant son renouvellement. Elle aurait très bien pu s’arrêter sur celui-ci car il est parfait. Néanmoins, on est ravi de voir qu’elle aura le droit d’aller jusqu’à sa saison cinq. La série est encore une fois réaliste, naturelle et trouve toujours le juste ton pour traiter des sujets communs. La qualité de ses interprètes et l’écriture du scénario et des dialogues y sont assurément pour quelque chose. Les scènes de football sont bien présentes, pour notre plus grand plaisir tant elles sont bien filmées et addictives même si on n’y comprend rien et qu’on n’aime pas ça en temps normal. Au final, cette saison fut intense, riche et touchante. Une vraie perle en somme.