Doctor Who | 2005 (saison 5) – Geronimo !

Publié par | 24 novembre 2010

Alors que le nouveau Docteur est sur le point d’effectuer ses premiers pas dans le fameux épisode spécial de Noël, il est temps de revenir sur sa première saison, à savoir la cinquième de Doctor Who, version 2005. Comme il a déjà été écrit, Doctor Who fut remis au goût du jour par Russel T. Davies. Il a quitté le Tardis en cours de route puisqu’au terme de quatre saisons globalement réussies, il a confié les rennes à Steven Moffat. Cette cinquième saison, composée de treize épisodes, fut diffusée sur la BBC 1 entre avril et juin 2010. Aucun spoiler.

Steven Moffat n’est pas étranger à l’univers de Doctor Who. Il y a déjà officié, avec succès, en tant que scénariste. C’est donc extrêmement confiante que j’ai débuté cette cinquième saison. La petite appréhension fut évidemment en lien avec le nouveau Docteur. Effectivement, il change encore une fois de visage, et donc d’acteur. Adieu Ten et David Tennant, bonjour Eleven et Matt Smith. D’après sa filmographie, il semblerait qu’il ait déjà croisé mes aventures téléphagiques puisqu’il a joué dans The Sally Lockhart Mysteries. Honnêtement, je ne me souvenais pas du tout de lui. Ce qu’il y a d’assez fou, c’est qu’il suffit de quelques minutes pour se faire à ce nouveau Docteur. Si le coup de foudre n’est pas forcément immédiat pour tout le monde, parvenu en fin du premier épisode, on est de suite embarqué, qu’on le veuille ou non. Tout aussi dynamique que son prédécesseur, il n’est pas une simple et banale copie. Matt Smith s’impose rapidement et prend facilement ses marques, apportant sa touche à l’aventure. Franchement, il n’y a rien à dire sur sa prestation tant elle est enlevée et agréable à voir. Après, il reste le caractère en tant que tel du nouveau Docteur mais là, c’est une autre affaire car elle est en lien avec les directions que l’on donne à l’acteur. On y reviendra d’ici quelques paragraphes.
Les changements ne s’arrêtent pas au héros puisque le Tardis se voit parer de nouveaux décors, fort réussis d’ailleurs, le screwdriver subit un sacré lifting, le générique et la musique montrent aussi quelques modifications. Si cela peut faire beaucoup à digérer, au final ce n’est pas le cas et la transition se fait aisément, sans même que l’on ne s’en rende réellement compte.

Forcément, il fallait au moins un nouveau compagnon : Amy Pond. Amy est une jeune femme qui a pensé quasiment toute sa vie au Docteur, et pour cause, il lui a rendu visite lorsqu’elle était petite et lui a promis de venir la chercher sous peu ! Ayant du caractère, elle prend aisément les devants et n’hésite pas à bousculer Eleven dans des domaines auxquels il n’est pas très habitué et/ou à l’aise. Si l’opinion publique semble beaucoup apprécier cette nouvelle compagne et son actrice, Karen Gillian, ce ne fut pas mon cas. Elle est souvent pénible et agaçante. De plus, elle ne m’a pas du tout touchée et je n’ai jamais réussi à la trouver ne serait-ce qu’attachante, sauf lorsqu’elle interagit avec d’autres personnages. Toutefois, l’alchimie entre elle et Eleven est plus que palpable. La dynamique qui les lie est intéressante et amène son lot de scènes agréables. Son interprétation n’est pas dénuée de défauts par ailleurs.  Ah… toutes ses mimiques ! Par conséquent, de ce point de vue là ce fut une déception car les épisodes furent bien moins intenses émotionnellement parlant que d’autres auxquels on a été précédemment habitué.
A contrario, Rory, le fiancé d’Amy, est par-fait. Adorable, fou amoureux de sa belle, romantique, il est développé au fil des épisodes et se révèle être un atout considérable. Ne parlons même pas de la relation qui se construit avec Eleven. Les deux font une paire assez mythique et espérons qu’on en verra encore plus lors de la saison six. Rory fut une vraie bouffée d’air frais.
River revient le temps de quelques épisodes pour notre plus grand plaisir car elle est toujours aussi charismatique. Sa présence n’aide pas vraiment à davantage intégrer Amy car il faut le dire, River l’écrase totalement par sa présence. Il aurait peut-être fallu attendre un petit peu avant de la réintégrer.
En changeant de visage, le caractère du Docteur se voit aussi modifier. Certes, il est sympathique comme tout mais il est parfois usant, notamment car il agit trop comme un enfant pourri gâté, méprisant et manipulateur. Cela dit, on ne lui en tient pas trop rigueur car Matt Smith est fabuleux et incarne un Docteur charmant au possible.

Concernant les épisodes à  proprement parler, à part quelques exceptions ils manquent souvent d’aboutissement. Beaucoup sont indépendants, même si quelques éléments sur l’arc majeur sont dispersés, le tout sans aucune subtilité. Le fil rouge est au final décevant car brouillon et bah… ennuyant. Quand on sait que Moffat a probablement écrit les meilleurs épisodes durant l’ère Davies, on peut se poser des questions. L’ensemble manque de rythme puisqu’on alterne entre moments trop longs à se mettre en place avec d’autres où tout s’enchaîne plus vite que de raison. Par ailleurs, aucun épisode n’est véritablement marquant si ce n’est peut-être le premier, car parfaite introduction d’Eleven.
Les méchants sont souvent sous-exploités et manquent cruellement de charisme. Ce n’est pas transformer les Daleks en Bioman qui changera quoique ce soit. De plus, on voit finalement peu d’extraterrestres, de voyages dans le futur… ce qui est dommage.

La saison cinq de Doctor Who est ainsi une petite déception. Si Matt Smith est un Eleven extraordinaire et a su de suite s’imposer, le reste est bien plus nuancé. Néanmoins, il s’agit de la première saison de Moffat comme showrunner donc soyons un petit peu indulgents. La version 2005 de Davies fut loin d’être parfaite dès le départ. Malheureusement, au-delà du manque d’intérêt global de certains épisodes, il y a beaucoup de facilités scénaristiques qui auraient pu être corrigées. Par conséquent, l’ensemble en pâtit. C’est trop léger à ce stade-là. Amy se révèle être une compagne agaçante sur certains points mais Rory rattrape le tout par son côté adorable. Tout n’est évidemment pas à jeter, il reste l’univers toujours aussi unique. Mention spéciale à la réalisation pour ces plans majestueux et cette superbe photographie. Espérons qu’il ne s’agissait que de treize épisodes d’échauffement et que les nouveaux sauront se départir de cette qualité inégale.

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8 commentaires

Carole le 24 novembre 2010 à 16:41.

Dans l’ensemble, je partage ton point de vue. La saison n’était pas mauvaise, mais je n’ai pas ressenti un grand enthousiasme. Et, c’est vrai qu’avec le temps, difficile de revenir sur des épisodes en particulier de mémoire, alors qu’en regardant la liste de plus près, j’ai quelques épisodes que j’ai beaucoup aimé, particulièrement The Lodger, qui doit être celui de la saison que je préfère. Ce qui permet de rebondir sur Amy, peu présente dans ce dit épisode, pour dire que j’abonde dans ton sens. Au départ, le personnage est séduisant, mais il faut bien avouer qu’au bout d’un moment, le jeu limité de l’actrice devient assez énervant (il y a des scènes où elle est juste mauvaise). Donc, tu n’es pas la seule à penser cela, et j’ai croisé plusieurs avis dans ce sens (elle a aussi beaucoup séduit grâce à son physique).

Et, si je puis me permettre de faire un total (mais total !) hors sujet, j’ai lu Gunnm ! ;)

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Kerydwen le 25 novembre 2010 à 15:37.

De même, j’ai bien aimé The Lodger, tout comme Vincent and the Doctor mais là c’est sûrement parce que j’aime beaucoup l’artiste.
A propos de la saison en tant que telle, j’ai lu tellement de critiques positives, ou alors complètement négatives parce que « bouh ouh il n’y a que Tennant qui devrait être le Docteur, Matt Smith au pilori ! », que j’avais l’impression qu’il n’y avait personne avec un juste milieu. Je ne vais pas voir les critiques non francophones ceci dit, pas pour cette série en tout cas. En lisant tes reviews, j’avais plutôt l’impression que tu n’y trouvais pas grand chose de négatif à redire. De ce fait, ça me rassure un peu de voir que je ne suis pas la seule à trouver Karen Gillian moyenne actrice.

Et comment as-tu trouvé Gunnm alors ? :D Je ne m’en souviens que trèès vaguement (ça doit faire presque 10 ans quand même !) mais j’avais trouvé ça bien. Une chose est sûre, c’est qu’il s’agit là d’un incontournable.

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Saru le 26 novembre 2010 à 18:50.

Même avis à propos d’Amy, qui a été faite comme un personnage un peu trop caricatural : très très jolie, intelligente, aventureuse, entreprenante… Et même si je n’ai jamais vraiment accroché, je n’ai pas réussi à voir de vrais défauts au personnage, mais j’ai l’impression que c’est parce que ce n’est pas vraiment un personnage. Finalement, quand le Docteur lui demande à la fin si ça ne la dérange pas que sa vie n’ait aucun sens, c’est un peu ce qu’on ressent. Elle est un peu vide. Et peut-être que c’est comme ça qu’elle a été écrite, mais que maintenant qu’elle a retrouvé une vie, elle va être plus intéressante ?
Je pense avoir plus aimé la série que toi, mais quand j’y pense, c’est certainement parce que j’ai vraiment adoré le Docteur, parce que je me rends comte qu’il n’y a aucun épisode que j’adore vraiment. Bon, ceux avec River, quand même. Le premier est fabuleux. The Lodger aussi. Et puis… bon, j’avoue que j’ai vraiment aimé cette saison ! :)

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Carole le 26 novembre 2010 à 22:38.

Je n’avais pas du négatif à tous les épisodes, mais je n’ai assurément pas été positive tout du long. Il y a du très bon, du bon, du moyen et du plus que quelconque (tirant bien sur le mauvais avec le second double épisode). Par contre, je n’ai rien écrit sur le jeu de Karen Gillan dans mes critiques (alors qu’il me semble que j’ai dit bcp de bien de Matt Smith).

Pour Gunnm, ça se laisse lire. L’univers a son charme, mais j’avoue avoir trouvé cela assez simpliste et manichéen le plus souvent. Les personnages ne sont pas très complexes. Enfin, je peux dire que je l’ai lu maintenant !

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syd_bristow le 27 novembre 2010 à 9:39.

Alors pour les critiqus venant de sites anglais ou américains, c’est un peu pareil. Mais les fans peuvent se montrer carrément méchants et insultants envers Matt Smith, tout ça parce qu’ils estiment qu’il a volé le rôle de Tennant, alors que c’est le principe de la série tout de même, le Docteur se régénère et change. Mais j’ai l’impression qu’ils ne l’ont pas compris ça…Enfin j’ai quand même vu des critiques vraiment constructives.

La saison n’est pas la meilleure effectivement, mais Moffat s’est quand même pas mal débrouillé, et les épisodes qu’il a écrit sont quand même bien foutus et très bons je trouve. Le final est assez particulier, je ne m’attendais pas à ça. Je suis aussi tombé sous le charme de Vincent and the Doctor et pourtant je ne suis pas fan de Van Gogh. C’est juste qu’il était vraiment bien écrit et réalisé, et que les acteurs étaient fabuleux. The Lodger m’a vraiment fait rire, Matt Smith est super à l’aise dans le registre comique, c’est hallucinant quand même. Après y a des couacs comme l’épisode avec les Daleks, ou ceux avec les Silurians, qui s’ont d’un ennui, sauf les 15 dernières minutes de la deuxième partie qui réveillent lol

Concernant les personnages, je suis vraiment surprise par Rory, je m’attendais à un Mickey bis mais il n’en est rien. Ce personnage est incroyable, et je suis bien contente qu’il reste. Amy contrairement à vous je l’aime beaucoup, et je n’ai pas trouvé Karen Gillan si mauvaise. Eleven, ah ça par contre je ne suis pas sure d’être objective lol Je suis tombé sous le charme de Matt Smith dès les premières minutes de The Eleventh Hour. Il est excellent dans tous les registres, que ce soit dramatique, comique…je dis chapeau, il a su imposer son style dès le début, et maintenant est un des Docteur les plus populaires de la série (pourtant c’était pas gagné).

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KNIGHT le 27 novembre 2010 à 13:26.

En même temps, ils avaient poussé tellement loin le personnage / Dcoteur de Tennant, qu’ils ont réussi à rendre la régénération quasiment salutaire. Ten commençait à être détruit de l’intérieur, et serait tombé dans les excès dans lesquels peut tomber le Docteur. Qui a aussi des mauvais côtés, même si souvent ils sont occultés par sa bonhomie, sa joie de vivre, sa volonté inébranlabre, sa foi en l’humanité.

Sinon, pas d’accord avec tout, et c’est normal, mais bel article.

Et puis quand même, « Vincent and the Doctor », best episode ever…

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Kerydwen le 27 novembre 2010 à 15:14.

@ Saru ~ C’est intéressant ce que tu écris là. Il est vrai que je n’avais pas pensé le voir ainsi. Son personnage est vide parce qu’elle n’a pas réellement de vie. On verra ce qu’il en sera de ce côté là lors de la prochaine saison. Ceci dit, je me demande si je n’aime pas Amy parce que j’ai beaucoup de mal avec son interprète. Aussi bien avec quelqu’un d’autre j’aurais davantage accroché.

@ Carole ~ Oui, je me souviens de ce que tu disais sur Matt Smith. J’ai lu tes reviews il y a un moment, lorsque j’ai regardé la saison. Oui je publie mes articles deux-trois mois après avoir terminé xD

Concernant Gunnm, je te déconseille Last Order. Je n’ai lu que le premier volume et j’avais trouvé ça super creux. Je crois que c’est ainsi tout du long.

@ syd_bristow ~ Bienvenue ici ^^
Je trouve insupportable cet espèce de sectarisme concernant le Docteur. C’est peut-être parce que je n’ai jamais été une grande fan de Ten, et de Tennant, mais comme tu le soulignes, on sait que le Docteur se régénère. En tout cas, je suis contente que Matt Smith se débrouille aussi bien. Il a de suite compris l’univers et le personnage.

Pour les Daleks, j’ai été super déçue parce qu’à la base, j’aime ces méchants mais là… NON ! Autant je veux bien passer sur le côté coloré de la chose, autant l’épisode était super ennuyant.

Au risque de choquer des gens, je n’ai jamais détesté Mickey. Je l’aime bien même :D Toutefois, il est clair que l’on n’avait pas besoin d’un clone. Rory fut un vrai soleil dans ma saison. J’ai beaucoup apprécié Eleven mais pour moi, ce fut Rory la vraie découverte *.*

@ KNIGHT ~ Tout à fait. Ten était psychologiquement arrivé au bout du rouleau, il suffit de voir son attitude vers la fin. Je pense en particulier à l’épisode spécial sur Mars.
C’est justement parce que le Docteur est un personnage nuancé que je l’apprécie. Il faut creuser la surface pour découvrir un être abimé.

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Carole le 29 novembre 2010 à 15:17.

@ Kerydwen : Je me souviens de ce que tu m’avais dit pour Last Order (pour tout dire, j’ai toujours l’e-mail, et oui !), et au vu de Gunnm, je n’avais pas particulièrement envie d’aller plus loin. J’ai lu le plus important.

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