Après avoir suivi il y a quelque temps les traces de Xena et de Gabrielle dans Xena: Warrior Princess, il paraissait indubitable que la fan de girl power que je suis allait continuer cette route. Autant savourer leurs aventures, d’ailleurs, car avec l’arrêt de Legend of the Seeker, il n’y a plus de fantasy sur le petit écran américain. Du moins, pour le moment puisque la prochaine arrivée de Game of Thrones sur HBO et de Camelot sur Starz est susceptible de modifier la donne. La saison deux, toujours diffusée en syndication aux États-Unis, est composée de vingt-deux épisodes datant de 1996 et 1997. Aucun spoiler.

La saison une était correcte, sans plus. Si certains récits s’avéraient clairement médiocres, d’autres remplissaient parfaitement leur rôle de divertissement. Au bout du compte, l’un des défauts majeurs était lié au manque d’enjeux au long terme, les histoires s’enchaînant sans disposer de véritable connexion. Bien que cela ne soit pas encore parfait au cours de cette suite, un réel effort d’écriture est palpable, ce qui fait grandement plaisir quand on recherche un aspect feuilletonnant. L’univers prend peu à peu forme et la série offre désormais un monde riche en personnages bigarrés bénéficiant souvent d’un droit de retour, alors qu’ils paraissent pourtant parfois avoir disparu de la circulation. Par exemple, c’est avec ravissement que le public retrouve la légèrement timbrée Callisto, elle qui donne notamment lieu à des passages absolument croustillants suite à un malencontreux échange de corps. À ce propos, son actrice, Hudson Leick, délivre une composition vraiment solide. Il est aussi question de Draco, de la fameuse princesse-sosie, etc. Impossible de ne pas offrir une mention très spéciale à Joxer, incarné par un Ted Raimi en grande forme. Il est effectivement difficile de cacher sa joie en constant que ce héros fort poltron devient récurrent. Désirant garder un minimum de surprise, je n’ai aucune idée s’il est présent lors des saisons suivantes, mais j’espère bien que oui. La seconde partie lui fournit un développement intéressant et le montre sous un jour nouveau, davantage sérieux. Toutefois, il reste tel qu’il est, c’est-à-dire bavard, fanfaron et assez pleutre, bien que toujours autant attaché à Xena et à Gabrielle. Joxer représente sans conteste un excellent ressort humoristique dynamitant moult épisodes.

Au-delà des humains, Xena: Warrior Princess ne serait pas ce qu’elle est sans les dieux de la mythologie grecque. Certes, il est parfois compliqué de ne pas tiquer en constant autant d’incohérences et de prises de libertés, mais l’on passe vitre outre, car c’est justement cet écueil qui donne une partie de son charme à la série. Arès est bien sûr présent et, comme à son habitude, il en fait voir de toutes les couleurs aux individus condamnés à demeurer sur le sol terrestre. L’épisode lui étant dédié se révèle croustillant à souhait. Toujours parmi les figures supposément ailées, les petits nouveaux que représentent Aphrodite et Cupidon reviennent régulièrement sur le devant de la scène et ne ressemblent pas du tout à l’image incrustée dans la mémoire collective. Au contraire, tout est fait pour injecter une sacrée dose d’autodérision jouissive. Concernant le second, il est interprété par Karl Urban (The Lord of the Rings) qui avait déjà un rôle tertiaire dans la première saison. Qui plus est, l’acteur ne s’arrête pas là puisqu’il campe également Jules César dans plusieurs épisodes de cette année. Oui, rien que ça !

Qu’en est-il de Xena et Gabrielle ? Leur relation se creuse et les sentiments deviennent assez ambigus. Je peux dorénavant admettre que je comprends les raisons de cet engouement pour le subtext. Le duo est attachant et l’on sent une réelle complicité mêlée à du respect et de l’admiration. Cela est valable dans les deux cas tant l’une ne va pas sans l’autre. Les héroïnes évoluent, et ce, dans le bon sens du terme. Ainsi, Gabrielle gagne en assurance, se bat avec animosité et fait preuve d’un immense courage. Quant à Xena, elle apparaît apaisée et étouffe sa nature de guerrière froide et cruelle. Elles sont intelligentes et sexy. Elles ont fait du chemin et leur amitié semble indéfectible. Certes, celle-ci se veut parsemée de disputes, mais c’est justement ça qui la rend crédible et attachante.

La saison est l’occasion de détourner quelques mythes et l’Histoire. On voit ainsi le combat de David contre Goliath, mais aussi… une fête s’apparentant à Noël. Comment ça, il s’agit d’un anachronisme ? La production n’en est pas avare, nous le savons déjà. Sans qu’un véritable fil rouge s’inscrive, une sorte de continuité au long cours tente de se frayer un chemin. Il y a tellement de petites références et de clins d’œil que cela en devient enthousiasmant. De même, si l’on est au fait des travaux de Sam Raimi, les têtes connues sont omniprésentes et proposent un défi amusant en les repérant toutes. Quelle surprise de découvrir un jeune Craig Parker (Legend of the Seeker, Spartacus) ! Melinda Clarke est aussi de la partie en tant qu’Amazone. Le passé de Xena est souvent à l’honneur, le point d’orgue en étant sûrement le 2×10, The Xena Scrolls, qui est une sorte de détournement plus que sympathique. Quelques épisodes sont moyens, mais ils sont moins nombreux que les bons, voire plus. Le 2×15, A Day in the Life, le 2×12, Destiny, ou encore le season finale, A Comedy of Eros, sont particulièrement réussis. Ils alternent à merveille entre l’humour assez déjanté, les scènes d’action et les moments riches en émotions. Pour ne rien gâcher, la musique de Joseph LoDuca est toujours aussi agréable.

Au final, la saison deux de Xena: Warrior Princess est nettement plus efficace que la précédente. En se montrant plus homogènes, les épisodes se veulent dans l’ensemble amusants, assez débridés et divertissants. Tout n’est pas parfait, loin de là, mais pour une série ne se prenant guère au sérieux, la voir proposer un univers fouillé et créatif est déjà pas mal du tout. De surcroît, son couple d’héroïnes est un véritable délice et une réelle ode aux femmes susceptible de fédérer. Elles ne sont pas les seules à marquer l’audience puisque la saison fait revenir de nombreux protagonistes connus et appréciés, dont certains apportant une plus-value non négligeable. Espérons que la suite soit aussi solide que ce que tout le monde s’accorde à dire !