Spooks | MI-5 (saison 1)

Publié par | 26 septembre 2010

Cela fait un sacré moment que cet article est supposé être publié mais je traînais un peu les pattes, pour des raisons obscures. Bien que je sois complètement sous le charme de l’accent anglais, je remarque que je ne me rends pas très régulièrement chez nos amis de l’autre côté de la Manche. En tout cas, j’ai de grosses lacunes au niveau de leurs productions télévisuelles que j’essaye de combler petit à petit. C’est ainsi que l’année dernière (je vous ai dit que j’avais traîné ? ^^;), j’ai commencé un monument anglais, à savoir Spooks. Ce n’est jamais évident de se lancer dans une série ayant autant de saisons à son actif et qui est toujours en cours.
Qu’est-ce que Spooks ? En France, la série est connue sous l’appellation MI-5. Normalement, cela devrait éclairer un petit peu votre lanterne sur la thématique principale. Si vous ne le savez pas, spooks signifie espions. Débutée en 2002 sur la BBC, la série est toujours en cours de diffusion puisque sa saison neuf vient de commencer il y a quelques jours. Etant chez les Anglais, les saisons (enfin, series) sont courtes et ne dépassent jamais les dix épisodes. Aujourd’hui, il ne sera ainsi question que de la première saison, composée de six épisodes diffusés au printemps 2002. A noter que vous pouvez visionner la série sur France Télévision, en VF uniquement si je ne me trompe pas. Aucun spoiler.

Spooks s’attarde sur le quotidien d’agents du MI-5, service secret dont le but est de protéger la sécurité nationale de toutes menaces extérieures. Ce qui marque en premier lieu est son atmosphère. Elle est froide et sobre. Ici point d’explosion à tout va, de démonstration de bravoure patriotique exacerbée ou encore d’agent sauvant la planète 24 fois en 24 heures. La série est anglaise et on le sent, il y a davantage de subtilité. Ce n’est pas pour autant que Spooks est moins intense ou moins violente qu’une consoeur américaine, loin de là. Elle est juste différente et rien que pour cela, elle se révèle intéressante et mérite le coup d’oeil. On sent une réelle volonté de coller à la réalité et de rendre l’ensemble crédible. Ainsi, le téléspectateur n’a aucune difficulté à croire que des personnes évoluent en Angleterre en ayant les mêmes objectifs que les Tom Quinn et consorts. Toutefois, le revers de médaille est que ce réalisme quasi austère fera assurément reculer un certain nombre de personnes. Ceux qui, à l’inverse, apprécieront cet aspect plus glaçant et plus en retenu, seront sans aucun doute charmés et passionnés par cette absence d’artifices. La violence est plus que présente mais elle est surtout suggérée, ce qui est bien plus difficile.
Au delà du traitement des intrigues, les thématiques abordées sont elles aussi bien plus réalistes. Il s’agit d’évènements qui pourraient se dérouler dans n’importe quelle partie du globe, à des moments quelconques.

Une des forces de cette première saison de Spooks est sa galerie de personnages, profondément humains. En raison de leur condition d’espion, ils se doivent d’être fantomatiques, transparents et ne jamais être remarquables parmi la foule. Il faut être le plus banal possible. Cette situation, inconfortable, est excellemment mise en avant dans ces six épisodes, notamment par rapport au personnage de Tom. Mentir et tricher font partie de leur quotidien, même lorsqu’ils se trouvent en présence d’un être cher. Le problème est que l’on se doute bien que rien n’est infaillible et qu’il y aura toujours un élément pour faire craquer cette carapace apparemment inébranlable.
Les Anglais prouvent encore une fois avec Spooks qu’ils n’ont aucun problème à faire disparaître leurs héros principaux, même après quelques épisodes d’antenne. En cela, l’intensité n’en est que davantage exacerbée car on ne sait que trop bien que tout le monde est sur la corde raide. Il n’y pas de sauvetage capilotracté et par moment on pense alors que c’est bien dommage car le malaise n’en est que trop insupportable.
Quand bien même les personnages ne sont pas des plus développés, chaque épisode apporte son lot d’informations qui finissent par composer un tout pertinent. Maillon central de l’équipe, Harry Pearce, interprété par Peter Firth, n’est pas des plus sympathiques mais son rôle implique de grandes responsabilités. La saison met plus l’accent sur deux agents en particulier, à savoir Tom Quinn et Zoe Reynolds. Le premier est incarné par le charmant Matthew Macfadyen possédant une bien belle voix ^^ Quant à Zoe, c’est Keeley Hawes qui porte ses traits. Impossible ne pas être bluffé par Tom qui est un personnage particulièrement ciselé et intéressant. Le cliffhanger, ne laissant que peu de doutes quant à son issue, devrait provoquer de moments particulièrement sombres en début de saison deux.
La saison se targue de la présence de quelques visages anglais connus et souvent appréciés des amateurs de série. Ainsi, quelle joie que de voir Hugh Laurie (House MD) dans le rôle d’un membre important du MI-6, assez détestable d’ailleurs. De même, Anthony Head (Buffy the Vampire Slayer, Merlin) est à l’honneur le temps d’un épisode en tant qu’ancien agent devenu terroriste.

Cette première saison de Spooks se révèle maîtrisée et efficace. Loin des standards auxquels le téléspectateur de séries américaines est habitué, elle est marquante et ne laisse clairement pas indifférent en raison de son atmosphère et de sa violence glaçante. Les six épisodes sont intenses et s’ils ne se suivent pas réellement, il en ressort une réelle logique et un cheminement parfaitement orchestré. La distribution est impeccable et met un point d’orgue à cette sobriété et cette froideur. Si vous n’êtes pas encore convaincus, il faut savoir que Richard Armitage (Robin Hood) est présent dès la saison 7. Je dis ça je dis rien… :D

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2 commentaires

Livia le 27 septembre 2010 à 17:53.

Ah, Spooks, c’est effectivement une institution britannique incontournable. Ses scénarios tendus, son casting cinq étoiles (en plus d’une succession de charmants représentants de Sa Majesté), ses tragédies si nombreuses… Les premières saisons sont sans doute les plus sobres et réalistes, proprement glaçantes parfois (je crois qu’il est difficile de ne pas être traumatisé par une des scènes du pilote). Depuis, il y a eu un tournant amorcé durant la saison 4 qui a quelque peu « américanisé » certaines approches et thématiques, même si la série reste typiquement UK.

« le charmant Matthew Macfadyen possédant une bien belle voix » –> :-D Je ne suis pas la seule à l’avoir remarqué ! C’est une des nombreuses raisons pour laquelle cette série n’est pas visionnable en VF…

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Kerydwen le 3 octobre 2010 à 20:50.

J’étais assez réticente au départ, avant de me lancer dans la série. Je ne suis pas très branchée espionnage en tous genres mais là, l’ensemble est suffisamment différent et subtil pour m’avoir intéressée. De plus, je suis de plus en plus friande des saisons courtes donc ça tombe à pic avec les séries anglaises.

Figure-toi que je ne connaissais pas jusque là Matthew Macfadyen, enfin juste de vue. Quelle découverte ! Il a ensuite fallu que je visionne Pride & Prejudice (2005) et ce fut le vrai coup de foudre ^^

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