Alors qu’à peine la saison sept fut terminée sur TF1, la chaîne entama directement la huitième. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas eu la même attitude avec la neuvième. Il a en effet fallu attendre quasiment un an avant de l’obtenir chez nous. En dépit de l’impression que je peux donner sur Luminophore, je suis quelques fictions en français, souvent celles dont mon enthousiasme n’est pas des plus importants. Je les visionne par conséquent à travers leur doublage. Composée de vingt-quatre épisodes, celle nous intéressant aujourd’hui fut diffusée sur CBS aux États-Unis entre octobre 2008 et mai 2009. Aucun spoiler.

Comme j’ai pu l’écrire dans le bilan de la saison cinq de Criminal Minds, je commence à saturer des séries policières. CSI fait malheureusement partie du lot. J’ai eu beaucoup de peine à la regarder cette année. Les aventures précédentes se terminaient sur un cliffhanger assez effroyable, laissant peu de doute quant à ce qui allait se passer par la suite. Le destin de Warrick semblait donc plus qu’inéluctable. Le season premiere reprend directement là où la caméra s’était arrêtée. Les premières semaines s’avèrent réussies, car elles se veulent riches en émotions et illustrent les héros comme on les a rarement côtoyés, surtout Grissom. Profondément touchés, ils continuent leur travail, mais non sans mal. Néanmoins, ce deuil difficile ne traîne pas en longueur parce qu’il y a des évènements divers à préparer, dont l’irruption de sang frais et les adieux d’un pilier. Effectivement, alors que l’unité a déjà été amputée de quelques-uns de ses membres d’origine, elle voit son chef quitter le navire. Ce n’est pas un spoiler, tout le monde en parlait des mois en avance sur Internet et ailleurs. Ce départ est bien géré sauf qu’à partir de cette date, la production perd une grande partie de son sel pour moi. Personnellement, j’associe CSI à Grissom. C’est bien pour ça que je n’ai jamais été attirée par les autres fictions de la franchise. Cet homme représente l’âme de la série. Le reste de l’équipe est également assez sympathique, mais puisqu’il ne subsiste que deux professionnels du début, à savoir Nick et Catherine – que je n’aime pas –, on ne peut pas dire que mon intérêt soit majeur.

Pour combler ces manques, deux personnages intègrent les rangs du groupe. Riley Adams, jouée par Lauren Lee Smith (The L Word), est une jeune recrue et ce qui est bien, c’est qu’elle se fond très rapidement dans le décor malgré les circonstances délicates après la mort de Warrick. Par contre, elle n’est dépeinte qu’à travers le prisme de son travail, l’aspect intime étant occulté. Nouveau poids lourd supposé pallier l’absence de Grissom : le Dr. Raymond Langston, incarné par Laurence Fishburne. Là aussi, l’acclimatation se fait correctement. Plutôt que d’ajouter un individu omniscient, les scénaristes mettent en place quelqu’un n’ayant rien à voir avec la police scientifique, ne connaissant pas grand-chose à ce sujet, mais étant compétent dans le domaine de la psychologie. De ce fait, il a tout à apprendre et s’en suivent des scènes amusantes et formatrices. Pourtant, en dépit de tous ces efforts louables, la sauce prend difficilement. Le résultat n’est pas mauvais, mais pas transcendant non plus. L’équipe commence à être soudée sauf que pour l’audience, l’attachement a du mal à se frayer un chemin.

Au niveau des récits, l’homogénéité n’est pas monnaie courante d’autant plus qu’aucun épisode ne sort particulièrement du lot. Tristement, le 9×20, A Space Oddity, qui se veut une espèce d’enquête hommage à la science-fiction à fort potentiel, passe complètement à côté de la plaque. Dommage. Côté invités, les têtes connues s’y multiplient comme toujours : Alex Kingston (ER), Jason Lewis (Sex and the City), Melinda Clarke, Victoria Pratt (Mutant X), Ronald D. Moore, Grace Park et Kate Vernon (Battlestar Galactica), Ally Walker (Profiler)…

En conclusion, la saison neuf de CSI peine assez à maintenir en haleine le téléspectateur. De nombreuses affaires sont peu originales et sentent le réchauffé. Si, sur le papier, les nouveaux personnages ont tout pour être bien intégrés, c’est moins le cas en réalité. Il y a de grandes chances que la série ne revienne pas sur Luminophore.