The Tudors (saison 3)

Par , le 19 juin 2010

Aussi incroyable que celui puisse paraître, il semblerait que les bilans en retard depuis plus d’un an arrivent finalement sur Luminophore. Comme quoi rien n’est impossible. C’est ainsi que nous allons parler de la saison trois de The Tudors. La quatrième et dernière est sur le point de se terminer aux États-Unis, elle sera traitée d’ici quelque temps sur le blog. La troisième, composée de huit épisodes, fut diffusée entre avril et mai 2009 sur Showtime. Aucun spoiler.

S’il y a bien un genre qui a mes faveurs dans le rayon des séries, c’est l’historique. C’est pour cette raison que la plupart des fictions de ce type passent par mes écrans un jour ou l’autre. La première saison de The Tudors était intéressante. Sans être parfaite, elle mettait en place les éléments politiques de l’époque tout en introduisant les personnages importants. Néanmoins, elle avait un peu de difficulté à gérer justement l’aspect purement factuel, préférant s’axer davantage sur le côté soap des romances du roi. La deuxième, plus aboutie, plus émouvante et plus sombre, était mieux construite et écrite. De quoi être confiant quant à la saison trois. Malheureusement, la qualité ne s’avère pas constante. Il est vrai que l’on arrive à une partie de l’histoire un peu plus molle, moins consistante. Il se passe des évènements parfois importants, mais qui n’ont pas la même résonance que ceux des premières années. S’il y a toujours cette volonté de mettre plus qu’en avant les aventures sentimentales du souverain, qui sont tout de même à l’origine de nombreux bouleversements, la saison paraît plus creuse. Il faut aussi dire que Catherine et Anne ayant disparu, le roi se trouve deux nouvelles épouses qui n’ont pas la possibilité de se révéler intéressantes ou attachantes. Ce n’est pas forcément de leur faute, elles restent tout simplement peu de temps là, ce qui fait qu’elles n’ont pas l’opportunité de prendre de l’ampleur comme Anne a pu en profiter, par exemple.

En dépit de son caractère oscillant facilement entre joie et colère, Henry VIII était jusque-là assez agréable, ou tout du moins non désagréable. Durant cette saison, il devient encore plus instable. Sa blessure à la jambe le rend quelque peu impotent et il ne supporte que moins la frustration. En cela, il est parfois usant, antipathique, voire pathétique. Ce n’est pas un reproche, loin de là, c’est le protagoniste qui veut cela. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jonathan Rhys-Meyer aura réussi à faire évoluer son personnage tout au long de ces années. Si le souverain n’est pas foncièrement réaliste par rapport à ce que l’on sait de lui, il n’en demeure pas moins cohérent dans The Tudors. L’homme à abattre cette saison est, sans aucune hésitation, Thomas Cromwell. Sa fin est horrible. Rarement on aura vu des scènes aussi atroces dans la série. C’est un individu que j’ai toujours apprécié, l’interprétation sans failles de James Frain aidant. Manipulateur, il a dû gérer son roi tout en essayant de le faire aller vers ses propres idéaux. Côté protagonistes, il y en a un certain nombre, mais au bout du compte, peu possèdent un réel développement. Par exemple, l’ajout de Sir Francis Bryan n’est pas des plus heureux. Évidemment qu’on ne pouvait s’en passer, mais il n’était pas forcément nécessaire d’en faire un personnage irritant. À l’inverse, la princesse Mary suit la logique lancée par la saison deux et illustre une femme capable de s’effacer, mais qui comprend tout aussi bien de quelle manière fonctionne la cour et qui semble bien décidée à en profiter. Elle est partagée entre son amour pour son père, ses convictions religieuses et ce qu’elle aimerait vivre. Lorsque l’on sait ce qu’il se passera pour elle, être spectateur de cette évolution est intéressant.

Au final, la saison trois de The Tudors se laisse regarder sans trop de déplaisir, mais elle se révèle entachée par plusieurs défauts, comme cette volonté de dépeindre autant de luxure et de recherche absolue du pouvoir. L’année précédente se montrait davantage subtile. Je ne nie pas que ce bilan est écrit un an trop tard pour être détaillé, mais cela signifie beaucoup s’il devient difficile de me souvenir d’évènements réellement importants s’y déroulant. Globalement, la saison s’axe beaucoup trop sur les aventures sentimentales du roi au détriment des affaires politico-religieuses. Ce qui est un peu dommage, car si l’on veut visionner un soap, le public n’est pas obligé de prendre le temps de regarder une série supposément historique. Néanmoins, les costumes, décors et musiques sont toujours aussi réussis donc au moins, de ce côté-là, on ne trouve pas grand-chose à redire. Espérons que la saison quatre remonte la pente. Dans tous les cas, il s’agit de la dernière ce qui fait que même si elle échoue, ce sera terminé !


3 Commentaires

  1. Carole• 20 juin 2010 à 12:40

    Dans l’ensemble, je partage ton avis. De toute façon, les défauts traversent les saisons, tout particulièrement l’inutilité des personnages secondaires/tertiaires (ils ne mènent majoritairement à rien). Par contre, je n’ai jamais trouvé que cela prenait un côté soap malgré son orientation vie privée. Pour moi, le principal défaut est clairement l’incapacité de réellement mettre en relief les grosses conséquences des aléas amoureux du roi sur son pays. Hirst est resté très concentré sur son sujet, n’offrant quasiment jamais une vision large. Pour le coup, finalement, cela conserve sa subtilité, car c’est dans les dialogues et les batailles que mènent Cromwell que les changements de direction du roi s’inscrivent. Mais j’ai toujours trouvé qu’il était parfois difficile de savoir quand le roi était plus protestant que catholique et vice versa, si on peut dire. Surtout si on se place du point de vue de quelqu’un qui n’y connait rien, on peut dire qu’il a été sacrément avare en détails pour aider le spectateur à bien cerner les errements religieux. L’avantage de cette saison est qu’ils sont moindres, vu que comme tu le notes, on ne peut pas dire que cette période soit historiquement la plus riche (surtout en restant concentré sur la cour).
    En tout cas, j’avoue qu’après la saison 2, j’avais pour le coup plus d’exigences, alors qu’il semble qu’à l’arrivée, celle-ci soit la seule à se placer réellement au dessus du lot.

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  2. Caroline• 25 juin 2010 à 22:06

    C’est clair que c’est vrai pour les personnages secondaires, c’est même dommage. Je me souviens que dans la première saison, j’aimais bien le compositeur de musique. Dommage qu’il ait disparu dès la saison deux.

    j’ai toujours trouvé qu’il était parfois difficile de savoir quand le roi était plus protestant que catholique et vice versa
    Tout à fait d’accord. Ce n’est jamais très clair. Ce qui est d’autant plus dommage, car c’est justement en ça qu’il est connu – en plus du sort de ses femmes.
    Je n’ai pas encore commencé la saison quatre, j’attendais d’avoir écrit cet article ^^;. Je pense que je vais prochainement me lancer, j’espère qu’elle sera meilleure que celle-ci, même si je crois comprendre à travers ton commentaire qu’elle n’est clairement pas du niveau de la deuxième.

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  3. Carole• 27 juin 2010 à 15:50

    En fait, des fois, je me dis que la saison 2 fut de la chance. Mais, j’ai trouvé cette dernière saison supérieure à la 3. On en reparlera quand tu l’auras vu hihi.

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