Jusqu’ici, toutes les séries traitées sur Luminophore étaient diffusées à la télévision ; vous allez me dire, c’est totalement logique. Place à de la nouveauté puisque celle dont nous allons parler aujourd’hui a été réalisée pour les… téléphones portables. Pour ma première incursion dans cette modernité, mon choix s’est porté sur Sweet Room nous venant du Japon. Il s’agit donc là d’une série faite pour les téléphones portables, d’où le terme keitai drama en japonais – keitai étant l’abréviation d’un téléphone portable (keitai denwa). Il faut savoir que les Japonais apprécient assez ce format et utilisent parfois leur téléphone comme une sorte de télé. À noter qu’ils l’emploient également pour lire car il existe  des publications spécifiques pour keitai. Eh oui. Naturellement, compte tenu des contraintes de l’objet, il est facile de se douter que les épisodes ne sont pas très longs et ne possèdent pas un budget pharaonique. C’est généralement BeeTV qui diffuse ces keitai dramas et ce fut d’ailleurs le cas de Sweet Room. Cette série, passée entre août et octobre 2009, est composée de quatre parties elles-mêmes divisées en douze épisodes de cinq minutes chacun. La version que l’on peut trouver sur Internet est la compilation de cet ensemble disponible en DVD dans le commerce. Fait très rare pour être noté, le j-drama est déconseillé au Japon aux moins de seize ans. Aucun spoiler.

Si les quatre parties sont totalement indépendantes et ne possèdent pas la même distribution, elles ont pour point commun de raconter une histoire d’amour se déroulant dans une suite, la fameuse Sweet Room, d’un hôtel de luxe. La première d’entre elles, Last Love, met à l’honneur Narimiya Hiroki (Orange Days, Stand Up!!, Bloody MondayHachimitsu to Clover, Kôkô Kyôshi 2003, Innocent Love, Karei Naru Ichizoku, Gokusen) incarnant un jeune photographe retrouvant un amour de jeunesse, désormais mannequin. La seconde, Birthday, raconte l’histoire d’un étudiant, joué par Mukai Osamu (Atashinchi no Danshi, Hachimitsu to Clover, Nodame Cantabile), se préparant à fêter l’anniversaire de sa petite-amie. La troisième partie, Triangle, narre comme son nom l’indique, un triangle amoureux, avec dans le rôle-titre Kaname Jun (Ashita no Kita Yoshio, Taiyô no Uta). Et enfin, la dernière, Room Service, est l’occasion de voir un employé du service d’étage, portant les traits de Toyohara Kôsuke (Nodame Cantabile, Innocent Love, Densha Otoko), rencontrer une cliente de l’hôtel.

Ces quatre parties possèdent une ambiance et un ton radicalement différents bien qu’elles mettent à chaque fois en avant de courts instantanés. Si Last Love est mélancolique, Birthday est par exemple très joviale et mignonne comme tout. En vingt minutes, il n’y a guère le temps d’y retrouver un réel développement ce qui pourrait rapprocher d’une certaine manière Sweet Room d’un court-métrage. Il est clair que ces histoires ne sont pas des plus originales et la dernière est bien trop téléphonée pour être crédible. Pour autant, il en ressort quelques courtes scènes riches en émotions assez intéressantes et réussissant à atteindre le cœur des téléspectateurs. L’ensemble demeure assez plat mais relativement correct pour se montrer divertissant. Il est amusant de constater que mêmes ces productions à petit budget emploient des acteurs assez connus puisque pour chacune des parties, c’est un acteur ayant plutôt la cote qui a le rôle principal – je les apprécie tous les quatre en plus, c’est chouette ça ! Les femmes sont ici en retrait car l’accent est mis sur la vision masculine, ce qui change agréablement pour des histoires romantiques.

La question que l’on se pose probablement tous en débutant cette série est pourquoi diable est-elle déconseillée aux moins de seize ans. Aussi incroyable que cela puisse paraître pour une série japonaise, il y a de vrais baisers et des scènes crédibles au lit. Si, si. Bon, pour être honnête il n’y a rien qui choquera vos yeux d’Occidentaux dépravés mais il faut avouer que cela fait quelque peu bizarre au départ tant on peut être habitué à la pudibonderie nippone à la télé. Sinon, pour la petite anecdote, la chanson de fin que l’on entend à chaque fois est Stand by U du groupe de k-pop Dong Bang Shin Ki, lorsqu’ils étaient encore cinq et non pas un duo.

Sweet Room est au final une série assez atypique dans le sens où les contraintes de son format l’obligent à adopter une démarche différente des séries télévisées habituelles. Par ailleurs, le fait qu’elle montre des scènes de sexe assez explicites la place aussi à part. Il est dommage que les keitai dramas soient peu sous-titrés car il existe probablement certains très sympathiques à découvrir. Ici, si ce n’est la quatrième partie, bien moins intéressante, les autres se laissent regarder sans déplaisir, notamment parce qu’elles sont courtes et qu’elles vont directement à l’essentiel. Je dois avouer avoir eu une petite préférence pour la troisième. Quoi qu’il en soit, Sweet Room n’est pas indispensable à moins de vouloir tester ce style et dans ce cas, malgré son côté inachevé, elle peut se révéler parfois touchante et divertissante.