C’est le 6 mars 2010 que s’est clôturé l’univers LIAR GAME au Japon avec le film The Final Stage. Il est disponible depuis quelques semaines en DVD au pays du Soleil-Levant. D’une durée approximative de 140 minutes, il met ainsi fin à ce fameux jeu du mensonge qui a passionné de nombreux téléspectateurs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes puisque la sortie au cinéma fut un véritable succès. Rappelons brièvement les faits. LIAR GAME est à l’origine un manga de Kaitani Shinobu, disponible en France chez Tonkam. Il fut adapté en 2007 en un renzoku de 11 épisodes. Une suite vit alors le jour en 2009, LIAR GAME 2The Final Stage est donc le point d’orgue. Il n’est pas forcément nécessaire d’avoir regardé la série télévisée pour le comprendre mais cela est préférable, ne serait-ce que pour la multitude de références. Aucun spoiler.

The Final Stage reprend exactement là où la saison deux s’était arrêtée. En d’autres termes, Kanzaki Nao (Toda Erika) est libre suite à sa victoire – non sans difficulté – contre l’organisation du liar game. Ce jeu est des plus vicieux car il plonge ses participants dans une angoisse et un stress permanents, révélant par conséquent les aspects les plus sombres de l’être humain. Le résultat est à double tranchant : le vainqueur gagne des millions et des millions de yens alors que les perdants se retrouvent criblés de dettes. Tous les coups sont permis et le mensonge est monnaie courante. Le j-drama reposait sur le système où Nao, accompagnée du génie Akiyama Shinichi (Matsuda Shôta), étaient enrôlés dans une partie et devaient tout essayer pour en sortir, préférentiellement sans avoir perdu d’argent. Nao étant ce qu’elle, c’est-à-dire naïve et bonne poire mais avec le cœur sur la main, elle ne pouvait jamais se résoudre à abandonner un participant, qu’il soit un traître ou non. The Final Stage est l’ultime épreuve et le film repose de ce fait sur un nouveau jeu, le jardin d’Éden. Il s’organise autour des fameuses fruits du Jardin, et notamment sur la pomme rouge qui, ici, est synonyme de confiance. Les règles sont encore une fois différentes et comme d’habitude, elles apparaissent rondement menées et compréhensibles par tous. Tous les éléments phare des renzoku sont là. Effectivement, le suspense est le roi du film et habille chacune des minutes. Les personnages et leurs réactions sont généralement imprévisibles, il y a de nombreux rebondissements et la tension va crescendo. L’ensemble se révèle alors, à l’instar du j-drama, jouissif au possible et fort prenant. Quand bien même on s’attend à ce qu’il y ait inévitablement des traîtres, on ne sait jamais sur quel pied danser et l’on est vite mené par le scénario, diaboliquement efficace. En dépit de sa longue durée, The Final Stage passe rapidement et il est difficile de mettre sur pause tant on a hâte d’en connaître le déroulement.

   

Autre point positif, si The Final Stage prend suffisamment le temps de poser l’intrigue, il ne s’étale pas et démarre tambour-battant. Nao est immédiatement au cœur du jeu machiavélique et la partie commence aussi rapidement. La fin est plus ou moins prévisible dans le sens où l’on se doute bien que les héros finiront par gagner, mais là n’est la question. Ils peuvent en effet y laisser de nombreuses plumes au passage. La vérité est effectuée sur l’organisation du jeu, est suffisamment crédible et assez bien amenée quand bien même elle soit somme toute légère et peu recherchée. Concernant les personnages, au-delà du duo Nao/Akiyama, c’est avec un grand plaisir que l’on retrouve le délicieux Fukunaga qui est toujours ambivalent. D’autres anciens joueurs sont de la partie et des nouveaux apparaissent. Comme souvent, ils sont interprétés par quelques têtes connues telles que Seki Megumi (LIFE) ou bien Nagayama Kento (Atashinchi no Danshi). N’oublions pas les fameux employés du liar game, avec notamment la superbe Kichise Michiko. Évidemment, ces protagonistes peuvent être retors et Nao se fait inlassablement berner. Néanmoins, celle-ci continue son évolution, déjà perceptible lors de la saison deux de la série télé. Elle ne devient pas subitement la reine du mensonge mais elle est capable de déjouer certains plans et de jouer la comédie. Beaucoup espéraient une certaine romance entre Akiyama et Nao, certains seront déçus du résultat mais pour ma part, j’ai adoré car ce n’est pas tape-à-l’œil mais bien plus subtil.

Évidemment, tout n’est pas parfait car ce que l’on pouvait reprocher à la série est aussi valable pour le film. Il y a énormément d’exagérations, la réalisation en ajoute parfois des tonnes, les rires sont encore une fois ahurissants et le discours manque parfois de finesse. Toutefois, ce n’est pas forcément plus marqué que lors des renzoku, donc pas d’inquiétude à avoir pour ceux qui, au contraire, ont apprécié cet aspect.

   

Au final, The Final Stage conclut en beauté l’univers de LIAR GAME. Le film est prenant de bout en bout et se révèle un fabuleux jeu de logique et de stratégie. En plus d’être distrayant et créatif, l’action est de mise et il est ardu de s’ennuyer. Si les exagérations sont parfois trop appuyées, l’ensemble n’en pâtit guère tant les autres qualités les contrebalancent. Visuellement, l’ensemble est toujours aussi subjuguant et la photographie est d’une beauté plutôt incroyable. Au niveau musical, la touche particulière des compositions de Nakata Yasutaka ainsi que des chansons de capsule sont un véritable plus et offrent une ambiance spéciale à LIAR GAME. Restez bien jusqu’à la fin du générique afin de profiter d’un cadeau sympathique, avant de définitivement tirer le rideau sur cette fiction addictive.
Bonus : Les génériques de la première saison, de la seconde et de ce film ont été ajoutés à l’article dédié.
Mise à  jour : Finalement, The Final Stage n’est pas la dernière pièce de LIAR GAME, la franchise se prolonge avec Reborn, Fukunaga vs Yokoya et Alice in LIAR GAME.