S’il y a bien une série japonaise qui aura fait parler les fangirls en délire en 2009, c’est Buzzer Beat, un des derniers j-dramas en date de Yamashita ‘Yamapi’ Tomohisa. Diffusé sur Fuji TV entre juillet et septembre 2009, il est composé de onze épisodes. Le premier dure soixante-dix minutes, le dernier une heure et tous les autres quarante-six minutes. Son titre provient de l’expression anglaise buzzer beater qui signifie, au basket, un shoot lancé juste avant que le buzzer ne sonne et qui rentre dans le panier. La scénariste, Ômori Mika, est également à l’origine d’autres séries comme My Boss, My Hero, Long Love Letter, Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku ou encore Jûnen Saki mo Kimi ni Koishite. Buzzer Beat a eu su son petit succès lors de son passage au Japon puisque les audiences furent plutôt bonnes. Aucun spoiler.

Kamiya Naoki a réalisé le plus grand rêve de sa vie : il est devenu basketteur professionnel. Pourtant, en raison de sa petite taille et de sa propension à craquer sous le poids de la pression, il ne peut toujours montrer ses qualités sur le terrain. Il a toutes les cartes en main afin de devenir l’une des stars du basket nippon, à condition qu’il réussisse alors à travailler sur lui. Lorsqu’il rencontre Shirakawa Riko, une jeune violoniste souhaitant faire carrière dans ce domaine, il commence à réaliser qu’il a la possibilité de changer le cours de son destin. 

   

Ce qu’il y a de sûr lorsqu’une nouvelle série sort avec un Johnny’s tel que Yamapi, c’est qu’elle ne mettra pas long à être traduite en anglais – et en français aussi d’ailleurs. J’imagine que lorsque l’on est fan cela doit être agréable mais d’un autre côté, difficile de ne pas être quelque peu agacé quand on voit plusieurs équipes de sous-titrage s’occupant de la même série alors que tant d’autres resteront à jamais sur le carreau. Une seule suffit voyons… Enfin bon, on va dire que ce sont les règles du jeu et chacun est libre de faire ce qu’il désire.

À l’instar d’un Pride dont il se rapproche sur de nombreux points – et pas que parce que le rôle-titre est donné à un Johnny’s – Buzzer Beat est un j-drama ne se limitant pas uniquement à son cadre sportif. C’est même tout le contraire car l’accent est principalement mis sur les relations humaines, sur les interrogations concernant sa propre existence et sur son futur. Le sport n’est ici qu’un moyen parmi tant d’autres afin de développer certaines dynamiques et répondre à des doutes. Naturellement, le basket n’est en aucun cas oublié donc ceux ayant, contrairement à ma modeste personne, de grosses difficultés avec le mot en S, trouveront peut-être certains passages assez longuets. Il n’est effectivement pas rare de voir les joueurs s’entraîner, dans leurs vestiaires ou lors de matchs. Si la série possède plusieurs qualités, elles ne permettront pas forcément de compenser cet aspect rédhibitoire pour quelques téléspectateurs. Évidemment, ceux cherchant du réalisme devront aussi repasser car on ne peut pas dire que ce que l’on voie de ce côté soit très crédible. Quoi qu’il en soit, ceux qui ne sont pas trop regardants ne devraient pas avoir de difficultés particulières. Au final, Buzzer Beat est une série plutôt classique. Son personnage principal, Kamiya Naoki, est un jeune homme assez niais, mièvre, profondément gentil, altruiste et particulièrement attachant. Il tombe rapidement sous le charme de la jolie Shirakawa Riko, une violoniste. Les deux tentent alors de se frayer une vraie place dans leur carrière professionnelle respective et ce n’est qu’en se fréquentant qu’ils y parviennent, chacun apportant à l’autre ce dont il a besoin. Ne le nions pas, tout cela sonne très cliché et tout au long de ses épisodes, Buzzer Beat n’en sort jamais véritablement mais étrangement, on ne peut pas dire que ce soit très dérangeant. La série a pour elle des répliques plutôt sympathiques, une écriture solide et des personnages nuancés et évolutifs. C’est justement ça qui la différencie sensiblement de la multitude d’histoires de ce genre que l’on a déjà vues et que l’on verra encore. Cela ne signifie pas que Buzzer Beat est un indispensable du petit écran japonais mais elle a au moins le mérite de se révéler plus que divertissante en dépit d’un ventre mou assez sensible en cours de route, où le rythme a tendance à aller decrescendo. Heureusement, l’ensemble se reprend par la suite. La musique contribue parfaitement à l’identité de la série et le générique, certes, kitsch, est franchement sympa avec cette chanson, Ichibutozenbu, de B’z.

Naoki est ainsi la figure de proue de la série. Interprété par Yamashita Tomohisa (Nobuta wo Produce, Byakkotai, Kurosagi, Stand Up!!, Ikebukuro West Gate Park, Long Love Letter) qui sait se montrer mignon et attachant, il faut tout de même avouer que le Johnny’s n’est pas un acteur exceptionnel et qui a en plus tendance à interpréter toujours les mêmes rôles. Ici, il n’y a pas de réel souci à se faire malgré son horrible coupe de cheveux s’apparentant à un caniche sortant d’un bain. Naoki est extrêmement plaisant bien qu’il soit un peu trop naïf sur les bords. Lorsqu’on le rencontre, il est quelque peu perdu entre son manque d’assurance sur le terrain de basket et Nanami Natsuki, sa petite-amie manipulatrice qu’il croit aimer. C’est la jolie Aibu Saki qui lui offre ses traits et elle surprend assez tant on pouvait être habitués à la voir dans des rôles moins ingrats. Effectivement, Natsuki est une femme froide jouant beaucoup avec les apparences. Débordant de classe, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et a une mainmise sur Naoki assez impressionnante. Elle côtoie son petit-ami absolument partout puisqu’elle est est cheerleader et s’occupe régulièrement de l’équipe avec qui elle est familière. Ce fut sans conteste mon personnage préféré car une fois sur le bas-côté, elle se montre bien plus profonde et réfléchie que ce que l’on aurait pu croire. Lorsque Yoyogi Ren (le séduisant Kaneko Nobuaki – QP, Piece Vote, Samurai High School), un basketteur détestant Naoki, arrive, elle est rapidement attirée par lui et par son côté mauvais garçon. Si au début, j’adorais cette relation conflictuelle, le soufflet finit malheureusement par retomber par la suite et leur ambiguïté se révèle en définitive moyennement intéressante ; dommage.

À vrai dire, Buzzer Beat met en avant plusieurs histoires d’amour, certaines étant plus intéressantes que d’autres. Forcément, on se doute dès le départ que Naoki et Natsuki ne resteront pas ensemble car le premier est vite attiré par la musicienne Riko. La relation se tissant entre les deux jeunes adultes cherchant à avancer est très jolie, mignonne et plutôt juste. Elle a quelque peu tendance à tourner en rond au bout d’un moment et ne sort pas spécialement des sentiers battus mais l’alchimie entre les personnages permet de passer outre. Même l’espèce de triangle amoureux avec le coach de Naoki (Itô Hideaki – Yasha), ne plombe quoi que ce soit d’autant plus que ce dernier est agréable. Quant à Riko, jouée par Kitagawa Keigo (Mop Girl, Tsuki no Koibito), elle est franche, pétillante à souhait et il est très facile de s’attacher à elle. Tout comme Naoki, elle est assez découragée et se demande si elle réussira un jour à faire carrière. Par son aspect fédérateur et les nombreux tâtonnements qu’elle met en scène, il est aisé de se sentir concerné par ce que vivent les personnages.
Ce qu’il y a de très chouette est que le renzoku n’oublie pas l’amitié. Si les thématiques telles que le dépassement de soi, l’esprit d’équipe, l’entraide et autres sujets typiques au sport sont inévitables, Buzzer Beat développe une superbe relation entre Riko et sa meilleure amie, Ebina Mai (Kanjiya Shihori – Love Shuffle, H2), véritable boute-en-train avec qui elle vit en colocation. Par sa nature dynamique, drôle et très rafraîchissante, elle amène de nombreux moments humoristiques. L’association qu’elle forme par la suite avec un collègue de Naoki, le tout mignon Hatano Shûji (Mizobata Junpei – BOSS, Hanazakari no Kimitachi e) fait des étincelles et réussit à communiquer leur enthousiasme. En fait, la série trouve un juste-milieu appréciable entre les moments riches en émotions, en romantisme et ceux bien plus humoristiques. À côté de tout ça, la galerie de protagonistes est composée de la famille de Naoki dont la mère est interprétée par Maya Miki (Zettai Kareshi, LIFE) et d’autres membres de l’équipe de basket comme le capitaine, Utsunomiya Tôru (Nagai Masaru – Yankee Bokô ni Kaeru).

En définitive, Buzzer Beat est un j-drama mêlant à la fois une dominante sportive et des thématiques fédératrices comme la romance et les doutes présents lorsque l’on se lance dans la carrière de ses rêves. S’il est évident que l’ensemble manque quelque peu d’originalité et n’évite pas les stéréotypes, il faut avouer que la bonne humeur, l’humour, l’alchimie entre le couple phare et le rythme permettent très facilement de ne pas s’ennuyer. C’est ainsi que l’on se voit enchaîner les épisodes à la vitesse de l’éclair. En plus, pour ne rien gâcher, la série sait qu’il faut faire plaisir à ses fangirls en puissance car elle propose de nombreuses scènes calibrées pour elles avec des passages sous la douche, dans le bain, etc. En bref, ce renzoku n’est pas exceptionnel mais il est parfait pour se détendre en bonne compagnie, quand bien même on soit allergique à Yamapi le monolithique.