Décidément, quand je disais que l’année 2010 serait une année dédiée aux adieux, je ne racontais pas des bêtises. A l’instar de nombreuses autres séries, Ugly Betty s’en est aussi allée après sa quatrième saison. Elle fut diffusée sur ABC d’octobre 2009 à avril 2010 le temps de vingt épisodes. Le sort de la série ayant été scellé assez rapidement, Silvio Horta, le créateur, a largement eu le temps et la possibilité de la faire se terminer correctement. La question qui se pose est forcément de savoir si oui ou non il a réussi à le faire. Aucun spoiler.

Après une saison trois pathétique, l’annonce de l’annulation de la série a certainement fait plus de bien que de mal à un certain nombre de téléspectateurs, dont je fais d’ailleurs partie. C’est sans aucune motivation que j’ai commencé cette quatrième et dernière saison, m’apprêtant à m’ennuyer dans le meilleur des cas ou à m’énerver si le ton continuait à être aussi mielleux. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est avec le cœur très gros que j’ai regardé le series finale. En vingt épisodes, Ugly Betty a su retrouver ses lettres de noblesse qu’elle avait perdues depuis trop longtemps. Cette saison quatre est plutôt réussie et se clôture en beauté. Le gros problème de l’année passée est que l’univers s’était aseptisé, les situations n’étaient même pas drôles, les personnages étaient devenus des caricatures d’eux-même et la série s’enlisait dans du politiquement correct. C’était tout simplement agaçant. Durant la saison quatre, la série reprend du poil de la bête et propose des intrigues sympathiques, souvent drôles, piquantes et à l’image de ses personnages. Certes, c’est loin d’être parfait mais par rapport à la saison trois qui était une horreur sans nom, les progrès sont flagrants.

Betty commence enfin à évoluer. Auparavant, elle faisait un petit pas pour dix pas en arrière et c’en était frustrant et énervant. Elle est encore loin du compte mais la saison met en avant les prémices d’un changement qui ne fera que du bien à sa vie personnelle comme professionnelle. Sans vouloir trop rentrer dans les détails car souhaitant garder un minimum de surprise à ceux lisant ceci avant de voir la saison, Betty se transforme, physiquement mais aussi psychologiquement. Honnêtement, dans les dernières épisodes à chaque fois que je la voyais je me disais qu’elle était vraiment jolie, à tel point que ça me perturbait un peu. Certes, il reste toujours des soucis comme sa famille qui est un véritable boulet pour elle mais la fin de la série est suffisamment ouverte pour nous laisser espérer de bien belles choses. Par ailleurs, un certain rapprochement aura lieu. Si jusque là, rien que d’y penser me donnait des palpitations, l’ensemble est correctement amené de telle manière à ne pas agacer le spectateur ou à ne pas le frustrer. La saison trouve un juste milieu à ce niveau-là.

La totalité de la dernière saison est un vrai hommage à la série. On prend le temps de terminer les intrigues et on développe surtout les personnages afin de leur offrir à chacun une véritable fin. Certains diront que cela est bien trop lisse car tout est bien qui finit bien, tout le monde trouve sa place et nous sommes tous au pays des Bisounours. Dit comme ça, oui ça sonne creux mais personnellement, j’ai dans l’ensemble beaucoup aimé, notamment le series finale. C’est surtout l’émotion qui prime et on sent que les larmes des personnages ne sont pas forcées, les acteurs devaient aussi pour certains trouver dur de se séparer.

Après une troisième saison catastrophique, Ugly Betty retrouve ses éclats avec ces vingt derniers épisodes. Si l’ensemble manque parfois d’originalité, de peps, d’auto-dérision, de sarcasme et qu’il est évident que la série n’a plus grand chose à raconter, la saison se laisse agréablement regarder. L’émotion, l’humour et l’aspect coloré sont toujours de la partie pour notre plus grand plaisir. Les protagonistes se font plaisir et tous ont le droit à un développement, qu’il soit minime ou pas. Ugly Betty ne me manquera pas mais au moins elle sera partie sur une bonne note ce qu’on ne pouvait qu’espérer.