Ashita no Kita Yoshio | あしたの、喜多善男

Par , le 21 juin 2010

Après avoir discuté du générique d’Ashita no Kita Yoshio il y a quelques semaines mois, il est maintenant temps de parler de cette série japonaise. Diffusé entre janvier et mars 2008 sur Fuji TV, le j-drama est composé de onze épisodes. Seul le premier comporte dix minutes de plus que les quarante-cinq habituelles. Il s’agit d’une adaptation du roman Jiyû Shikei de Shimada Masahiko qui est apparemment plutôt célèbre dans son pays. Ashita no Kita Yoshio veut tout simplement dire le lendemain de Kita Yoshio. Aucun spoiler.

Kita Yoshio est un homme tout ce qu’il y a de plus banal si ce n’est qu’il semble poursuivi par la malchance. Ne supportant plus sa vie, il décide alors d’y mettre fin. En raison de sa lâcheté, il ne se suicide pas sur l’instant mais préfère préparer son départ définitif. Comme il est persuadé que le chiffre onze le suit depuis toute sa vie, il projette d’agir en conséquence dans onze jours, soit lors de l’anniversaire de la mort de son meilleur ami. Ce qu’il ne sait pas encore c’est que durant cette période, il rencontrera plusieurs personnes susceptibles de lui redonner goût à la vie et qui sait, ne va-t-il pas découvrir certaines vérités ?

C’est en lisant le synopsis et en voyant que Matsuda Ryûhei faisait partie de la distribution que j’ai voulu regarder cette série. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’à première vue, l’histoire semble originale. Normale, elle l’est ! Il s’agit là d’une série assez atypique, mêlant habilement les genres. Allez, je romps le faux suspense en donnant mon opinion dès le départ. Pour faire simple, clair et précis, j’ai adoré ce renzoku. De tous ceux que j’ai regardés cette année, c’est celui qui m’aura le plus plu pour le moment. Ce fut une très agréable découverte et j’espère bien en avoir des aussi bonnes dans cette seconde partie de 2010.

 

Le héros, Kita Yoshio, est un homme pathétique voulant à tout prix se suicider. La série aurait pu prendre le parti de rendre l’ensemble tragique car dans le fond, elle l’est, mais elle ose la tourner de manière à intégrer des passages tout aussi drôles. De cette façon, il est assez difficile de classer Ashita no Kita Yoshio dans un genre précis puisqu’elle en englobe plusieurs, pour notre plus grand plaisir. Ce n’est jamais comique au sens strict du terme mais ce n’est jamais déprimant. Attention, cela ne veut pas dire que ce n’est pas touchant, loin de là. Au contraire. La série ne tire pas vraiment sur la corde sensible mais l’histoire de Yoshio est émouvante. Il n’a jamais vraiment eu de chance si ce n’est qu’en même temps, il arrive toujours à s’en sortir à peu près. Il faut aussi dire que le héros est adorable. Peu sûr de lui, il n’ose pas élever la voix et se laisse marcher sur les pieds. Il s’est autrefois marié à une beauté, ne comprenant pas trop pourquoi elle voulait de lui mais il ne s’est pas posé plus de questions que cela. Lorsqu’elle l’a quitté, il a continué tranquillement sa vie. Sans vraiment lui en vouloir. Ou tout du moins sans vraiment avoir l’impression de lui en vouloir. Lorsqu’il décide de profiter de onze journées avant de se suicider, il fait la rencontre de Heita, un jeune homme assez ambigu. Ce dernier semble vouloir aider Kita Yoshio mais d’un autre côté, il paraît plutôt intéressé par son argent… Les deux finissent par développer une belle histoire d’amitié. La scène sur le toit, dans le dernier épisode, est particulièrement belle par exemple.
Ashita no Kita Yoshio est une série qui fait la part belle aux mystères, il y a donc par conséquent un côté investigation qui est fort réussi. L’aspect romance est lui aussi présent mais sert plus à l’intrigue qu’autre chose. Ce n’est pas une énième bluette.

Dans le rôle de Kita Yoshio, on retrouve le génial Kohinata Fumiyo (Kisarazu Cat’s Eye, JIN), abonné aux seconds rôles que l’on voit un peu partout à la télévision japonaise. Que dire si ce n’est qu’il est parfait et mérite d’être en tête d’affiche ? Son personnage n’est pourtant pas facile à interpréter tant il a une dimension plutôt ambivalente. Attachant, sympathique, Kita Yoshio est assez naïf au premier abord si ce n’est qu’il possède une face cachée qui se révèlera bien difficile à contrôler. Pour marquer cette dualité, la série utilise un procédé qui marche ici très bien. Kohinata Fumiyo peut alors inspirer une grande bonté comme une vraie méchanceté, cela en quelques secondes. Le jeune homme le prenant plus ou moins sous son aile, Heita, est donc Matsuda Ryûhei, le grand frère de Shôta. Le talent, c’est de famille. J’avais déjà eu l’occasion de voir Ryûhei dans quelques films (Aoi Haru et 9 Souls, deux excellents films de Toyoda Toshiaki. À voir de toute urgence si ce n’est pas déjà fait.) et à chaque fois je l’avais beaucoup apprécié. Il joue peu dans des série et ce serait sympathique s’il pouvait en tourner quelques unes de temps en temps. Les deux personnages et leur relation peu commune sont le principal moteur de la série mais d’autres protagonistes gravitent autour d’eux.

Parmi les personnages plus secondaires mais tout aussi nécessaires à l’intrigue, on retrouve l’ex-épouse de Kita Yoshio, Mizuho. D’une beauté presque glaciale, elle peut paraître très faible comme forte et psychorigide. Son interprète, Konishi Manami (Churasan, Orange Days), est impeccable et aurait justement pu agacer en raison de cette voix si fragile qu’elle prend de temps en temps. Sauf que ce n’est pas du tout le cas. On la comprend au fil des épisodes et on se rend compte qu’elle n’est autre qu’une victime d’une certaine personne. Elle est suivie de près par un employé de sa compagnie, Moriwaki Daisuke, incarné par Kaname Jun (Atashinchi no Danshi), qui joue double jeu. Les deux font d’ailleurs l’objet d’une investigation par des experts en assurance qui sont bien décidés à déjouer les complots et autres malversations se tramant dans l’entreprise. Si tout cela paraît bien sérieux sur le papier, en réalité c’est totalement différent. Le duo d’enquêteurs est complètement loufoque et amène un certain nombre de passages bien drôles. Un de ces membres n’est autre que le génial Namase Katsuhisa, le Kyôtô de Gokusen, et l’autre est joué par Maruyama Tomomi (Yume wo Kanaeru Zô).

Parmi les autres personnages importants, on retrouve Kuriyama Chiaki (Rebound, Hagetaka) dans le rôle de la petite-amie d’Heita qui a un besoin pressent d’argent et qui se rend compte qu’elle pourrait aller très loin pour régler ses dettes. Le couple qu’elle forme avec Heita est juste et sympathique. Enfin, la série ajoute une touche glamour avec une idole ayant quelques difficultés à se maintenir à flot : Shinobu. Elle est incarnée par Yoshitaka Yuriko, vue dernièrement pour ma part dans Love Shuffle. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce rôle est à des années lumière de celui du j-drama avec Matsuda Shôta ! Assez caractérielle et capricieuse, Shinobu n’en demeure pas moins mignonne comme tout et finalement plus que gentille. Elle se prend d’affection pour Kita Yoshio et fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’empêcher de se suicider.

Onze épisodes car il reste onze jours à Kita Yoshio avant de se suicider. Onze épisodes pour changer d’avis. Ou non. Va-t-il finalement passer à l’acte ? La fin d’Ashita no Kita Yoshio est à l’image de la série. Drôle, assez loufoque et émouvante, elle jongle avec les genres d’une facilité déconcertante, sans jamais perdre au passage le téléspectateur qui savoure avec délice ce à quoi il assiste. La bande-son, très jazzy, accentue encore davantage cet aspect atypique et met de suite dans l’ambiance. Grâce aux dynamiques entre les personnages et au léger suspense, le rythme est plutôt soutenu et on a guère le temps de s’ennuyer. On se pose ainsi des questions sur cette triste vérité que l’on découvre progressivement bien qu’elle n’en demeure pourtant pas déprimante. Quand bien même l’avenir soit morose pour Kita Yoshio, on est touché par sa vie plate et on espère de tout cœur qu’il n’osera pas quitter ce monde qui n’a pas toujours été des plus aimable avec lui. Tous les éléments sont dès lors liés et forment une intrigue solide et bien menée dès le départ. Au final, Ashita no Kita Yoshio est une série intelligente, plus fine qu’elle en a l’air, bien écrite, avec des personnages ambivalents et non manichéens. C’est une vraie bouffée d’air frais dans la production nippone. Que demander de plus ?

11 commentaires

ecl75 • 21 juin 2010 à 19:48

C’est malin j’avais même pas fini de chercher Love Shuffle !
Je plaisante, mais tu m’as fortement intrigué, là. Hop, sur ma liste !

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Nakayomi • 22 juin 2010 à 12:27

Oui, je dois dire que cet article m’a aussi donné envie de voir si je peux mettre la main dessus. Le ton me paraît être assez mon genre.

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Kerydwen • 25 juin 2010 à 22:08

@ ecl75 ~ Tu m’en vois désolée ^^;; (ou pas… :P) J’espère qu’il te plaira autant qu’à moi lorsque tu le regarderas.

@ Nakayomi ~ Je sais qu’il a commencé à être traduit en français mais je ne crois pas que ce soit encore terminé. Enfin comme je connais ton amour pour l’anglais, je ne pense pas que cela sera un frein au visionnage d’Ashita no Kita Yoshio :D

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Saru • 27 juin 2010 à 22:55

C’est très étrange, l’affiche a l’air de ne pas vraiment correspondre à ce drama… enfin, à ce que t’en dis, en tout cas. Mais ça a l’air très chouette.

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Katzina • 28 juin 2010 à 22:58

J’ai été un peu déstabilisée au début par le mélange de genres mais j’ai moi aussi beaucoup aimé ce drama.
Kohinata Fumiyo est un acteur qu’on voit souvent dans de petits rôles, et là il montre qu’il sait très bien tenir le premier rôle, avec un personnage plus complexe qu’il n’y paraît ^^. Les autres acteurs sont eux aussi parfaitement à la hauteur.
Bref, encore un très bon drama pas assez connu, je pense que ton article (très bien écrit comme d’hab ^^) va contribuer à changer ça :).

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Kerydwen • 30 juin 2010 à 22:07

@ Saru ~ Oui et non pour l’affiche. Disons qu’il n’y que Kita Yoshio qui sourit et en plus il a une expression un peu stupide / niaise. Les autres sont en noir et tirent la tronche. C’est plutôt révélateur du drama. Il est la seule bouffée d’air frais, tous les autres se tirent dans les pattes et font des coups tordus.

@ Katzina ~
J’ai vraiment, vraiment aimé Kohinata Fumiyo. Après j’ai regardé Kisarazu Cat’s Eye (la review arrive prochainement, elle est déjà écrite) et j’étais super contente de le retrouver. Il a une bonne bouille, joue bien et est super attachant.

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Sadako92 • 25 novembre 2011 à 19:42

Pour ma part, j’ai un avis mitigé sur ce drama. J’ai tout d’abord eu un rejet complet après avoir vu les deux premiers épisodes. Je trouvais ça sans saveur, le personnage principal m’insupportait par son côté geignard, les autres personnages me semblaient inexistants (malgré d’excellents acteurs)… Bref j’ai laissé tomber. Puis finalement, prise de remords (quand même, Ryuhei Matsuda dans un drama), je me suis fait violence pour voir la suite et en finir. J’ai fini par m’y faire à peu près, sans vraiment rentrer dedans avant plus de la moitié. La fin est bien, je suis d’accord, mais il manque un gros quelque chose à ce drama. De l’énergie, du suspense. Je parle vraiment en termes d’écriture et de réalisation. Il y a du contenu mais pourtant le tout me paraît manquer de consistance, comme si tous les éléments n’étaient pas bien liés entre eux. C’est dommage.

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Kerydwen • 27 novembre 2011 à 22:42

Han, je suis choquée ! ;p
Plus sérieusement, comme tu peux t’en douter, je ne suis pas du tout d’accord avec toi tant j’ai trouvé cette série bien écrite, bien réalisée et au contraire, plus que consistante. Ce fut un énorme coup de cœur et elle fait partie de mes préférées. Je n’attendais rien de spécial et j’ai été charmée de bout en bout. Le suspense est quand même là, on ne sait pas si Yoshio va se suicider ou non ^^. Je crois que ce qui m’a le plus marquée est le fait qu’elle ait réussi à me toucher, comme assez peu de séries y parviennent, et ça, ce n’est au final qu’une question de ressenti. Je peux donc comprendre que si toi, tu l’as trouvée sans saveur, tu ne puisses réellement y adhérer.

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Sadako92 • 2 janvier 2012 à 19:33

Oui c’est vrai que parfois des séries nous touchent particulièrement, pour cette série je peux le comprendre. Pour moi, le déclic ne s’est pas produit, je crois que j’ai vraiment eu beaucoup de mal avec le personnage de Yoshio, il ne me touchait pas. Et l’acteur faisait trop dans le pathos à mon goût, Bref je ne me suis jamais sentie ‘chez moi » dans ce drama, tout en lui reconnaissant des qualités.

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Nohryl • 9 octobre 2012 à 9:09

Merci de m’avoir fait découvrir cet excellent drama, ça fait du bien de voir des acteurs comme Kohinata Fumiyo être, pour une fois, sous le feu des projecteurs.

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Kerydwen • 15 octobre 2012 à 21:31

Mais de rien. C’est toujours un plaisir de faire découvrir des petites pépites quasi inconnues telles que celle-ci. Puisqu’il n’y a pas d’idols, de Johnny’s et autres, elle attire forcément moins la masse, ce qui est vraiment dommage comme tu as pu le remarquer. Et puis Kohinata Fumiyo a joué les rôles plus ou moins secondaires dans tellement de films et de séries qu’il fallait bien, comme tu le dis, qu’il ait au moins une fois le droit à son petit moment de gloire.

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