Deuxième nouvelle série de l’année 2009/2010 à être reviewée sur Luminophore ! En fait, il n’y en aura pas beaucoup plus parce que j’ai été très peu motivée par les nouveautés. Parlons donc de la première saison de Glee, la série dont tout le monde a déjà parlé sur propre blog et dont on entendra encore parler un sacré moment vu la médiatisation. Créée par Ryan Murphy, le papa de Popular et de Nip/Tuck, il était évident qu’elle allait passer par mon écran. Au cas où vous ne le sauriez pas, j’adore Popular (surtout la saison une en fait). Glee est diffusée sur la Fox aux États-Unis et en France elle est désormais visible sur Orange puis prochainement sur une chaîne du groupe M6. Cette première saison comporte 22 épisodes qui furent découpés en deux parties. A noter que le pilote est passé bien avant la suite puisqu’il date de mai 2009 alors que le reste a repris en septembre. Aucun spoiler.

Professeur d’espagnol au sein du lycée McKinley, Will Schuester décide de prendre la direction du club de chant de son établissement, laissé bien mal en point par son prédécesseur. Ravivant dans le même temps ses aspirations de jeunesse et la jalousie de sa femme, Will va déployer tout son enthousiasme afin de constituer un nouveau groupe, composé de plusieurs élèves n’ayant rien à voir les uns avec les autres. Losers, footballeurs, intellos, pom-pom girls… Tout ce petit monde va tenter de cohabiter tant bien que mal afin de ramener le « Glee Club » au prestigieux rang qu’il tenait bien des années auparavant…
Source : Allociné

Glee est une comédie musicale. Ça chante, ça chante, ça chante. Et c’est loin d’être toujours juste. Je déteste les comédies musicales, à chaque fois ça me donne des boutons. Glee avait donc toutes les chances de me rendre dingue. Mais ce ne fut absolument pas le cas. Il est toutefois dommage que la saison ait autant manqué d’homogénéité car si la première partie est franchement réussie, on peut être bien plus dubitatif concernant les épisodes de reprise. Les téléspectateurs ayant apprécié Popular ne seront pas dépaysés car on y retrouve la même ambiance déjantée, décontractée et totalement décomplexée. C’est souvent exagéré et à la limite du théâtral mais c’est justement tout ça qui lui donne tout son charme.

Les personnages sont stéréotypés, on ne peut le nier, mais cela semble en partie volontaire, d’autant plus qu’il y a quelque fois des contrepieds bien sentis. Il y a un beau brossage des différents spécimens que l’on peut retrouver dans un lycée. S’ils sont loin d’être tous suffisamment développés, certains ont le droit à davantage de temps d’antenne et sont dès lors un peu mieux creusés. Ceci dit, ce n’est pas ici qu’il faut chercher une psychologie fouillée et riche, là n’est pas le but de toute manière. Les acteurs sont quasiment tous des inconnus, ce qui n’est pas un mal. Certains chantent mieux que d’autres et les timbres de voix sont suffisamment variés pour que chacun y trouve à son goût.
Chez les adolescents on retrouve ainsi Rachel (Lea Michele), la jeune fille qui ne vit que par et pour le chemin, n’ayant aucun ami et complètement déconnectée de la réalité. Si au départ il est assez difficile de s’y attacher car assez particulière, elle finit par émouvoir de temps en temps, toute proportion gardée. Elle a un vrai crush pour Finn (Cory Monteith), un des ados populaires, qui aime bien chanter mais ça le fait moyen quand on joue au foot américain. Son meilleur ami, Puck (Mark Salling), le lui fait bien comprendre même si lui apprécie également pousser la chansonnette. Dans le rayon populaire et aime se moquer des autres, il y aussi les cheerleaders dont notamment Quinn (Dianna Agron), qui aura certainement la plus jolie évolution de la saison. N’oublions pas la déphasée Brittany (Heather Morris) et ses fabuleuses répliques. Et quant aux losers, on retrouve les membres d’origine du glee club à savoir Mercedes (Amber Riley) qui a un peu trop de formes mais qui a une belle voix bien soul, Artie (Kevin McHale) qui ne peut pas se déplacer sans fauteuil roulant, Tina (Jenna Ushkowitz), l’asiatique un peu trop gothique ou encore Kurt (Chris Colfer), celui qui est bien trop efféminé au goût du lycée. D’autres gravitent autour d’eux mais ce sont principalement les héros, avec les deux qui dansent et dont on oublie le nom à chaque fois. Ils finissent tous par chanter et comme cela est attendu, le groupe commence à se souder en dépit de mauvaises ententes ou encore de quiproquos.
Les thèmes qui les touchent sont plutôt variés et assez fédérateurs donc il est tout à fait compréhensible que les adolescents s’y retrouvent. Après tout, c’est le but.

Du côté des adultes, le choix est plus limité. Le professeur, Mr. Shue (Matthew Morrison) est malheureusement assez limité et peu intéressant. Il y a volonté de le travailler mais peu importe les efforts, il demeure plat. Ce n’est pas son attitude envers plusieurs femmes qui donne envie de le trouver agréable. Non, le vrai héros adulte est indubitablement Sue Sylvester, la coach des cheerleaders. Interprétée par la non moins formidable Jane Lynch (Party Down), elle est inflexible, cassante, cruelle et diaboliquement douée dans son travail. Elle aussi est un cas particulier et en dépit d’une carapace apparemment incassable, elle montrera quelques fêlures au cours de la saison. Ses piques sont édifiantes et absolument exquises. Sans elle, Glee n’aurait pas la même saveur. Sinon, côté acteurs connus on retrouve Jessalyn Gilsig (Nip/Tuck) et Jayma Mays (Heroes, Ugly Betty) dans des rôles importants.

Oui bon on a compris, Glee est en fait un teen show. Absolument. Mais ce qui lui donne un petit peu plus comparativement aux autres est son côté musical. Même si on est allergique en temps normal, cela passe très bien. Les numéros sont franchement bien fichus, que ce soit au niveau de la chorégraphie, des costumes, du choix et de l’adaptation des chansons. Tout n’est pas exceptionnel mais dans l’ensemble c’est entraînant et plutôt vivifiant. Quelques artistes viennent d’ailleurs rendre visite au club comme Josh Groban, Kristin Chenoweth (Pushing Daisies), Idina Menzel (la femme de Taye Diggs, oui oui – mais pas que évidemment), Olivia Newton-John ou encore Neil Patrick Harris (How I Met Your Mother). Quelques artistes sont aussi mis à l’honneur, même s’ils ne viennent pas directement dans la série. C’est par exemple le cas de Madonna ou Lady Gaga.

La première saison de Glee remplit son contrat de divertissement. C’est fun, frais, léger, décontracté et la première partie est franchement attachante. La seconde est bien plus faible en raison d’intrigues malvenues et surtout brouillonnes et peu intéressantes. Ceci dit, dans l’ensemble les numéros musicaux sont forts réussis et accrocheurs. Les dialogues sont incisifs et piquants comme il faut ce qui lui fournit un ton fort agréable. Par ailleurs, l’ambiance est assez survoltée et à la limite du grandiloquent mais c’est justement ça qui lui donne son charme. A conseiller à tous ceux qui cherchent un bon moyen de passer du bon temps en rigolant et en se décontractant, à condition d’apprécier un minimum les séries assez sucrées, évidemment.