Alors que ce fut franchement difficile d’aller jusqu’au bout de la saison deux de Private Practice, j’ai décidé de donner une chance à la série en regardant la saison trois. Elle fut diffusée sur ABC, durant 23 épisodes, entre octobre 2009 et mai 2010. Aucun spoiler.

Comme dit à l’instant, la saison deux était assez mauvaise. Plate et sans relief, les épisodes étaient ennuyants et lorsqu’il se passait quelque chose, c’était souvent dû à un patient ayant une intrigue hors du commun ou en décalage avec l’éthique. À ce niveau-là, la saison trois s’améliore. Il reste toujours ces fameux cas de conscience mais ils sont moins prégnants et surtout, moins agaçants. Par ailleurs, les personnages commencent à être enfin attachants. Pas tous, forcément, mais au moins plus de la moitié, ce qui au départ n’était pas du tout gagné. Le gros problème se révèle encore et toujours être Naomi qui en plus d’avoir une interprète moyenne, est fade et irritante. Aucune de ses intrigues n’est intéressante. Elle passe son temps à faire la tête, piquer des crises, partir dans son coin et ne comprend pas pourquoi après elle se retrouve seule. Ne parlons même pas du vieux qui lui tourne autour, cet arc est soporifique. Au moins, Fife est un peu plus consistant mais ce n’est pas non plus du très haut niveau. Une chose est sûre, c’est qu’avec Naomi, l’ennui est quasi systématiquement de la partie. Ce qui est par contre dommage c’est que son amitié avec Addison est supposée être forte mais on ne les voit que très peu ensemble, comme de réelles amies. La saison mettra en avant plusieurs de leurs disputes mais il faut attendre le season finale pour espérer apercevoir quelque chose qui ressemble vraiment à une amitié.

Justement quid du season finale ? Il est tout à fait possible que cette saison aurait eu une demi-étoile de plus si le dernier épisode n’avait pas été de cet acabit. Il est ridicule. Certes il est émouvant et ça pleure dans tous les sens mais il est prévisible et en ça, horripilant. C’est une succession de clichés et de scènes tragiques. La seule chose qui m’est venue à l’esprit fut un « comme par hasard ». Trop c’est trop. Déjà que le season finale de la saison deux était exagéré, celui-ci l’est encore plus. Ce qui est pourtant difficile, nous sommes d’accord. Ne parlons pas de la scène ultime, avec Addison, qui est d’une niaiserie et d’une mocheté assez incroyable.

La saison trois de Private Practice développe un petit peu le personnage de Sheldon, ce qui est une bonne idée. Il est plus ou moins le concurrent de Violet qui est assez absente en début de saison. Plutôt drôle, il sait écouter et est de bon conseil. Ces nouveaux épisodes marquent aussi l’arrivée d’Amelia, une des sœurs de Derek Sheperd, le McDreamy de Grey’s Anatomy. Elle n’est pas des plus travaillée pour le moment, reste à voir si elle sera présente en saison quatre. Autant lors des deux premières saisons, Addison m’était devenue assez insupportable, autant cette année fut synonyme de redécouverte. Là oui on peut dire que le personnage est intéressant et agréable. Kate Walsh est magnifique et fabuleuse en plus. Un autre problème de la série, extrêmement visible cette année, est l’aspect soapesque. C’est le jeu des chaises musicales. Au rythme où ça va, tout le monde aura couché avec tout le monde. De là en découlent des relations compliquées voire tortueuses et il arrive que parfois, on ne sache plus trop où ça en est. Déconcertant.

En dépit de ce que le ton de l’article peut laisser penser, la saison trois de Private Practice se laisse globalement regarder. Les histoires sont toujours plutôt convenues mais les cas médicaux bien pensants sont moins présents et d’un coup, on se sent allégé d’un poids. Les personnages sont eux aussi davantage ciselés, sans non plus être extraordinaires. Il ne faut pas exagérer. Ceci dit, on sent ainsi une différence avec les saisons passées. Malheureusement, le season finale est ridicule et manque d’originalité. Au moins il ne se termine pas sur un cliffhanger, c’est déjà ça. Au final, cette saison fut meilleure que la précédente mais cela ne veut en aucun cas dire qu’elle est indispensable.