À peine la série a-t-elle eu le temps de prendre ses marques que la voilà annulée… Oui il est question de Party Down et de sa seconde saison. La nouvelle n’aura surpris personne en fait, la plupart des acteurs ayant annoncé que soit ils quittaient le navire, soit ils feraient partie d’une autre série. Toujours diffusée sur Starz et composée de dix épisodes, elle est passée d’avril à juin 2010 et il n’y aura donc pas de suite. Aucun spoiler.

La première saison de Party Down était loin d’être parfaite mais dans le registre comique de situation, elle était bonne. Le scénario n’était pas des plus poussés, l’histoire relatant tout simplement les (més)aventures d’une fine équipe de traiteurs souhaitant décrocher le rôle de leur vie. Ce qui faisait en partie son sel était son ambiance assez désinvolte, débridée et son humour pince-sans-rire. La seconde saison est du même acabit. Les nouveaux épisodes reprennent neuf mois plus tard mais les personnages n’ont guère eu le temps de changer. Ceci dit, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’évolution, elle est juste plus que minime. De toute manière, quand nouveauté il y a, elle est rarement dans le bon sens du terme pour cette bande de losers en puissance. Quasiment tout le monde est de retour, seule manque à l’appel Jane Lynch qui est partie en survêtement hurler sur les membres d’un certain glee club. Toutefois, le season finale, qui est donc un series finale, lui est dédié pour notre plus grand plaisir. De manière à pallier son absence, Party Down recrute un nouveau membre, à savoir Lydia. Elle est incarnée par Megan Mullally (Will & Grace) que je ne connaissais pas jusque-là. Lydia n’est malheureusement pas à ranger au même niveau que Constance ou que les autres protagonistes. Elle se révèle peu intéressante, limitée et au final assez agaçante.

Les personnages sont sinon égaux à eux-mêmes. Il arrive néanmoins que l’on découvre quelques unes de leurs facettes cachées. Roman descend par exemple un petit peu de son piédestal de digne représentant élitiste de hard sci-fi. On a dit un petit peu. Kyle tente parfois d’aider Roman, sans aucune arrière-pensée. Et réciproquement. Forcément, la saison repose encore sur la dynamique volcanique entre les deux et est vectrice de nombreux éléments comiques. Après un très gros passage à vide, Ron réussit à remonter la pente mais cela ne veut pas dire qu’il n’est plus pathétique, n’exagérons rien. Quant aux deux autres, les principaux héros, autrement dit Henry et la toujours aussi charmante Lizzie, ils réfléchissent assez à leur futur, qu’il soit commun ou non. Mine de rien, les personnages évoluent au cours des épisodes. C’est moins le cas pour les scénarios.
Un problème inhérent à Party Down réside ainsi dans son histoire. Cela était déjà visible dans la première saison d’ailleurs. Chaque épisode repose sur le même système. Autrement dit, les traiteurs sont appelés et se mettent au travail. Point. Même si la saison est courte, elle n’échappe pas à un sentiment de déjà vu. En soit ce n’est pas forcément désagréable puisque les personnages sont surtout le point phare de la série mais la lassitude peut commencer à poindre le bout de son nez.

Quand bien même la saison deux souffre de quelques défauts comme un manque de renouvellement et d’originalité, ces dix épisodes se laissent agréablement regarder. Ce n’est pas prise de tête, plutôt fun et l’humour est toujours présent. À l’instar de la saison précédente, il ne s’agit pas de rire à s’en décrocher la mâchoire, on est surtout amusé par les situations, l’ambiance désabusée ou par les dialogues assez caustiques. Si les guests sont cette fois-ci bien moins présents, on peut noter les participations de Kristen Bell, J. K. Simmons (Oz), Jimmi Simpson (Psych) ou encore Aaron Hill (Greek). Party Down fut par conséquent une série divertissante, sans prétention et avec un casting solide interprétant des personnes fort pathétiques mais attachants.